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Posté le Lundi, 12 Septembre 2011

Brutal Truth On a aimé

"End Time"
(Relapse)

Il va sans dire qu'un nouvel album de Brutal Truth est un événement. Il ne peut en être autrement de l'un des grands maîtres du grindcore. End Time ne déroge pas à la règle. Voilà un disque puissant, violent, expéditif, complet et… innovant. Oui, innovant. Le mot n'est pas utilisé à la légère.

Tous les albums de Brutal Truth ont amené leur lot de singularité. Chacun d'eux a apporté au grindcore de la nouveauté, de la fraîcheur, de l'originalité, du changement, etc… Que ce soit dans le son, dans l'approche technique des morceaux ou du chant typique au grind, le quatuor américain a bouleversé les codes établis d'un genre devenu très conventionnel au milieu des années 90. Il faut dire que Brutal Truth n'est pas n'importe qui. Avouons-le, son originalité tient énormément à sa composition. Ou plutôt à la particularité, pour ne pas dire l'excentricité, de ses musiciens. Le bassiste Danny Lilker est sans doute le plus connu des quatre, le plus adulé (autant pour sa carrière que son éthique) et le plus "titré"… il joue ou a joué dans Anthrax, Nuclear Assault, Exit-13, Extra Hot Sauce, Stormtrooper Of Death, Venomous Concept et bon nombre de projets obscures et extrêmes (Crucifist, Malformed Earthborn, etc). Le batteur Rich Hoak est aussi celui de Total Fucking Destruction et Exit-13 (sans compter un paquet de formations peu connues, mais toutes plus tarées les unes que les autres). Le chanteur Kevin Sharp est un expert es-hardcore/punk et métal. Journaliste, il est devenu chanteur de Damaged, puis Venomous Concept et aujourd'hui Primate (avec un guitariste de Mastodon). Enfin, le guitariste Eric Burke est passé par As the World Burns et Nuclear Assault, mais aussi des sommités de l'underground comme Kalibas, Sulaco et Lethargy. Bref, à eux quatre, ils ont touché au punk rock, au hardcore, au thrash metal, au death et au black metal. Autant dire que lorsqu'ils se réunissent sous la bannière Brutal Truth, c'est un pur condensé de leurs expériences et de leurs aspirations qu'ils mettent en scène.

End Time n'est pas à proprement dit un disque de grindcore. Pour le commun des mortels, ça le sera. Ça va vite, très vite même, c'est brutal, violent, agressif au possible, le batteur semble avoir six bras, le chant est vociférant, ça cause fin du monde et politique, le son est massif à t'en faire exploser les tympans… bref, ça sonne clairement grindcore. Pourtant, les experts, ceux qui ont l'habitude de se fader des disques de grind à longueur de journée, ceux-là sauront que End Time échappe à la classification du genre. Brutal Truth vient de sortir un disque de metal extrême. Ultra brutal, acéré, vif, tonitruant et irascible. Un disque qui possède toutes les caractéristiques d'un objet identifié "grindcore", mais qui fait tout, mais alors tout ce qui est en son pouvoir, pour exploser cette étiquette. End Time, c'est le carambolage de Discharge, Napalm Death, Gauze, Poison Idea, Siege, Carcass, Converge, Spazz, Insect Warfare et Extreme Noise Terror. Un monstrueux carambolage ! Brutal Truth y démontre toutes ses facultés : jouer extrêmement vite ("Simple Math", "Fuck Cancer") et jouer lentement mais "heavy as fuck" ("Drink Up"), faire des titres ultra courts ("Trash" = cinq secondes), courts ("Crawling Man Blues", "Swift And Violent") ou longs (le final "Control Room" est une plage de bruit de 15 minutes), oser l'expérimentation sonore (".58 Caliber"), oser le death ("Warm Embrace Of Poverty"), oser le thrash metal ("Celebratory Gunfire"), etc. En résumé, et pour paraphraser les commentateurs sportifs s'extasiant devant du beau jeu, "voilà un disque à faire écouter dans toutes les écoles de grindcore" ! — José Maria

Sortie le 27/09/2011

www.myspace.com/brutalfuckingtruthcvhrop


© Carlos Oliver. Brutal Truth photocall. Barcelona, 2008.