Ensuite, parce qu'on est à peu près certain de ne pas être déçu. Malgré sa nonchalance de branleur, Nofx est d'une régularité exemplaire. La première écoute d'un nouvel album est en général un round d'observation, on est attentifs aux morceaux, concentrés sur le contenu des textes (Bush ayant dégagé de la Maison-Blanche, qui sera la prochaine tête de turc de groupe ?), vigilants à la moindre nouveauté musicale et, pourquoi pas, à une éventuelle baisse de régime. C'est en général au cours de cette première écoute que se dégagent les titres forts de l'album, ceux qui deviendront les futurs hits de Nofx qu'on aimera écouter en boucle. Celui qui ressort ici, c'est "Creeping Out Sara", une chanson drôle sur les sœurs Tegan & Sara. Mid tempo accrocheur, paroles et références à se tordre de rire, Fat Mike est au sommet de son art (ce type possède une aisance mélodique à tomber par terre). À la fin des 32 minutes que dure Coaster, on a qu'une envie, l'explorer plus en profondeur. C'est à ce moment que d'autres pépites surgissent : "Eddie, Bruce And Paul" sur le groupe Iron Maiden (Eddie étant la mascotte du groupe heavy metal, Bruce (Dickinson) le chanteur, et Paul (Di'Anno) l'ancien chanteur) notamment. Bidonnant encore. On note aussi une série de compos plus ou moins de la même trempe ("The Quitter", "Suits And Ladders", "Blasphemy - The Victimless Crime") avec Eric Melvin très présent dans le chant et les chœurs. Du pur Nofx, rapide, torride, mélodique à souhait, rentre-dedans. Moins facile d'accès, "My Orphan Year" est néanmoins un excellent morceau, plus riche musicalement et plus profond émotionnellement. Tu aimes quand El Hefe joue de la trompette ? Ça tombe bien, sur "I Am an Alcoholic", le guitar hero chicano en glisse un peu sur cette confession de Mike. Tu aimes quand Nofx fait du reggae ? Et hop, "Best God In Show" tombe à pic. Tu veux du tempo effréné ? Écoute "On Million Coasters", c'est pour toi. Fichtre, "Coaster" sonne comme un best of du groupe… où tous ses "clichés" (devenus depuis une marque de fabrique dont beaucoup aimeraient avoir le secret) sont portés à leur paroxysme. Tant et si bien que Coaster donne envie de ressortir tous les autres disques de Nofx et de les écouter encore et encore. - Frank Frejnik
"Coaster"
(Fat Wreck Chords)
Un nouvel album de Nofx est toujours un événement. D'abord, parce qu'on est heureux de retrouver la bande à Fat Mike, ses frasques, ses coups de gueule et ses éclairs de génie (si, si… De génie, j'insiste).









