Le premier volume de Clone avait mis la barre haute. Monarch, The Austrasian Goat, Coffins, HC Minds, Atavist, la Cuenta, Fistula et quelques autres reprennaient à leur sauce (c'est à dire de la manière la plus heavy possible) des standards de Fugazi, Bauhaus, Cathedral, DRI et autres Discharge. Ça donnait un disque hors norme, hors contexte et définitivement hors mode (malgré le fait que le doom soit devenu depuis quelques années un genre plutôt prisé du public). Un disque particulièrement beau aussi puisque Blind Date Records n'avait pas lésigné sur les moyens en proposant un vinyle de couleur, une pochette gaufrée (en relief si tu préfères), un livret 8 pages et un design à l'avenant particulièrement chouette. Il existe même une version collector dans un packaging en bois. Rien n'est trop beau pour ces quelques reprises ! Ah oui, Clone n'est disponible qu'en vinyle !!
Mais revenons à ce volume II pusique c'est lui que vous avons entre les mains en ce moment. Les Anglais de Moloch ouvre ce bal de l'enfer avec une cover de Rorschach (groupe hardcore Sxe tendance anarcho des 90's) : "Ligntning Strikes Twice". Difficile de reconnaître l'original aussi aplati qu'il est par la lourdeur des riffs du combo. Lourd, lent et lancinant, le doom dans toute sa splendeur ! Bestial, puissant, malsain, le metal dans toute sa symbolique ! On Pain Of Death s'empare ensuite du "Troops Of Doom" de Sepultura. Le traitement du groupe irlandais est le même. Sepultura passé dans la moulinette Buzzov•en. Radical. Lent. Lourd. Aplatissant. Golden Gorilla reprend "Absentee Debate" des coreux de Unbroken, la version est correcte, pas transcendante, pas spécialement ratée non plus, elle manque de punch, voilà tout. Les Français de Aguirre s'entiche d'un titre d'un groupe qui sied parfaitement à leur style (un doom pesant mais néanmoins remuant) : His Hero Is Gone. "Like Weeds" prend son temps pour démarrer, mais finit par faire mouche : des riffs gras et épais comme des jambonneaux, une rythmique athlétique mais puissante, un chant coup de poing et une groove laminant.
Le début de la face B voit l'association de Loss et Goatlord. Et ça fait boum. Le premier reprend une vieille compo du second ("The Fog", circa 1987), et c'est tout bonnement extraordinaire. Pas neuf, pas expérimental, pas hallucinant, juste extraordinaire de puissance et de metal attitude ! Thou lui succède avec une reprise d'autres coreux des 90's : Born Against. Là encore, le passage du hardcore véner d'origine à un metal vénal se fait habilement, la version 2009 est incroyablement brutale et agressive. Thou = Buzzov•en du nouveau millénaire ! Shadow of The Torturer, également nouvelle signature chez Blind Date Records, fait dans l'originalité en allant piocher dans le passé lointain (1982) et l'underground le plus underground en exhumant Pagan Altar. "Judgement Of The Dead" sent néamoins le EyeHateGod à plein nez, le son cra-cra en plus. Hey Colossus ferme la marche (funèbre) de Clone II avec une étonnante reprise de "Institutionalized" de Sucidal Tendencies. Avec son doom nettement plus noise, voire expérimental, les Anglais déconstruisent le morceau original mais lui rendent sa folie initiale en l'amenant bien plus loin que le groupe de Cyco Miko.
Résumé : un bon disque pour faire des cauchemars ! De belles découvertes. L'exercice de style de la reprise réussi. Bref, nous voilà dans l'attente du troisième volume. Aldebaran, Solar Born, Guinea Pig, Mary Bell, Electro Zombie devraient y participer… — Frejnik Frank
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