Il parvient, avec souplesse et désinvolture, parler des choses vraies, de problèmes durs, de la vie qui passe parfois devant nos yeux sans qu'on ait le temps de s'en rendre compte. Roger Harvey est un troubadour urbain. On l'imagine aisément parcourir les Etats-Unis, la guitare en bandoulière, de New York City à Pittsburg, de Portland à Los Angeles. On le voit très jouer devant des gens qu'il observe plus que ces derniers ne lui prêtent véritablement attention. Ou ne prêtent attention à ses chansons et à ses textes. Dommage. Car ils verraient — ou plutôt entendraient — que celui qui se cache derrière le pseudonyme de Dandelion Snow parlent non seulement de lui, mais aussi d'eux. De sa vie. De leur vie. Ce premier album, produit par Chris #2 d'Anti Flag (ça donne une indication sur le positionnement politique et social du monsieur), complète le tableau. Les dix chansons montrent, sur une base acoustique, tout le talent du jeune compositeur. A l'aise dans tous les registres, dramatique ("Going Underground") comme enjoué ("It's Different Now"), la sobriété ou les arrangements externes ("Middle Of Nowhere"), Dandelion Snow se lance à l'assaut de tous les fronts musicaux. A la manière de Bright Eyes pour le côté pop. Ou de Paul Westerberg pour l'intensité de son approche. Et bien sûr, comment ne pas le citer, Bob Dylan pour ses évocations / turpitudes personnels qui en deviennent tellement explicites qu'elles causent à tout le monde. — Pépito Ramirez
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