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Posté le Mardi, 16 Juin 2009

Hacride

Hacride

Le groupe poitevin n'est pas un nouveau venu, il vient de sortir son troisième album, mais c'est avec ce dernier, du nom de Lazarus, qu'il révèle tout le potentiel de son style téméraire et opulent. Adrien Gousset, le guitariste d'Hacride, répond à nos questions.

Sur votre page Wikipédia, Hacride est présenté comme un "groupe death metal technique et avant gardiste". Avant gardiste ? D'accord avec ce terme ?
Adrien Grousset (guitare/synthés) : Je ne sais pas trop en fait. Qu’est ce que veut dire avant garde ? Est-ce le fait de proposer une musique très riche, réfléchie, qui casse certaines barrières ? Nous essayons de nous mettre en danger à chaque album, en tentant d’innover et de nous faire peur (rires) ! Une chronique a utilisé l’étiquette de post-metal pour décrire Lazarus, je trouve l’idée intéressante puisqu’elle nous correspond. Nous avons une solide base metal, mais nous essayons autant que possible d’aller de l’avant et ne de pas rester sur nos acquis.

L'originalité semble avoir toujours été l'objectif de Hacride. Comment être novateur dans un style où tout semble avoir déjà été fait et expérimenté ? Autrement dit, quels sont, à votre avis, les points forts du groupe ?
Je crois qu’il y a une sorte d’humanité dans notre musique, une très grande sincérité et je crois que c’est notre point fort. Nous voulons être “vrai” avec notre musique. En fait, on est comme ça dans la vie courante donc on essaye de s’exprimer de la même manière quand nous commençons à écrire un album ou quand nous jouons en live. Nous donnons énormément, et je pense que le public ressent ça. Mais je ne pense pas que tout ait déjà été expérimenté, que tout ait été fait… le metal est une musique très jeune tu sais, il y a encore des tonnes de choses à essayer. Sinon, à quoi tout ça servirait ?

Y a-t-il une thématique particulière derrière Lazarus, un idée récurrente qui reviendrait tout au long des 7 titres ?
Lazarus peut être considéré comme une B.O. de film, les sept titres décrivent l’évolution psychologique, chapitre après chapitre, d’un personnage.Le syndrome de Lazare est un cas de mort clinique revenant à la vie avec une vision biaisée de la réalité, comme s'il avait un filtre devant les yeux qui lui impose une réalité qui n’est pas celle des autres. Le personnage cherche l’éveil tout au long des chapitres "awakening". On peut considérer Lazarus comme un concept album.

Musicalement, on peut relier Hacride à d'autres groupes (Neurosis, Meshuggah). Le groupe a-t-il d'autres sources d'inspiration, non musicales, qui sont aussi importantes ?
Les sources d’inspirations sont évidemment multiples, que se soit la vie de tous les jours, nos états d’esprit qui vont nous diriger vers une couleur de morceau, l’actualité, la politique, la littérature, le cinéma, etc.
La musique est une représentation de soi, avec un langage plus complexe que la parole. Plus ton album est personnel, plus il te ressemble en fait. C’est un euphémisme, je sais (rires), mais il faut quand même le souligner. Par exemple, j’ai composé cet album entre 4H00 et10H00 du matin, et la teinte de celui-ci est plus sombre qu’auparavant. Ta situation personnelle colore donc ta vision de la musique, et c’est ça que j’aime le plus dans Hacride : cette musique, c’est nous.

En quoi Lazarus vous ressemble ?
Comme je te l’ai dit, il correspond à un état d’esprit d’un moment. En fait, tu peux coller les différentes atmosphères du CD aux émotions et phases de caractère que tu vis en l’espace d’une année. Même d’une période plus longue ! En clair, tu peux passer d’un état d’énergie à revendre à un moment de blues et de nostalgie, d’un état de rage à une vision très optimiste de ta vie, etc… Je le répète, c’est un album très humain, très universel en fait, tout le monde peut le comprendre, même s’il paraît complexe et riche au premier abord, il est en fait ultra-abordable.

Hacride


Le fait d'enregistrer ce dernier album par vous-mêmes est-il une manière de contrôle absolu de votre œuvre ? Quelle est l'idée initiale derrière cette volonté d'autogestion ?
Oui, nous vouons le contrôle de chaque chose, et surtout de toute la période de création. C’est Franck Hueso qui s’est occupé de la production de Lazarus, comme pour les autres albums du groupe. Nous ne pensons pas qu’il faille aller chez de “gros” producteur pour avoir la production que tu souhaites, au contraire c’est une manière de se décharger d’une part du travail. Nous sommes de gros bosseurs, nous aimons maîtriser Hacride, c’est notre bébé en quelque sorte…

Qu'essayez-vous d'exprimer en premier dans vos morceaux : l'émotion, l'énergie, une atmosphère ? Qu'est-ce qui vous fait sentir qu'un morceau est arrivé à maturation ?
Quand celui-ci raconte une histoire ! Il n’y a pas une volonté de prédominance, c’est très spontané. Nous savons qu’un titre est bon à partir du moment où il arrive à nous plonger dans notre “bulle”, c’est notre expression pour décrire l’état dans lequel nous sommes quand on entre dans l’esprit d’un album ou d’un morceau.

Qu'est-ce qui est important : la technique ou l'inspiration ?
Les deux ! La technique est un outil de création qui te permet de t’exprimer librement, la technique permet de matérialiser l’idée. C’est un peu comme en littérature, tu ne peux pas écrire un bon livre pertinent si tu ne connais pas bien la langue, même si ton idée ou ton argument de base est intéressant !

La France semble avoir acquis ses lettres de noblesse dans la scène metal grâce à quelques groupes hexagonaux. Pensez-vous qu'il y a, comme pour la musique électronique, une "french touch" du metal ?

Je ne sais pas. Je dirais plutôt non, en fait !
Je crois que ce qu’on appelle la french touch n’est qu’une sorte de “réveil” de la scène française, une sorte de revanche sur le passé, mais je ne suis pas tout du tout objectif, il serait intéressant de demander aux médias étrangers ce qu’ils en pensent.

Qu'attendez-vous de votre participation au prochain Hellfest ?

Que l’on puisse partager notre musique avec le plus de monde possible…

Interview Frank Frejnik

www.hacride.com

Hacride au Hellfest, le dimanche 21 juin à 11:00