Cerebral Ballzy n'est pas le premier groupe hardcore/punk à bénéficier d'une "hype" aussi incroyable qu'incompréhensible. Attention, "hype" ou "à la mode" ne signifient pas "grand public" ou "commercial", dans le sujet qui nous préoccupe, cela signifie qu'un groupe (ça marche aussi pour un vêtement ou un objet, par exemple, un vélo sans frein) joui, d'un coup d'un seul, de l'emballement de la presse visant un lectorat jeune et urbain bientôt CSP+. Il y a deux ou trois ans, le groupe Fucked Up avait eu son heure de gloire dans le milieu hipster. En 2011, le groupe à suivre pour ces futurs attachés de presse ou publicitaires en devenir est donc Cerebral Ballzy, un groupe qui a d'ailleurs assuré la première partie de Fucked Up (tiens tiens) il y a quelques années.
Voir un public qui n'a de hardcore que le t-shirt de Black Flag qu'il porte, t-shirt acheté 30 euros à la boutique du Palais de Tokyo, s'intéresser à un groupe punk/hardcore est une surprise pour le moins inattendue. Parce que finalement, Cerebral Ballzy pratique un hardcore fièrement old school, rude et crade comme en 80 (12 titres en 19 minutes), presque plus vrai que nature (la pochette est signé Raymond Pettibon, le livret se donne l'allure d'un insert mal photocopié). Cerebral Ballzy est une sorte d'adaptation du répertoire de Bad Brains ("Puke Song" aurait pu se trouver sur le premier single du groupe de DC) par Black Fag. La fougue et la folie. L'hystérie et la noirceur. L'excitation et l'exaltation. Il serait mal venu de dire que cet album n'est pas réussi à cause de la hype qui l'entoure. Il l'est, réussi. Assurément. Il parvient à renouer avec l'énergie brute du hardcore d'origine, tout en lui apportant une personnalité et une nouvelle vibration ("Junkie For Her", "Office Rocker"). L'album est réussi aussi grâce à ses chansons pénétrantes. Courtes, oui, mais qui disent quelque chose avec la manière. Ça, c'est de la réussite.
Cela dit, on restera toujours surpris de voir l'engouement autour du groupe (on ne le regrette pas, on s'en étonne, c'est tout). Des formations comme Cerebral Ballzy, il y en existe des centaines. Et ceux qui mêlent hardcore et skateboard sont encore plus nombreux. Après avoir vu le concert de Cerebral Ballzy en compagnie de Trash Talk en début d'année, on pouvait se demander "pourquoi lui ? Pourquoi Cerebral Ballzy et pas — au hasard Government Flu, Off! ou Thrashington DC ?". Aujourd'hui, avec la publication de ce disque, nettement plus convaincant que leur prestation scénique parisienne, on a un élément de réponse. — Frank Frejnik
www.myspace.com/cerebralballzy










