Le EP 4 avait reçu d'incroyables bons retours. On louait la voix d'Annita Babyface (sexy et rugueuse à la fois, du genre de Brody Dalle), on reconnaissait la facilité du quatuor à pondre des mélodies accrocheuses sans tomber dans la mièvrerie habituelle, on trouvait même scotchant qu'un groupe français parvienne à marier aussi subtilement le punk et la pop. Bref, avec seulement 4 titres, Annita Babyface And The Tasty Poneys passait du stade de groupe inconnu à celui d'outsider de la scène punk hexagonale. Rapide, certes, mais tout à fait justifié à l'écoute du disque.
Reste que le groupe ne s'est pas reposé sur cette distribution de bons points. Dopé par l'enthousiasme environnant, il a néanmoins tenu à continuer à progresser (après tout, il était un tout jeune groupe) et à perfectionner son art… Force est de reconnaître qu'il n'a pas dû ménager sa peine car le résultat est bluffant. C'est le même groupe, mais une classe au-dessus. Deux classes au-desus, même. Le premier titre, "We'll Have Time To Sleep When We'll Be Dead" montre les efforts intensifs du groupe pour que sa formule pop/punk soit la plus tonitruante possible : les chœurs sont d'une justesse à faire pâlir Rivers Cuomo. Non, sans dec', c'est vrai. Il est rare de trouver un telle qualité dans la sphère punk hexagonale. Les titres qui suivent ("The Key", "Why Was I here?") avancent des arrangements parfois surprenants mais qui enrichissent pertinemment les compositions. C'est parfois assez proche de The Pookies et Sons of Buddha (normal, vu que Forest occupe ici une place prépondérante, il est à la fois guitariste, chanteur, producteur et arrangeur), mais la voix d'Annita, puissante ("Still Believe It") et enjôleuse ("Egg Lady"), donne une intonation plus Distillers que jamais, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Kiss The Moustache fait néanmoins bien plus qu'évoquer de simples réminiscences. Le disque vaut par lui même, grâce à de brillantes chansons pop-punk soutenues ("No Problem For Good Sex", "I Don't Want To Listen Anymore"), des refrains cavaleurs ("Sex On The Balcony") et un paquet de surprises en sus. Il ne faut pas faire la fine bouche, on est devant un sacré bon disque. — Frank Frejnik
www.myspace.com/tastyponeys
"Kiss The Moustache"
(Dirty Witch)
Découvert avec un fantastique EP 4 titres l'an passé, Annita Babyface And The Tasty Poneys, groupe basé sur l'axe Tournon/Serrières/Peaugres (Drome über alles), a fait plus que progresser. Son power pop punk est arrivé à belle maturité. Son premier album en est une preuve sidérante.









