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Posté le Mercredi, 10 Mars 2010

Solex & Cristina Martinez & Jon Spencer

"Amsterdam Showdown, King Street Throwdown"
(Bronzerat Records)

Ménage à trois international pour ce disque aux confluents du rock'n'roll, du blues et de l'électro. Ouaip, rien que ça ! Il faut dire que Solex (Amsterdam), Cristina Martinez (New York) et Jon Spencer (New York itou) ont toujours fait preuve d'une ouverture d'esprit extrême. Alors quand ils décident de s'associer, ça donne forcément un disque composite, étrange, mais intéressant.

Si l'on en croit le roman photo qui sert de bio au disque, Solex a eu l'idée de contact Jon Spencer et Cristina Martinez en retrouvant un vieux skeud de Boss Hog. De son vrai nom Elisabeth Esselink, cette hollandaise est une touche à tout, bricolant une musique électro à base de samples et de boucles de synthé. Elle façonne des morceaux groovy en diable, simples et parfois kitsch, qui ne sont pas s'en rappeler le disque de remixes que Jon Spencer Blues Explosion avait sorti il y a quelques années. Bref. En retrouvant le disque de Boss Hog dans ses archives, elle décide de contacter Jon Spencer pour que le Mr Pussy Galore - Blues Explosion - Boss Hog - Heavy Trash y appose sa voix et y ajoute des instruments. L'idée lui plaît, il invite sa femme, Cristina Martinez (et aussi chanteuse de Boss Hog), a en faire de même. Le projet prend forme à distance ou en commun, et devient même suffisamment important pour qu'un album entre en ligne de compte. Quinze titres seront enregistrés. Des invités interviendront, pas des moindres en plus : Matt Verta-Ray (Speedball Baby, Heavy Trash), Mike Ladd, Bart Von Poppel, Leon Klaasse, etc… Ainsi d'une simple envie naît Amsterdam showdown, King Street Throwdown !
Et alors ? Il est comment le résultat ? Hé bien, il est surprenant. Même lorsqu'on n'est pas habitué à ce genre de projet, ni même à ce genre de musique hybride, le ménage à trois fonctionne à merveille. Les rythmiques de Solex sont souples et élastiques, parfois kitsch, mais toujours référencées, très portés sur les sons clairs. On y décèle autant d'emprunts au blues du Mississippi qu'à l'électro berlinois. Jon Spencer apporte son savoir faire et ses références. On ne sera donc pas surpris que certains morceaux ressemblent fort à du Blues Explosion période 90's en pleine mutation ("Bon Bon", "Fire Fire", "R Is For Ring Ring"). Les sonorités rock'n'roll s'intègrent minutieusement aux boucles de moog et aux samples vintage de Solex ("The Uppercut"). Mais ce qui rend ce disque si particulier, et qui en fait une réussite, c'est la voix de Cristina. Elle apporte la touche sexy aux morceaux qui finissent de charmer l'auditeur. Elle transforme chaque mélodies en coups de cœur ("Galaxy Man"), chaque refrain en crochets de boucher ("Too Much, Too Fast", "Stop Now", "Dirty"). Et on se prend l'envie, comme Solex, d'aller demander à Boss Hog de refaire surface. Vite ! — Pépito Ramirez

www.myspace.com/solexmusic