Ni metal, ni hardcore, ni soumises ! Le slogan de Dismo prête à confusion (et à rire). Cynique ou provocateur, il émet néanmoins l'idée que le quintet entend bien rester à part. Et ce second disque montre l'étendue de sa volonté à rester en marge des chemins balisés et autres routes goudronnées que la plupart des formations hexagonales aiment arpenter sans se poser de questions. Dismo ne fait pas partie des suiveurs. Il peaufine sa musique depuis 2001, et Bulls & Gods est le savant résultat d'une multitude de sonorités variées et variables : metal bien sûr (dans le son, l'attitude, la puissance), mais aussi stoner (le son encore, la lourdeur des riffs), noise, thrash, rock'n'roll (dans le sens où tout semble improvisé chez Dismo), hardcore, etc… Tout ceci étant parfaitement maîtrisé, c'est-à-dire que chacun des styles cités a été digéré, ou du moins absorbé. On ne s'étonnera donc pas de retrouver dans un même morceau ("Imaginar", par exemple) des effets hard rock / stoner sur une base screamo apocalyptique. Rien n'est impossible chez Dismo. Mieux, tout est possible. Et tout est réussi. C'est ça qui en bouche un coin en écoutant ce disque. D'un bout à l'autre de l'album, le groupe nous mène par le bout du nez, habilement, tranquillement, sereinement ; il nous secoue violemment, nous botte le fion, nous met à terre, nous maltraite sans qu'on ait envie de résister. Appelez ça du masochisme, en musique, on appelle ça "être fan", tout simplement.
Et si cela n'a pas suffit à vous convaincre, une petite séance de name dropping finira par vous faire flancher : Bulls & Gods a été enregistré par Sébastien Gros au Cox In Hell Studio (Eths, Puppet Mastz, Artefact), masterisé par Nick Zampiello au New Alliance East Mastering (Converge, Isis). Le résultat est emballé par l'illustrateur Rica qui termine de donner à cet album son aspect d'œuvre. Oui, oui, soyons fou, une œuvre ! — Frank Frejnik
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