Qu’est-ce qui t’a amené à la musique ?
Daniel Jamet : Tout d’abord les disques de mes grands frères : les Beatles, Hendrix, Led Zeppelin. Mais ce qui m’a vraiment donné envie de faire de la musique, c’est un film sur Chopin ! On était en 1968, un climat de révolte régnait sur cette époque, et c’est son côté rebelle qui m’a tout de suite attiré, ainsi que sa part de féminité. Les mêmes raisons qui m’ont fait apprécier Bowie par la suite.
Pourquoi avoir choisi la guitare ?
Par frustration ! Je voulais faire du piano comme Chopin, mais mes parents n’avaient pas les moyens de m’en acheter un… Je me suis donc tourné vers la guitare, j’ai pris des cours avec un vieux baluchard du coin puis, plus tard, avec les potes babas de mes frangins qui m’apprenaient des trucs de Neil Young. Finalement, ce prof a fini par me virer en me disant que je ne serai jamais musicien… Pour me prouver qu’il avait tort, je me suis mis à bosser comme un fou. Finalement, la musique a révélé mon côté rebelle.
Quel guitariste t’a donné envie de faire de la guitare ?
Jimmy Page de Led Zeppelin, le riff de "Whole Lotta Love" ! Ensuite j’ai découvert Hendrix. J’adorais aussi Aerosmith parce qu’il cumulait les gros riffs de guitare à la Led Zep et un chant à la Mick Jagger !
Ton top 5 des guitaristes ?
Jimmy Page d’abord, puis Jimi Hendrix, Joe Perry d’Aerosmith, et ensuite Wilko Johnson (Dr Feelgood) et Brian Setzer (Stray Cats). Ce dernier m’a mis une énorme claque !
Sur quels albums as-tu fait tes gammes ?
En fait, c'était plutôt sur des 45 tours. Je les faisais parfois tourner en 33 tours pour relever plus facilement les plans de guitare ! Le premier, c’était Going Home du groupe Ten Years After d’Alvin Lee, la version live à Woodstock, puis Whole Lotta Love de Led Zep.
Ton plus beau souvenir live ?
Le concert gratuit sur la grande place du vieux Quito en Équateur, pendant la tournée "Cargo 92" de la Mano Negra, devant des milliers d’indiens qui étaient venus de toute la région. Également celui de la Mano à l’Ancienne Belgique de Bruxelles où entre le son, les lights, les mecs qui venaient slammer sur scène, le public et nous, il y a eu une sorte d’harmonie qui s’est installée pour donner un moment inoubliable, une osmose parfaite qui a fait que j’ai eu une espèce d’hallucination comme si j'étais sous trip. J’avais l’impression d’être dans Le Manège Enchanté. Un des plus beaux moments de ma vie sur scène !
Quel musicien, non guitariste, t'a influencé ?
Charlie Mingus, John Coltrane, Charlie Parker, Chopin, Mozart, Brahms, mais également dans une certaine mesure, deux chanteurs (qui par ailleurs sont aussi des guitaristes) que j’ai accompagnés, à savoir Manu Chao et Mano Solo. Tom Waits aussi, qui me bouscule et me dérange, mais d'une façon que j'apprécie. Dylan aussi, évidemment…
Peux-tu citer tes influences non musicales ?
Boris Vian, autant pour sa musique que son œuvre littéraire, Oscar Wilde pour Le Portrait de Dorian Gray, puis des écrivains comme Bukowski, Georges Orwell, Chester Himes, Norman Mailer, Amin Maalouf, mais également Lénine dont la pensée a été pillée, spoliée, usurpée, mais n’a jamais vraiment été mise en pratique.
Selon toi, qu'est-ce qui est le plus important lorsqu'on démarre un groupe : le talent ou la passion ?
Les deux sont indispensables et s’entretiennent mutuellement. La passion sans talent montrera vite ses limites, et le talent sans passion risque fort de donner un musicien ennuyeux… Le talent est le fruit de la passion !
Quelle est la première guitare que tu as achetée ?
La première était une guitare acoustique, mais la première électrique date de 1976, c'était une Fender Musicmaster, puis, en 1977, une Gibson Les Paul Recording.
Sur quel matériel joues-tu actuellement ?
Une guitare Mosrite que j’utilise autant pour faire du rock, de la chanson ou de la world music, avec un ampli Vibrolux Fender de 1970. J’ai également un Marshall 2 corps JCM800 qui sonne super bien !
Quelle est pour toi la guitare "absolue" ?
C’est difficile… mais s'il fallait vraiment n’en garder qu’une, ce serait la Telecaster qui peut satisfaire tous les guitaristes. Par contre, rapidement ma guitare flamenca va me manquer aussi… Finalement, la guitare idéale c’est comme la femme idéale, ça n’existe pas !
Un conseil de travail pour les apprentis guitaristes ?
Les conseils c’est difficile parce que je ne les suis pas moi-même… Mais bon, ce serait déjà d’arrêter avant la douleur, c'est-à-dire de travailler jusqu’au moment où il faut s’arrêter ! Ensuite, ce serait de s'y mettre tous les jours en mêlant rigueur et transgression : acquérir une technique pour pouvoir l’oublier au profit d’une expression personnelle.










