C'est la même histoire pour tous les groupes. On se réunit entre potes dans un sous-sol ou un garage, entre gens ayant les mêmes affinités musicales ou artistiques ; on reprend quelques classiques du rock (les plus simples sont les meilleurs pour commencer) ; le projet plaît et on s'y investit de plus en plus personnellement ; on donne des concerts ; on apporte de nouveaux sons, on commence à composer… Toujours la même histoire. Encore que dans le cas du ce trio caennais, il y a quelques différences. De taille. C'est au conservatoire que se rencontrent Samuel (Saxophone), Luc (basse) et Ivan (Batterie). Et ce n'est pas les Ramones ou les Beatles qu'ils reprennent, mais Zappa. Déjà, la barre est haute. Et puis, Les Yeux de La Tête s'emballe. De nouvelles idées musicales entrent en jeu. Des influences plus rock, mais pas moins "sensationnelles", apparaissent. "Eclectique sans être fourre-tout", a dit Culture Jazz à propos du trio. J'aurais pas dit mieux. Tout au long de ce disque, ça virevolte comme un bon vieux Sabot ou Belly Button (rythmiques rugueuses, groove tellurique, audace de la répétition), ça s'amuse "sérieusement" comme savait le faire Primus (évasions solistes, parties loufoques bienvenues), ça invente et explore en roue libre comme Zappa ou John Zorn (difficile de ne pas citer le jazzeux fou avec de telles parties de saxophone) s'autorisaient à le faire. De leur ancien maître à penser, nos trois musiciens ont hérité d'une précieuse donnée : la liberté. Ils sont ainsi des vrais acrobates du groove jazz, des funambules de la partition rock, des gymnastes du bruit blanc… Yep, tout ça à la fois ! Et le mix prend. A découvrir ! — Pépito Ramirez
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