Qu'est-ce qui a motivé ce retour de Rage Against The Machine ? Pourquoi maintenant ?
Tom Morello : De 1991 à 2000, le fioul de Rage Against The Machine était l'administration Clinton. Depuis, en huit ans de pouvoir, Bush a conduit notre pays au-delà de nos pires cauchemars. George W. Bush est le pire président de toute l'histoire des Etats-Unis. En comparaison, Clinton est un saint. Bush a tant énervé les gens que des musiciens dont on ne soupçonnait même pas la conscience politique se sont mis à dénoncer ses travers. Nous ne sommes plus seuls. Bien que l'époque où des groupes comme Rage Against The Machine et System Of A Down étaient qualifiés d'anti-américains avant d'être retirés des ondes, n'est pas si loin. Avec la séparation d'Audioslave, nous nous sommes retrouvés disponibles pour renouer avec Zack De La Rocha. Cela nous a paru le moment idéal pour le faire. Comme si notre répertoire avait été écrit pour aujourd'hui. Les mauvais présidents ont toujours été de fortes sources d'inspiration. Puis, cela fait quelque temps que quoi que je fasse, les gens me crient "RAAAAAAAGE!!!" (rires). Comme un appel!
Un musicien a-t-il une responsabilité politique vis-à-vis de son public ? Tu es souvent passé pour une sorte d'éducateur politique.
La conscience sociale ne doit pas être un devoir chez un musicien. L'art vient des tripes. C'est quelque chose de personnel. Cette passion puise sa source de différentes manières selon les individus. Personnellement, ma colère est militante. Si j'ai une mission, c'est d'être honnête avec qui je suis. Je parle de ce que je connais. Je retranscris la réalité telle que je la perçois. Mon but n'est pas forcément d'éduquer les gens, mais de mettre en avant des problèmes, des injustices. Car nous sommes tous concernés.
Quels souvenirs gardes-tu du premier concert de reformation au Coachella Festival le 30 avril 2007 ?
C'était mortel. Je suis fan de Rage Against the Machine avant d'être musicien au sein du groupe. Pouvoir entendre une nouvelle fois nos chansons en live était vraiment excitant. Le public était complètement allumé. J'ai rarement vu un public aussi réactif et enthousiaste. Cela faisait sept ans que nous n'avions pas donné de concert tous les quatre ensemble. C'était le moment idéal pour notre retour au vu de la situation des Etats-Unis, du désastre mondial.
C'est donc un véritable comeback ?
Pour l'instant, ce retour concerne les concerts. Nous les sélectionnons avec soin. On ne se précipite pas. Au départ n'étaient prévues que quelques dates éparpillées aux Etats-Unis. Finalement on en a rajoutées quelques-unes en Europe. Nous sommes aussi allés en Australie et au Japon. C'est très libérateur et sain de nous retrouver tous les quatre dans une ambiance si positive. Nos concerts sont fun. J'y retrouve une énergie et un plaisir de jouer incomparable. On est loin de l'ambiance un peu terne qu'il pouvait y avoir lors de notre dernière tournée où le groupe était vraiment scindé en deux, avec Zack d'un côté et nous trois de l'autre.
Vous devez avoir des demandes incessantes pour les tournées ?
Oh oui. Les offres arrivent par milliers des quatre coins de la planète. Même quand nous étions séparés, les offres arrivaient par milliers (rires). Mais je ne veux pas délaisser Nightwatchman, ni Axis Of Justice. Ces projets ne sont pas moins prioritaires pour moi que Rage Against The Machine.
Peut-on s'attendre à un prochain album studio ?
On n'interdit à personne d'attendre (rires). Mais il y aura plus certainement un nouveau Nightwatchman. Les albums de Rage Against The Machine n'ont jamais été des parties de plaisir à enregistrer. On ne fera rien qui ne soit pas au niveau de ce que nous avons déjà fait.
Comment a été la première répétition avec Zack ? Vous vous étiez séparés en très mauvais termes ?
(silence) Il y a effectivement eu des moments difficiles à la fin du groupe. Comme dans toutes relations intimes qui se terminent. Mais ces retrouvailles ont été magiques. Dès que nous nous sommes retrouvés tous les quatre à jouer, c'était comme si ces chansons n'attendaient que d'être ravivées. C'était génial pour nous de pouvoir les ressusciter. Cela a été si naturel et facile.
Avec le recul, comment expliques-tu la fin de Rage Against the Machine ?
Zack a simplement quitté le groupe (rires). Et cela aurait été dur de continuer sans lui.
Pourtant, il y eut à l'époque quantité de rumeurs quant à son remplacement. On a parlé de Sen Dog et B-Real de Cypress Hill, Chuck D, même Rey Oropeza de Downset.
J'ai même entendu parler de David Lee Roth (rires). On a réfléchi à l'idée de continuer sans Zack, mais cela nous a paru rapidement inconcevable. Puis, l'opportunité de collaborer avec Chris Cornell (Soundgarden) s'est présentée à nous (ce qui a donné Audioslave — ndr).
Et si Zack était resté ?
Le groupe ne se serait évidemment pas arrêté ! Aucun de nous trois, à savoir Tim, Brad et moi, ne le désirions. Il y avait encore tant de choses à dire. D'autant plus que Bush arrivait au pouvoir. Or les mauvais présidents ont toujours inspiré de la bonne musique (rires).
Les relations entre Zack et toi ont-elles toujours été houleuses ?
Oui, car elles étaient passionnelles. Nous vivions ce que nous faisions. Ce n'était pas un boulot. Nous étions en mission. Il y a eu des moments où la communication avec Zack était impossible. Tous nos albums à l'exception de Renegades et du premier furent très difficiles à enregistrer. Ce qui explique finalement que notre discographie ne compte que trois albums studio en neuf ans. Alors qu'avec Audioslave, on en fait un par an ! Le plus dur à concevoir fut incontestablement Evil Empire. Un véritable enfer ! On a même cru un moment que le groupe n'y survivrait pas !
La décision de Zack d'arrêter en 2000 vous a-t-elle surprise ?
Son timing m'a surpris d'autant plus que l'enregistrement de Renegades a été vraiment plaisant comparé aux autres. Zack m'a appelé un soir pour me faire part de sa décision. On a fini par en rire en se disant qu'il était surprenant de voir combien de temps nous avions tenu ensemble au vu de toutes les tensions et les disputes.
Les tensions avec Zack concernaient quels sujets ? La musique ? La politique ?
Jamais la politique. C'est sûrement ce qui nous a permis de rester uni aussi longtemps. Lors des périodes de chaos, on savait que notre collaboration avait un but qui était bien plus important que nos divergences. Dans d'autres circonstances, on se serait déchiré bien avant. Depuis la première répétition, les tensions et les disputes étaient courantes chez nous. A chaque enregistrement d'album, je voulais faire ceci, Zack cela, Tim et Brad encore autre chose. J'espère que dans le futur, on sera capables de laisser nos guerres internes de côté pour mieux combattre la machine. Chaque membre d'un groupe se doit de respecter les autres afin de trouver le meilleur terrain d'entente possible.
Dans une interview, Chris Cornell expliquait qu'en live avec Audioslave, il se demandait souvent si vous ne regrettiez pas le caractère rentre dedans de Rage Against The Machine ?
J'ai sincèrement apprécié travailler avec Chris. C'était différent et pas évident. Personne ne nous donnait gagnant au départ de par les conflits de management et de personnalités. Nous venions de deux groupes qui chacun avait imposé leur son et leur marque. Je suis heureux de nos trois albums. On a été productif. Mais c'est vrai qu'en live dès qu'Audioslave reprenait Rage Against the Machine une électricité incomparable se ressentait dans la salle. Il y a une aura de puissance autour de ce groupe que je ne retrouve nulle part ailleurs. Je comprends que Chris se soit parfois posé des questions sur notre compte.
Où perçois-tu votre héritage aujourd'hui ?
On a souffert avec la vague rap rock. Je crois malheureusement que ceux qui se sont inspirés de nous ne l'ont pas fait tel qu'on l'aurait voulu (rires). En même temps, Rage Against The Machine a un son si atypique que nous sommes difficiles à imiter. On aurait jamais imaginé être à l'origine d'une tendance. A l'époque, on ne parvenait même pas à intéresser un manager. Les seuls qui venaient nous voir nous déclaraient que la fusion avec le hip hop n'était pas une musique d'avenir. Qu'il nous fallait ajouter des mélodies et des refrains. Personne ne croyait en Rage car le business ne savait pas comment traiter un groupe avec un chanteur chicano, un guitariste afro américain et une section rythmique blanche. Aujourd'hui, c'est monnaie courante. Les années 90 ont vu l'explosion des groupes pluri ethniques. J'aime penser que nous y sommes pour quelque chose.
Une des grandes controverses avec Rage a été votre signature sur Epic. Vos détracteurs vous reprochaient d'utiliser le système que vous combattiez si avidement.
Avec Lock Up, mon précédent groupe, nous avions signé un deal de deux albums avec Geffen. Or, déçus des résultats du premier, ils nous ont viré sur le champ. Sans avocat et sans argent, il n'y avait rien que nous puissions faire. Je n'étais pas prêt à revivre la même expérience. En signant chez Sony, j'ai sécurisé notre contrat de telle manière qu'ils nous devraient de l'argent s'ils refusaient de sortir notre deuxième et troisième disque. Et c'était une somme suffisamment conséquente pour avoir confiance en eux. Nous n'avons jamais eu à nous battre pour le contrôle artistique. Nous n'avons jamais été victimes de censure de leur part. Notre contrat stipulait que nous avions un contrôle total sur tous les aspects du groupe, des pochettes, t-shirts aux publicités. Si un label fait des pieds et des mains pour te signer, à toi de savoir l'utiliser à ton avantage. Et quand on passait sur MTV au milieu de la soupe ambiante, ce n'était pas Sony qui nous l'imposait de force. C'était notre volonté. A l'instar de The Clash, on ne s'est jamais perçu comme un groupe élitiste. On n'allait pas refuser un live télévisé parce que l'on était coincé entre Britney Spears et Whitney Huston. Notre but est de diffuser notre message par tous les moyens possibles. Nous n'avons jamais eu de problème à être sur une major tant que nous avions un contrôle absolu. Lorsque tu vis dans une société capitaliste, le passage d'information doit se faire à travers ce réseau capitaliste. Nous ne sommes pas intéressés pour parler dans des squatts à des anarchistes convaincus. Notre intérêt est de diffuser notre message le plus largement possible. Noam Chomsky refuse-t-il d'être diffusé dans les grandes librairies ? Non, car c'est là que les gens achètent leurs livres.
Avant le Coachella, Zack et toi avez joué en faveur d'employés de Mc Donald ?
Cela fait partie du combat que l'on mène contre l'esclavagisme des multinationales du fast food. Avec Axis Of Justice, nous avions déjà pris position en faveur des fermiers sous exploités par les fast food dont les conditions de travail sont désastreuses. Un boycott de la chaîne Taco Bell et des concerts de soutien leur avaient permis de gagner leur combat. Cette fois-ci, nous prenions position pour les employés d'un Mc Donald. Zack et moi avions prévu de venir jouer en leur soutien. Mais quelques jours avant notre venue, Mc Donald a cédé à leurs demandes. Ils ont du avoir peur de la mauvaise publicité qu'aller leur créer notre venue. Nous sommes tout de même allés y jouer pour célébrer et pour que cette victoire ait un écho médiatique et serve d'exemple à d'autres.
Nightwatchman existe depuis 2003 mais ton premier album n'est paru qu'en mai 2007 ? Il t'a fallu du temps avant de savoir ce dont tu avais vraiment envie ?
Avant tout, j'ai été extrêmement pris par Audioslave. On a quand même enregistré quatre albums en quatre ans. Ce qui ne me laissait guère de temps pour faire autre chose. Pourtant, pendant toute l'histoire d'Audioslave, j'ai développé Nightwatchman sur le côté. J'ai commencé à écrire il y a quatre ou cinq ans. J'ai fait écouter mes idées à Rick Rubin qui m'a dit "Pars et va jouer une centaine de concerts." C'est ce que j'ai fait pendant mes jours off des tournées Audioslave. Comme je ne voulais pas le faire en tant que Tom Morello car tout le monde se serait attendu à des solos et des grosses guitares, j'ai pris le pseudo Nightwatchman à l'opposé du Daywatchman qui était alors Audioslave. Je profitais des jours off pour aller jouer quelques morceaux dans les bars country et western, dans les coffee houses, les réunions syndicales puis j'ai tourné avec Billy Bragg et ouvert sur une tournée de speech de Michael Moore. J'étais vraiment obsédé par l'idée de développer cette facette de ma personnalité. C'était nécessaire pour moi afin de retrouver un équilibre par rapport à l'aspect arena rock d'Audioslave. Au fur et à mesure, Nightwatchman a pris une autre ampleur. Pour moi, ce disque est tout aussi important que n'importe lequel des autres que j'ai pu réaliser.
Comment as-tu géré ce passage de groupes aux grosses guitares à celui d'artiste solo acoustique, sans saturation et surtout au micro ?
C'était terrifiant (rires). Je suis à l'aise lorsqu'il s'agit de jouer du rock bruyant devant 16000 voir 60000 personnes comme ce fut le cas parfois avec Audioslave. Mes premiers concerts avec Nightwatchman ont été dans des coffee shop à côté de la machine à café devant vingt personnes. Je m'y suis senti vraiment vulnérable et à nu. Mais j'ai ressenti une connexion supplémentaire avec le public. Aussi réduit soit-il. J'ai tout de suite compris que je m'engageais dans un projet artistique que je poursuivrai longtemps.
Partir en tournée avec Billy Bragg (artiste folk rock), que beaucoup considèrent comme une référence dans le genre, a du être intimidant ?
Oui en même temps, cela a été une expérience hautement éducative de pouvoir le voir jouer chaque jour. Après la tournée, Billy m'a même avoué avoir appris de moi. Pas au niveau du chant mais au niveau de l'intension. Quand je joue, j'essaie d'amener à la musique acoustique l'intensité, la motivation et l'engagement que j'aie avec Rage Against The Machine.
Penses-tu justement que c'est cet aspect engagé qui te manquait dans Audioslave ?
En démarrant Audioslave, j'ai su que ce groupe ne serait pas aussi politique que Rage. C'est pour cette raison que j'ai fondé en parallèle Axis Of Justice avec Serj Tankian (System Of A Down). Mais, au final, cela n'a pas suffi. Je suis resté sur ma faim. Je suis musicien et j'ai besoin de m'exprimer à travers la musique. Un parti politique peut rallier, éduquer, mais la musique inspire. J'adore la musique heavy et la musique rebelle. Mais avec le temps, j'ai appris que la prise de position et la colère ne demandaient pas obligatoirement des murs de Marshall pour être exprimées. Un couplet bien écrit peut être tout aussi efficace et rentre dedans qu'un solo de guitare casse cou.
La folk a toujours été un terrain propice à l'activisme.
Oui. Et cela depuis des décennies. Quelques-uns de mes artistes fétiches, comme le Bob Dylan des premiers albums, Johnny Cash, Bruce Springsteen, Woody Guthrie, jouent des chansons dans cette tradition. J'ai voulu m'en inspirer tout en emmenant mon énergie punk rock et ma manière d'écrire.
One Man Revolution, le titre de ton premier album, passe pour une déclaration d'indépendance ?
Complètement. J'ai délaissé les groupes de rock, les organisations politiques pour suivre ma propre voie. C'est très libérateur de pouvoir prendre sa guitare et partir en tournée sans être obligé de passer par la conférence de groupe, la location de tour bus, d'un système lumière extravagant, de l'embauche d'une équipe technique. En Europe, je passais d'un festival à un bar avec une souplesse que je n'ai ni avec Rage ni avec Audioslave. Je crois en cette musique. J'ai été gazé de lacrymo en jouant ces chansons à des manifestations, j'ai été arrêté pour désobéissance civile et mis en prison en les jouant en soutien à des employés d'hôtel en grève. C'est comme si mon activisme et ma musique allaient de pair comme cela n'avait jamais été le cas.
Quels ont été les artistes les plus influents pour toi ?
Il y en a tant. Le hard rock m'a donné l'amour du rock'n'roll. Puis le punk m'a inspiré à saisir une guitare. Mais c'est le hip hop qui m'a conduit à réfléchir à une manière de jouer non traditionnelle. La folk m'a ensuite poussé à écrire. Mais si je devais ne choisir qu'un seul artiste, je citerais Joe Strummer. Il vivait comme il parlait et comme il agissait. C'était un parolier unique et un performer si passionné et dévoué que personne dans l'histoire du rock n'a su à mon sens l'égaler. C'est une véritable source d'inspiration pour moi. Sa disparition est d'autant plus dramatique que le monde aurait vraiment besoin de Joe Strummer aujourd'hui. Il est rare que les musiciens avec un véritable potentiel vocal aient quelque chose d'intéressant et de constructif à raconter. Joe était de ceux-là. D'habitude, ceux qui ont vraiment des choses à dire sont ceux au registre vocal plus restreint comme Springsteen, Dylan, Woody Guthrie.
Votre retour à quelques mois des élections américaines n'est pas une coïncidence. Que penses-tu du candidat Barack Obama qui présente de nombreuses similitudes avec ton parcours (Pour rappel, cette interview eut lieu avant les élections de novembre 2008) ?
J'en parlais justement il y a quelques minutes avec un ami. Toutes ces similitudes sont si étranges. Nos pères sont tous les deux Kenyans, nos mères sont blanches et américaines, nous sommes tous les deux d'Illinois, nous sommes tous les deux diplômés d'Harvard et tous les deux divinement séduisants (rires). C'est un candidat vraiment intéressant. Ses idées sont progressives et en même il conserve un aspect populiste. J'ai travaillé pendant deux ans pour un sénateur américain, Alan Cranston en Californie. C'est quelqu'un de très progressiste aux idées libérales. Mais le système électoral américain concerne plus l'argent que les idées. Afin de pouvoir entrer dans la course à la présidence, il faut récolter des centaines de millions de dollars. Et cet argent ne vient pas des pauvres, ni de la classe ouvrière mais des riches, des multinationales, des milliardaires qui en échange demandent certaines actions au Président élu, qu'il soit démocrate ou républicain. J'adorerais voir un président noir ou une femme présidente qui puisse réellement changer la donne, mais la réalité est autre. Le terrain est trop miné pour pouvoir le bouleverser. Ce qui ne minimise en rien ma responsabilité. À savoir me battre pour des questions sociales, une justice sociale, pour la fin de la guerre, pour faire reculer cette inégalité entre les riches et les pauvres, pour défendre l'environnement. Et Rage Against The Machine est pour moi un tremplin inespéré.
On te perçoit essentiellement comme quelqu'un de sérieux alors que tu as un certain penchant pour la comédie comme en atteste ta participation dans le clip de Anti-Flag "Bright Lights Of America" en coach sportif moustachu ou celle dans le film Iron Man en terroriste afghan ?
Oui (rires). J'étais déjà apparu dans Made, le précédent film du réalisateur Jon Favreau. Nous sommes devenus amis. Il savait que j'étais un énorme fan de Iron Man, qui est mon super héro favori. Il m'a appelé en me proposant un deal "Tom, je te fais jouer dans le film si tu acceptes d'enregistrer quelques guitares pour la bande son du film". J'ai sauté sur l'occasion ! En plus, sa version est vraiment réussie. Pour Anti-Flag, ces types sont mes amis. Je les soutiens depuis pas mal d'année maintenant. Ils ont joué avec nous en Allemagne, en Australie. En 99, on les avait aussi emmenés en tournée. J'ai produit leur album The Terror State et depuis, à chaque enregistrement, j'essaie de participer. Ils m'envoient leurs démos, je leur fais part de mes commentaires. Je me sens proche d'eux. Notre combat est le même. À savoir utiliser la musique comme force politique. Pour leur clip, rien n'était écrit. Je me suis amusé dans ce rôle de coach moustachu hystérique (rires).
Peu de gens connaissent ta passion pour le cinéma et particulièrement pour Star Trek.
J'adore Star Trek. Quand je participe à un film, le projet doit correspondre à l'un de ces deux critères. A savoir qu'il doit être soit réalisé par un ami, comme Iron Man, ou alors affilié à Star Trek. J'ai eu un rôle d'extra-terrestre dans le dernier film en date. Je suis aussi apparu dans un épisode de la série "Voyager". Être sur le plateau de Star Trek était un des plus beaux jours de ma vie. Me refuser ce plaisir en pensant à l'image que cela pourrait coller au groupe serait ne pas être honnête avec moi-même. Dans la musique comme dans la vie, il est important de rester vrai. La militante suffragette Emma Goldman a dit "Si je ne peux pas danser, je ne veux rien avoir à faire avec votre révolution." Mes priorités sont la justice sociale, mais cela ne veut pas dire que je suis un personnage sinistre. Loin de là.
www.ratm.com
www.nightwatchmanmusic.com
www.myspace.com/thenightwatchman
10 DISQUES ESSENTIELS POUR TOM MORELLO
Kiss "Destroyer" (1976)
Led Zeppelin "The Song Remains The Same" (1976)
The Sex Pistols "Never Mind The Bollocks" (1977)
Black Sabbath "Paranoid" (1970)
The Clash "London Calling" (1979)
Public Enemy "It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back" (1988)
Gang Of Four "Entertainment" (1979)
Jane's Addiction "Nothing's Shocking" (1988)
Bruce Spingsteen "Ghost Of Tom Joad" (1995)
Prodigy "Fat Of The Land" (1997)










