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Posté le Lundi, 17 Janvier 2011

Judas Priest : Les défenseurs de la foi

Par Neil Daniels (Camion Blanc)

Puisque Judas Priest va entamer son ultime tournée, intitulée sobrement Epitaph, il est conseillé de se plonger dans l'histoire du groupe metal britinique, d'autant qu'elle est bien plus rocambolesque qu'elle n'y paraît. De sa formation en 1969 à cette tournée d'adieu de 2011, celui qui a pour ainsi dire inventé le heavy metal moderne a connu des hauts (albums mythiques, tournées à guichets fermés) et des bas (disques peu inspirés, brouille entre musiciens, procès pour messages subliminaux) qu'il a su affronter avec plus ou moins de bravoure. Un livre raconte tout cela : Les Défenseurs de la Foi, de Neil Daniels (éd. Camion Blanc).

Cela aurait pu être la bio officielle du groupe tant le livre est copieux, mais ce dernier, ou du moins son management, ne veut pas de bio officielle. Ce n'est pas faute à l'auteur d'avoir essayé de rentrer en contact avec Judas Priest, mais à chaque fois, les tentatives de Neil Daniels se sont heurtés à un mur (le management). Qu'importe, le journaliste aura été au bout de son projet, piochant dans ses propres archives autant que dans le matériel disponible dans la presse anglosaxonne et sur internet. Les seuls personnages à avoir été partisans du projet, ce sont en fait les "vrais" fondateurs du groupe en 1969, Al Atkins (chanteur-guitariste) et Brian Stapenhill (bassiste) qui ont profité de cette tribune pour rétablir la vérité. Car, effectivement, à la base de Judas, et contrairement à ce qu'ils ont pu admettre dans le passé, on ne trouve ni KK Downing, ni Glenn Tipton (les deux gratteux), encore moins Rob Halford (il n'entre dans le groupe qu'en 1973). La genèse de Judas est donc fort bien instruite, pleine de détails et de citations.

Le fait que ce livre ne soit pas un ouvrage officiel lui permet aussi de se positionner clairement dans la critique. En effet, l'auteur n'hésite jamais, même si aime Judas Priest plus que tout, de vilipender certains choix ou certaines positions artistiques (en premier lieu son ambition de percer aux Etats-Unis coûte que coûte, quitte à faire des albums très "commerciaux"). Il ne cache rien des petits secrets de Judas Priest, comme la supercherie du second batteur caché sous scène lors de la tournée "Turbo : Fuel For Life", ni que les albums du groupe après le départ de Rob Halford sont des disques ratés, sans intérêts et inutiles. Tout cela contribue à renforcer la singularité de cette biographie. Pour autant, ce n'est nullement une charge contre le groupe, simplement tous les faits sont exposés, même les plus "gênants" pour le groupe (cf. la condamnation du batteur Dave Holland pour abus sexuel sur mineur). Pour le reste, l'épopée musicale du groupe y est aussi finement expliquée, album après album, tournée après tournée, déviant parfois vers des chroniques dithyrambiques ou d'impérieux souvenirs scéniques. Neil Daniels s'attarde aussi sur le fait divers qui a faillit stopper la carrière du groupe : le suicide de deux teenagers américains sous l'influence, soit-disant, de message subliminaux contenue dans une chanson de Judas Priest (en fait, une reprise). Attaqué en justice par les parents des gamins, Judas se finalement acquitté, mais cette période aura été plus que difficile pour ses musiciens.

En fin de livre, les appendices livrent leur lot d'informations brutes : chronologie de la carrière de Judas, les différents line-up du groupe (treize au total), les dates des tournées, discographie détaillée, projets divers des musiciens, etc… De quoi tout savoir sur Judas Priest et être prêt à accueillir le groupe au mois de juin pour ses deux dates françaises (le 20 au zénith de Paris, et au Hellfest quelques jours aparavant). — José Maria

www.camionblanc.com

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