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Posté le Jeudi, 04 Juin 2009

Atomic Garden

Atomic Garden interview

En ce moment, la scène clermontoise semble avoir le vent en poupe dans les médias. Mais derrière les révélations Cocoon, Elderberries ou le collectif Kütu Folk, se cachent d'autres formations plus underground mais au potentiel tout aussi fort : Atomic Garden est l'un d'eux. Son récent album, Little Stories About Potential Events, est la preuve.

Pour votre dernier album Little Stories About Potential Events, vous avez mis le paquet : production élaborée, packaging deluxe, différents supports (CD, numérique, vinyle, K7), compositions aux arrangements classieux. Ambition ou évolution ?
Matthieu (basse) : Les deux, je pense. Nous avons toujours accordé beaucoup de soin à nos disques, à tous les niveaux, avec les limites que nous pouvions avoir à un instant T : le manque de maturité, d’expérience et, le plus souvent, d’argent… Là, je pense que nous étions prêts à "franchir un cap", donc nous avons soigné toutes les étapes du disque, en prenant le temps de maquetter longuement, de se poser des questions, en s'offrir un délai plus long que d’habitude en studio, et en réfléchissant sérieusement sur les gens avec lesquels nous voulions travailler. Pour les supports, c’est assez naturel, la seule vraie nouveauté cette fois, c’est la K7, un petit plaisir supplémentaire ! Après, c’est certain qu’il y a aussi une certaine ambition derrière, l’envie d’avancer, de développer le truc. Mais je crois qu’on a toujours eu ça en tête, c’est juste que cette fois-ci, nous avons pris le temps de tout soigner, de nous dire "allez, cette fois-ci, on arrête de le faire à l’arrache !". Il y avait toujours quelque chose qui clochait avant, on foirait une étape, les morceaux n'étaient peut-être pas achevés, ou pas assez maîtrisés, on ne savait pas où on allait… Là, il y a eu plus de réflexion.

En associant votre nom à ceux de Chris Sheldon (pour le mix), Alan Douches (pour le mastering) et Ken Taylor (pour la pochette), est-ce une manière d'attirer l'attention ou simplement de l'autosatisfaction ?
Attirer l’attention, je ne pense pas, sinon, on aurait enregistré avec Steve Albini ou travailler avec un producteur suédois. Je rapprocherais plutôt ça de la démarche d’Aïna (groupe espagnol chez Bcore Records — ndr) quand ils ont enregistré un de leurs albums avec Jay Robbins (de Jawbox et Burning Airlines — ndr). Quand tu réfléchis pour savoir avec qui tu veux travailler, tu sais grosso modo comment tu veux sonner, donc tu repenses à tes disques préférés, tu réécoutes et tu te dis "Oui, ce gars, il sait faire sonner une batterie !". Nous avons essayé de donner le meilleur de nous-mêmes sur le disque, du coup, nous voulions pouvoir le faire avec les gens qui en rendraient le meilleur (et d’ailleurs, j’aimerais aussi souligner le boulot d’Antony et Guillaume à la Souleuvre, car ils sont un peu oubliés là-dedans alors qu’ils nous ont aussi apporté beaucoup…). Ensuite, oui, ça devient un "argument de vente", mais dans ce cas, on est nazes en commerciaux…

Quelle serait la meilleure récompense à tous ces efforts ?
La meilleure récompense, je pense qu’on l'a dans les premières chroniques et retours qu’on a eus : "ouais, le son est classe, mais la musique suit, le disque est bon". C’est l’essentiel pour moi. Faire un joli disque, avec la pochette qui cartonne et le son qui va bien, c’est cool, mais c’est avant tout des chansons qu’il y a dessus. Tout le reste, c’est juste pour les mettre en valeur. Si on arrive à faire parler du disque sans que les gens insistent uniquement sur les noms du mec qui a mixer ou qui a fait la pochette, la récompense est là !

Vous évoluez dans un style ouvertement influencé par les années 90. Ce qui n'est pas la tendance du moment, surtout en France. De quels groupes vous sentez-vous proches actuellement ?
Oui, on n'arrivera jamais à être tendance… La musique, nous nous y sommes mis tous les trois dans les années 90, le temps d’arriver à une certaine maturité musicale, nous en sommes rapidement revenus à ça. En gros, il y avait juste ce qu’on aimait, de la pop à grosses guitares, au sens noble du terme "pop". En conséquence, le groupe dont nous sommes le plus proche, en France, c’est Dead Pop Club, sans hésiter. On a la même culture, musicale ou non d’ailleurs, vraiment, que ce soit Samiam, Quicksand, Girls Against Boys ou Freddy Krueger, nous avons les mêmes héros,. En plus humainement le courant est plus que très bien passé, chaque fois que nous avons l’occasion de jouer ensemble ou simplement de se croiser à un concert. Autrement, Ipanema, c’était la même chose aussi, musicalement, les mêmes envies, et humainement, ce sont des amis sincères. D’un point de vue purement musical, je pense que Therapy? et Foo Fighters (outre le fait que ces deux groupes aient travaillé avec Sheldon, ceci justifiant cela) sont les groupes dont nous sommes les plus proches, parce que notre approche est la même, des pop songs dopées aux guitares, avec un background metal et punk qui ressort à l’occasion pour faire parler la poudre… Et ce sont aussi des groupes qui ont toujours essayé d’avancer, d’évoluer, de se nourrir de la musique en général.

Vous gérez le groupe de A à Z (production, gestion, financement, concerts). Est-ce par volonté ou nécessité ? Quelle est la partie la plus difficile ?
Je crois que c’est nécessité ET volonté. Ça demande énormément de temps, mais nous avons quand même du mal à déléguer. Au départ, de toute façon, personne ne l’aurait fait à notre place, mais même aujourd'hui où nous avons des gens qui nous appuient (notamment Gaylord de Rock’s My Ass, le label qui a sorti le CD et qui ne ménage pas ses efforts), nous continuons à nous impliquer tout le temps. C’est pas nécessairement du militantisme DIY, même si le concept me plaît toujours autant, c’est plutôt une manière de toujours garder un certain contrôle sur tout. On tient absolument à maîtriser notre chemin, à garder notre indépendance (avec une certaine forme de paranoïa même). On garde un côté frondeur, et nous avons du mal à faire des concessions dans tout ça. Donc, nous ne sommes pas contre déléguer un peu, mais je ne suis pas sûr qu’on en soit complètement capables ! Le plus dur à gérer, c’est les concerts, je pense. Tout le reste, on commence à bien connaître, à avoir des contacts, pour le financement, nous avons déjà fait pas mal de sacrifices, ça ne me fait plus peur… Les concerts, c’est le nerf de la guerre, et même si c’est un peu plus facile pour nous aujourd’hui, c’est un vrai boulot, qui prend du temps, et qui paie peu. Pour dix concerts qu’on va faire, ça veut dire qu’il y en a 50 ou 60 qui nous sont passés sous le nez. C’est vraiment quelque chose d’hyper frustrant de chercher des dates. Le reste, tu as toujours des solutions de repli, des alternatives, mais pas pour les concerts. Et c’est là où le fait d’être toujours le cul entre deux chaises, trop pop pour les uns, trop brutal pour les autres, se fait le plus sentir…

Quelle est l'histoire derrière le titre de l'album Little Stories About Potential Events ?
Bon, c’est vraiment le domaine d’Arno, le guitariste-chanteur, puisque le titre et les textes viennent de lui. Mais pour moi, c’est relativement simple, il suffit de le prendre vraiment littéralement, des petites histoires sur des événements potentiels. Chaque texte évoque une situation précise, et un point de vue par rapport à ça. Un thème central, je crois que c’est toujours le même depuis le début du groupe, le rapport aux autres, la place qu’on occupe dans une société qu’on ne comprend pas toujours et qui, fondamentalement, ne nous convient pas, qu’il s’agit d’amitiés ("Good Relationships"), de politique ("Democratic Maze") ou même de religion ("No, I didn’t Meet Jesus"). Je me retrouve beaucoup dedans car Arno ne balance pas de slogans tout faits, mais plutôt des questions par rapport à ça.

Atomic Garden ne s'arrête pas à la sortie de cet album. Quels sont vos projets ?
Jouer, jouer, jouer, partout et tout le temps. Nous avons attaqué les concerts depuis mars, pour un bon bout de temps, avec en plus l’étranger en ligne de mire…Tant qu’à faire, on va le défendre au maximum ce disque, ne serait-ce que pour les gens qui nous ont aidés dans tout ça. Un second clip est bientôt prêt d’ailleurs ! Nous avons aussi pris le temps de composer de nouveaux morceaux. On commence déjà à réfléchir à la suite discographique aussi, réussir à se renouveler, etc. Comme nous sommes incapables de prendre une pause, nous sommes investis dans beaucoup de choses à côté, des projets parallèles, des activités connexes, etc. Bref, les prochains mois vont être TRÈS chargés, nous allons essayer d’être sur tous les fronts…

interview Pépito Ramirez

www.atomicgarden.fr.st
www.myspace.com/atomicgarden