Car cette précipitation à vouloir accoucher d'un nouveau opus, comme pour effacer l'épisode de RCA (la major sur laquelle le groupe a sorti deux albums) pouvait faire craindre à un enregistrement bâclé. Ce que n'est définitivement pas The People Or The Gun. Bien au contraire, c'est peut-être l'un des meilleurs disques du groupe. Exit les arrangements sophistiqués de The Bright Lights of America, place à une prod plus brute et un punk rock rustique. Et ce "retour aux sources" sied à merveille au quatuor : à l'écoute du disque, on le sent comme libéré, déchargé d'un poids, et prêt à se soustraire à toutes sortes d'influences. Ses compos s'en trouvent ainsi ravigotés, elles sont vives et énergiques, toujours mélodieuses ("The Economy Is Suffering… Let It Die", "The Gre(a)t Depression"), mais à nouveau rageuses ("Sodom, Gomorrah, Washington DC", "You Are Fired (Take This Job, ah, Fuck it)"). Les refrains de certains chansons ("This Is The First Night" par exemple) sont à tomber par terre, et quand le groupe s'émancipe de son style si personnel, il parvient à élaborer des pistes extrêmement intéressantes ("No War Without Warriors", "When All The Lights Go Out", très Refused celui-ci) pour l'avenir. Idem pour les sujets abordés dans The People Or The Gun. Que Bush ne soit plus à la tête des USA ne signifie nullement un manque d'inspiration du groupe de Pittsburg. On le sent remonté comme jamais, s'attaquant plus que jamais aux méfaits du grand capital dévoreur d'êtres humains. Non, décidément, Anti-Flag est en très grande forme. — Frank Frejnik
www.anti-flag.com
"The People Or The Gun"
(Side On Dummy)
Seulement un an après son dernier album, Anti-Flag remet le couvert. Pas avec un maxi ou un mini-album. Non, avec un vrai album. Complet (10 titres), achevé et étonnement concis.









