"Merveille du genre ? Whoua l'aut', comment il y va !", vous dites-vous, médusé par tant d'esbroufe et aussi un peu inquiet d'être passé à côté de The Next Big Thing. C'est sûr, Les Inrocks, le site Pitchfork ou encore les chroniqueurs avisé(e)s des magazines féminins n'ont pas parlé de Révolution Canapé ou Sortir La Tête De La Poubelle, les deux premiers disques du combo lyonnais. Bah, normal, après tout… Le Réparateur les auraient probablement dégoûtés, épouvantés ou effarés (au choix). Son punk rock est vrai et sincère, donc brut, sauvage, intimiste, provocateur, offensif et bien sûr agressif. Ces quelques adjectifs sont à prendre au premier degré. Tous autant qu'ils sont. Avec Le Réparateur, pas de chichis, pas de faux semblants, pas de gimmicks à la con, et encore moins de pauses glamour et/ou rock'n'roll à deux balles. C'était déjà le cas sur Sortir La Tête De La Poubelle (voir chronique sur Addictif), mais ce coup-ci, dans ce "moins d'un quart d'heure" de musique, tout est monté d'un cran. L'amalgame Wampas / The Hives du précédent disque laisse place à un punk rock lofi survitaminé plus abrasif et querelleur que jamais. Cette poignée de "chansons mal écrites" (dixit le verso de la pochette) sont d'énormes claques. Courtes (moins d'une minute en général), intenses et soutenues ("le rock, c'est tout à fond", disait l'autre), nerveuses au possible et, cerise sur le gâteau, irrévérencieuses !!
"Charlotte Gainsbourg" et sa version "Radio Edit" disent tout haut ce que tout le monde pensent tout bas. Le Réparateur n'a pas sa langue dans sa poche, et quand bien même il l'a tournerait sept fois dans sa bouche pour ne pas dire de bêtises, chaque vulgarité (bite, chatte, Rachida Dati, etc…) sonne comme les mots d'un poème : "Complètement Homo", "Pauvre Et Moche", "Je Bande Plus", "J'aime Pas Les Capotes" cartonnent. En fait, les bons mots du duo batterie-guitare lyonnais sont à l'image de sa musique : simple en apparence, primitive même, pour ne pas dire naïve, mais une fois superposés les textes sur les instrumentaux, c'est le choc, la commotion assurée, l'émotion titillée, la secousse sismique interne. "T'aimes Bien Ton Boulot", "Amoureux de Ta Femme" et "Dans La Rue" sont drôles et incisifs à la fois, percutants et naturels en même temps. Ça fuse, ça latte, ça cogne, ça castagne. Colère, frustration, ennui, tristesse, dépression, émoi, déception… Le Réparateur les attaque frontalement, sans les intellectualiser ni les dépersonnaliser. Le résultat est sauvage, à fleur de peau, acide. "Tu Meurs" ou "Tu Sors Avec Ma Meuf" s'inscrivent immédiatement parmi les "tubes" de ce CD par leur côté moqueur, même s'ils n'en sont pas moins corrosifs et virulents. Pour autant, il ne faut pas voir dans Le Répérateur un nouveau groupe "drôle" à la Didier Super ou Andréas & Nicolas. Le Réparateur n'est drôle que parce que son propos est lapidaire. Il est avant tout un groupe de punk rock. Un des meilleurs actuellement. — Pépito Ramirez
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