C'est en avril de cette année que la rencontre a eut lieu. A Tokyo, fief de Boris et où il était en train d'enregistrer (quand le trio japonais ne tourne pas, il enregistre). L'idée d'inviter le chanteur de The Cult lui trottait depuis longtemps dans la tête. Et il a saisit la chance d'un agenda favorable pour faire de son rêve une réalité. L'histoire dit que Astbury connaissait bien le groupe heavy / doom pour l'avoir vu plusieurs fois en concert, il posséderait même quelques-uns de ses disques. Boris lui offre donc trois compositions originales dont le chanteur à la voix si chaleureuse s'empare sans problème, et ce même si chacune d'elle explore un territoire différent de Boris. Pour ceux qui ne connaissent pas le trio nippon, outre son appétit féroce pour le studio, c'est un boulimique de musique, il est connu pour être une référence dans le doom (ses disques Absolutego et Amplifier Worship sont des monstres de lourdeur), mais il sait aussi varier les plaisirs, être tour à tour fan de heavy metal (cf. le EP "Heavy Metal Addict") et de musique psychédélique des années 70 (l'album Smile) ; il aborde même la musique heavy sous l'aspect "improvisée". Ce qui fait de lui un groupe insaisissable.
Et ce 4 titres l'atteste une fois de plus. "Teeth And Claws" semble avoir été composé pour Ian Astbury, alors que "We Are Witches" apparaît comme un pure morceau Borisien sur lequel le chanteur de The Cult s'est adapté de la plus belle des façons. En effet, sa voix chaude et profonde se marie à merveille avec la lourdeur des riffs du trio nippon. "Magikal Child" œuvre dans un registre plus "classique", où Astbury se livre à un grand numéro de funambulisme vocal. Et puis, calé entre les pistes 2 et 3, il y a "Rain", la reprise de The Cult. Là, Astbury n'intervient pas. C'est la guitariste Wata qui se colle au chant. Et c'est beau à pleurer. Même sans connaître l'original, on ne peut que fondre devant ce petit bijou noisy-pop à la fois tranquille et fiévreux. En fait, c'est l'ensemble de ce EP qui remet à sa place. Il n'y a pas à dire, quand deux grands noms de la musique se rencontrent, ça donne toujours quelque chose de magique. — José Maria
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