Pour votre premier album, vous aviez demandé à Amp Rep de vous "co-opter". Outre la satisfaction personnelle d'avoir le logo d'un tel label sur votre disque, qu'est-ce que ça vous a apporté ?
Ça a fait parler les cons… Non, plus sérieusement, ça a fait que les gens ont porté un intérêt plus rapide sur ce disque, ils ont été plus curieux. Preuve que le buzz marche toujours, on nous en parle encore trois ans après.
Même si I Dumped My Wife... n'est pas un volte face musical, il présente le groupe sous un jour différent. Comment avez-vous abordé ce second disque ? Un nouvel album est-il, pour vous, une remise en question ?
En fait, en a abordé ce disque comme le premier, sans réfléchir - c'est aussi notre façon d'aborder la vie en général. A la limite, la seule différence avec le premier c'est qu'on s'est encore moins restreint musicalement et nos influences se sont encore plus élargies. En gros, on a gardé Jesus Lizard en ajoutant AC/DC. Par contre la grosse différence avec l'album précédent c'est que cette fois-ci on n'a pas pu roder les morceaux sur scène avant l'enregistrement, ce qui rend le disque peut être perfectible, mais vraiment plus spontané.
Est-ce que les concerts modifient votre manière de composer ou, plus généralement, changent votre perception de la musique ?
Oui, comme on vient de le dire, jouer les morceaux devant un public permet de les peaufiner. On voit ce qui fonctionne ou pas. En plus, les incidents donnent parfois lieu a de nouvelles idées et la part de l'impro est très importante en ce qui concerne le sax. Ensuite, en dehors de la composition, jouer sur scène est totalement différent du studio. C'est plus brutal, plus animal. Tout devient presque spontané. Bref, comme beaucoup de groupes, c'est ce qui nous convient le plus.
La somme des textes de cet album tient sur une seule page du livret. Est-ce à dire que les mots ont moins d'importance que la musique ?
Difficile de répondre à cette question. Il est vrai que pour le premier album, certains textes n'avaient carrément aucun sens. Pour celui-ci, je me retrouve plus dans les textes que j'ai écris. En ce qui concerne la quantité de phrases par morceaux, je préfère n'en répéter qu'une ou deux pour aller à l'essentiel. C'est ce qui donne aussi ce coté punk à Café flesh. Et puis même si je ne sors que deux phrases par morceaux et que je les répète dix fois, je ne vais jamais les chanter de la même façon. En fait, on peut comparer ça a un riff de guitare que je vais jouer de plusieurs façons, les syllabes deviennent des notes ; bref les mots n'ont pas moins ou plus d'importance que la musique, ils sont tout simplement la musique.
La France n'a jamais été un pays rock'n'roll. Mais quand on évolue dans un registre comme le votre, est-il difficile d'être pris au sérieux ? Ou plus simplement d'exister ?
C'est vrai la France n'a jamais été un pays rock'n'roll, ce n'est pas dans les mœurs, ni dans la culture. Mais à côté de ça, il y a toujours eu des personnes qui bougent pour que ça le devienne. On en est toujours là, on pourrait citer des tas de groupes énormes, des labels importants issus de ce mouvement, mais ils ne sont pas populaires. Il faut admettre que quand on est un groupe de rock en France, la popularité, on ne l'aura jamais. C'est pure utopie. Pour exister, le plus simple c'est de tourner au maximum en France et hors de France et de faire ton truc au mieux.
Ce second album n'est pas la finalité. Quels sont les projets de Café Flesh ?
Et bien… continuer à faire notre truc au mieux, pour exister. Niveau projet, on parle sérieusement d'aller faire un tour chez les cowboys (USA). De toute façon à la sortie d'un disque, l'envie est toujours la même : voyager, jouer tes morceaux, rencontrer des gens... Toutes ces choses qui font qu'être dans un groupe est un truc exceptionnel. Après le plus dur n'est pas la motivation, mais de coordonner boulot et vie de tout les jours avec tout ça. Par contre à plus long terme, notre but est de devenir riche, célèbre et surtout de passer à la télé.
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