Le nouvel album de Big Mama s'intitule Debout. En cette période de crise, de découragement et de trouble social… Est-ce un titre qui se veut positif ? Ce titre résume-t-il le contenu du disque ?
Stéphane (chant - guitare) : C'est avant tout une injonction et un mot d’ordre qu’on s’adresse à nous-mêmes : face au quotidien, à l'adversité, aux joies, aux peines… En bref, face à la vie en général, restons debout, toujours vigilant et prêt à l’action, sans jouer les victimes et en essayant de sortir du déterminisme social, psychologique ou culturel. Ce n’est pas facile, mais c’est le seul moyen de rester vivant !
Dans ce nouvel album, exit les cuivres ! Marre de l'étiquette "rock festif" ? Envie de changement ? Retour aux sources ?
Ce qui nous a toujours guidé, c'est la volonté d’être libre, de ne faire que ce qu'on voulait sans se préoccuper des modes, des étiquettes ou des "conventions" musicales des puristes. Le milieu de la musique en France est certainement un des plus conservateur et normatif ! Chacun dans sa petite chapelle avec ses lois et ses principes ! Les mecs vont prêcher l'ouverture d'esprit et l'anti-racisme, mais ils n'adresseront pas la parole à quelqu'un qui n'a pas les mêmes codes, le même look… Quelle misère ! Finalement, ils sont plus réacs que des militants de l'UMP ! Si ce n'est pas dans la musique ou dans l'art en général qu'on prend la liberté de transgresser les règles, dans quel domaine pourra-t-on le faire?
Retrait de cuivres, une tonalité recentré sur le rock… Debout, c'est le disque du changement. Comment a-t-il été accueilli par votre public, sachant que l'évolution d'un groupe est souvent mal perçue par ses fans ?
L'album précédent était déjà beaucoup plus rock que les premiers, mais on avait quand même gardé les cuivres… Big Mama étant avant tout une aventure humaine, c'était donc difficile de se séparer d'eux parce qu'on est amis, mais c'était déjà notre volonté à l'époque… Il nous a fallu un album de plus pour sauter le pas et recentrer notre propos sur une esthétique plus rock, plus pop. Je pense que ça déplaira aux gens qui appréciaient surtout le côté pêchu, foutraque et cuivré du premier album… mais tant pis, on ne va pas se restreindre pour capitaliser sur notre "petit succès"…
Pour être franc, la seule chose qui compte pour nous, c’est que nous soyons fier du résultat et que cela corresponde à une évolution naturelle, logique et sincère.
Sans cuivres, votre manière de composer a-t-elle changé ?
J'espère qu'ils ne m'en voudront pas, mais on a jamais composé avec les cuivres... Donc ça n'a pas changé grand chose pour nous (rires!)
Les influences du groupe, mais aussi ses ambitions et sa motivation, ont-elles évolués avec les années ?
En fait, toutes ces années de concerts et ces enregistrements ont été une formation pour nous : c’est l’école de la route ! On a appris sur le tas, autant de nos erreurs que de nos "réussites". Ça nous a surtout permis d’essayer plein de choses, de goûter à plein de genres musicaux pour savoir ce qu’on voulait vraiment faire ou ne plus faire. C’était un passage obligé : aller jouer partout où on voulait bien de nous, essayer des trucs en studio. Apprendre, en fait… Maintenant qu’on a fini l’apprentissage, on va pouvoir rentrer dans la vie active (rires) !
Quelles expériences/actions ont renforcé le "Rock'N'Roll Karma" de Big Mama ?
Celui de Big Mama, je ne sais pas, mais le mien en tout cas a été renforcé par l’expérience de la scène, de la route et de la vie en groupe. Ça m’a surtout conforté dans l’idée qu’il faut se prendre en main sans attendre que les autres fassent les choses à ta place. Et puis, j’ai appris que lorsque tu es honnête avec les gens et avec toi-même, et que tu agis avec passion et authenticité, cela résonne toujours un moment ou un autre chez les autres.
Lorsque le groupe arrêtera, de quoi serez-vous le plus fier ?
D’avoir progressé et évolué au fur et à mesure des concerts et des disques. De ne pas avoir fait quatre fois de suite le même album. Et puis, même si ça peut paraître un peu bateau, je suis toujours touché de faire des centaines de kilomètres et de rencontrer des gens qui chantent nos titres, qui apprécient notre musique et notre parcours. Pour moi c’est toujours une surprise, je n’ai jamais considéré ça comme un dû, mais plutôt comme une chance.
Big Mama a toujours fait le choix de chanter en français. Beaucoup arguent que le français ne sonne pas sur du rock. Qu'avez-vous à leur répondre ?
Qu'ils écoutent Parabellum, Noir Désir et les Shériff !
Comment s'est passé la session avec Steve Prestage ? Pourquoi lui pour enregistrer Big Mama ?
Ça s’est super bien passé ! En fait, Alain, le batteur, avait déjà bossé avec lui sur un autre projet. On s’est rencontré et le feeling est tout de suite passé entre nous. C’est un mec super sympa, hyper carré et pro. Le fait qu’il soit anglais et qu’il ait bossé sur l’album The Crack de The Ruts a fini de nous convaincre. Pas besoin de lui expliquer ce qu’est une esthétique rock ! On a beaucoup appris à son contact, comme à celui de Peter Deimel du Studio Black Box avec qui on a bossé sur l’album précédent.
Quelle est l'anti-thèse de Big Mama ?
Un groupe préfabriqué, sans aucun aspect humain, sans conscience sociale et politique, tout en superficialité et sans aucune authenticité, ça pourrait être quoi ? La Star Ac’, La Nouvelle Star ?
Debout se termine par une reprise des Ramones. Excepté "Sheena Is A Punk Rocker", allez hop… Top 5 de Big Mama des titres des Ramones?
C'est difficile de n'en choisir que 5... mais bon, on va dire :
1- "Blitzkrieg Bop",
2- "The KKK Took My Baby Away",
3- "Beat On The Brat",
4- "Wart Hog",
5- "Rockaway Beach".
www.myspace.com/bigmamaofficiel










