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Posté le Mardi, 16 Juin 2009

Electric Wizard

Electric Wizard

Connu pour avoir redéfini le doom à la fin des 90's, le groupe anglais a sorti fin 2007 un Witchcult Today aux tonalités vintage qui le rapproche plus encore de ses racines. Mais vintage ne veut pas dire démodé ou vieillot, au contraire Electric Wizard, en bon adepte de Black Sabbath, sait mieux que quiconque déclencher les enfers métalliques.

Witchcult Today, votre dernier album en date, a été enregistré au Toe Rag Studios dont le matos n'est composé que de matériel vintage. Le choix est plutôt étrange pour un groupe doom dont tout le monde vante le son éléphantesque ?
Jus Oborn (guitare-chant) : Le Toe Rag est un lieu très réputé en Angleterre. Un des albums des White Stripes y a été enregistré. C'est comme un musée car il n'y a aucun matériel datant d'après 1970. Liam Watson, le gars du studio, a passé pas mal de temps à courir après ce matos d'époque, des années probablement. Par exemple, il a la console 4-pistes originelle des studios Abbey Road. Certaines machines viennent des Studios Decca. Étant un grand fan de vieux matos d'enregistrement, je voulais vraiment aller dans ce studio. Je pense que ça a plutôt bien fonctionné pour notre son. Liam n'est pas le genre de personne à écouter notre musique (il a produit un paquet de skeuds de Billy Childish, personnage emblématique de la scène punk et garage anglaise— ndr), mais il aime la musique antique (rires), Black Sabbath et les trucs obscurs des années 60. Pour nous, c'était intéressant de l'avoir derrière la console, il avait des oreilles neuves et une approche totalement nouvelle pour capturer l'esprit de notre musique. Et le résultat est exactement ce que j'avais en tête. L'expérience a été fantastique.

Le lieu a-t-il influencé votre manière de composer ?
Non, pas vraiment puisque nous avions composé les morceaux bien avant d'aller les enregistrer. Mais ça m'a permis de repérer certaines techniques, de voir comment Liam procédait pour telle ou telle partie d'un enregistrement. Forcément, ça me servira plus tard.

Il y a depuis quelques années un véritable engouement pour le doom. Comment l'expliques-tu ?
C'est plutôt dingue effectivement. Mais je ne m'intéresse guère aux phénomènes de mode. Nous, on fait ce qu'on a toujours fait. J'aime les trucs lents. Mes goûts ne changeront pas parce que, tout d'un coup, plein de groupes apparaissent ou un nouveau public s'enflamme pour cette musique. Ce que j'aime dans la lenteur, c'est qu'elle peut être lourde et puissante. J'aime l'intensité qui se dégage de cette musique, c'est trippant, hypnotique. J'aime jouer cette musique. Cela dit, cet intérêt est une chose plutôt cool. C'est peut-être un signe des temps. Peut-être que les gens en ont marre du rock qu'on leur sert depuis quelques années, sans doute ont-ils envie de changement, de quelque chose de différent, de moins calibré et de plus subversif. Le metal a perdu de sa dangerosité, de sa substance séditieuse, tu vois ? Hier, le metal faisait peur aux parents, aujourd'hui, il est devenu acceptable. Il est devenu populaire. Avant, lorsque tu écoutais du metal, tu étais à part, un marginal, un asocial… Maintenant, tu es dans la norme. C'est nul (rires) ! J'espère que les personnes qui écoutent Electric Wizard continuent d'être des parias dont les bonnes gens ont peur (rires).

D'où l'imagerie occulte et horrifique que Electric Wizard cultive ?
Yeah (rires) ! Electric Wizard, c'est un mélange de Black Sabbath, de comics d'horreur qu'on trouvait dans les années 70 et du cinéma horrifique des 80's, celui de Jess Franco, Argento, Jose Larraz. Les gens flippaient de ces trucs à l'époque. C'était malsain, grossier, vaguement obscène, ça jouait avec l'occulte et le surnaturel… Le sexe et la défonce étaient constamment de la partie. C'est que ce je veux que Electric Wizard (rires).

Considères-tu toujours Electric Wizard comme un groupe doom ?
Les codes du genre ont tellement évolué depuis ces dernières années que je ne sais pas quoi réponde. Moi, je nous considère comme un groupe doom, oui. Lorsque nous avons démarré, nous étions un groupe doom, notre influence était Black Sabbath. Aujourd'hui, il me semble que ça n'a pas changé. Alors, on doit encore être un groupe doom (rires).

Interview José Maria


Electric Wizard au Hellfest, dimanche 21 juin à 22:50