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Posté le Jeudi, 25 Juin 2009

The Bronx

Fiévreux et burné, le punk rock aux forts accents stoner de The Bronx flirte avec le mur du son. Porté par des riffs épais comme le tour de cou de John Rambo, The Bronx III se révèle d'une intensité que l'on croyait éteinte depuis longtemps.

Vous avez participé à What We Do Is A Secret, le film sur The Germs (groupe punk de L.A de la fin des seventies dans lequel figurait Pat Smear ex Nirvana/Foo Fighter- ndr) en jouant le rôle de Black Flag. Que retires-tu de cette expérience ?
Joby T.Ford (guitare) : Jamais je n'aurais imaginé interpréter mon groupe préféré dans un film. C'était vraiment un honneur. Pat Smear a supervisé le tournage. Il était là tous les jours pour s'assurer que rien n'était mal interprété. Cela devait quand même être étrange pour lui d'assister un acteur qui jouait son rôle ! À la fin des seventies à Los Angeles, le punk est arrivé puis parti si vite que personne n'a réellement pris conscience de sa présence. Toute cette histoire a ensuite été romancée. Il y a eu beaucoup de fausses interprétations, de dérives historiques de la part de vieux aigris. Il est important de reconnaître à sa juste valeur cette première vague hardcore et les différents films et documentaires apparus ces derniers temps lui rendent hommage. Ce courant a été un des fondements de la musique américaine actuelle. Et du DIY !

The Bronx semble se nourrir de contradictions. D'abord par votre nom, subtilisé à un quartier de New York alors que vous êtes un pur produit de Los Angeles.
On aime foutre la merde (rires). Sur notre premier titre envoyé aux medias, on avait invité un rappeur à venir chanter. Pendant longtemps, ils ont cru que notre chanteur était noir. Quand ils voyaient Matt notre chanteur débarquer, ils lui demandaient ce qu'il faisait dans le groupe. The Bronx est une formation qu'il faut aimer pour comprendre. On n'est pas accessible à tout le monde, mais cela nous importe peu.

Vous sentez-vous comme des outsiders ? Vous êtes étiquetés punk, mais ne l'êtes pas vraiment. Et bien que vous ayez autant d'influences hard rock que stoner, vous restez trop rock pour les metalleux, et trop heavy pour les rockeurs.
C'est ainsi que l'on justifie notre existence. On ne rentre dans aucune catégorie précise. Dans aucune scène. On a tourné avec des groupes de metal, de punk, d'indie rock, de hip hop. Nous sommes The Bronx. Nous sommes attirés par la musique en général. On ne veut pas être piégé dans un carcan. Du coup, partout où l'on joue, on reste le vilain petit canard, le groupe "différent". Cette étiquette d'inclassable nous ravit.

Quelle a été l'affiche la plus étrange à laquelle vous avez participé ?
Probablement notre concert avec Ghostface Killa. Tous ces costauds blacks qui froncent constamment les sourcils comme s'ils étaient de la mafia nous traitaient tous de "crazy white guys". Pour eux, on était des malades mentaux, mais ils appréciaient l'énergie. La seule tournée vraiment pénible à notre actif fut le Warped tour. Là, c'est le terrain de tous les ego de rock stars de merde. Il y a trop de politique et de guéguerres pour savoir qui jouera à telle heure, qui aura cette loge… Si tu suis toutes les règles imposées par le staff du Warped Tour, tu gagnes des points qui te permettent d'avoir plus de bières et de bouffe. C'est le retour au lycée ! C'est vraiment débile.


Vous avez enregistré un album de mariachi simultanément à The Bronx III sous le nom de El Bronx. C'est un peu le grand écart ?
Oui et non. Vivant à Los Angeles, on est témoin de l'interaction entre la facette punk de la ville et sa facette mariachi. Ces deux univers peuvent sembler complètement opposés pour quelqu'un d'extérieur, mais pour nous, Angelenos (habitants de L.A. - NDR), ils ne le sont pas. Il y a tant d'interactivité qu'assembler les deux paraît logique. The Bronx est par défaut un pur produit de L.A. On n'a pas réfléchi au projet mariachi. On aimait cette musique et cela nous paraissait naturel de la jouer. Ce disque va paraître au mois de mai. On jouera quelques concerts mariachi. D'autres fois, comme on l’a déjà fait par le passé, on ouvrira pour The Bronx ou on incorporera quelques titres mariachi à notre set habituel.

Quels disques ont façonné le son de The Bronx ?
The First Four Years de Black Flag, Scream Dracula Scream de Rocket From The Crypt, Appetite For Destruction de Guns'N'Roses. Aussi différents soient-ils, ces trois-là symbolisent qui nous sommes aujourd'hui.

Interview Olivier Portnoi


www.thebronxxx.com