Addictif R.I.P.
cerebral Ballzy
Hellfest 2011
Welt TurboJugend Tage
Goeland-TV
 
 
Addictif Facebook
 
This Is My Fest
 
 
Samiam
 
 
Title Fight
 
Posté le Jeudi, 01 Octobre 2009

Hatebreed interview

Hatebreed

Rien ne semble arrêter le groupe du Connecticut dans sa conquête du monde. Son cinquième album, Hatebreed, lâche sa fureur conjointement sur les scènes hardcore et metal. Jamey Jasta nous en dit d'où vient cette rage.

Tu as présenté ce nouvel album de Hatebreed comme étant "un vrai album crossover". C'est quoi le crossover pour toi ?
Jamey Jasta (chanteur) : C'est le parfait mélange entre le hardcore et le métal. L'alliage entre l'attitude et l'agressivité du hardcore et le son massif et percutant du metal. C'est ce qu'on a toujours essayé de faire avec Hatebreed, être le plus proche de cet objectif. Et ce nouvel album y parvient au plus près.

Quels sont selon toi les disques crossover les plus importants ?

Oh, il y en a des tas. Victim In Pain d'Agnostic Front, The Age Of Quarrel de Cro-Mags est un disque important, il a influencé quantité de groupes, de Metallica jusqu'à nous. Le premier album de Biohazard aussi. Sans oublier les premiers disques de thrash metal comme Bonded By Blood d'Exodus ou le premier Nuclear Assault. Beat The Bastards de The Exploited est aussi un bon exemple de crossover réussi. Je pense que c'est réussi lorsque le groupe parvient à attirer à ses concerts autant le public metal que celui hardcore. Le crossover a toujours évolué. Des groupes hardcore comme Earth Crisis ou Strife, puis des groupes metal comme Sepultura avec son album Chaos AD, ont entretenu ce rapprochement entre les deux styles.

Dirais-tu qu'en mélangeant les deux genres, on contribue à ce qu'ils soient toujours intéressants ?
Je ne pense pas que ce soit une volonté réfléchie. Pour nous, il n'y avait aucune chance qu'on choisisse l'un ou l'autre des styles. On était coincés entre New York et Boston, on a vu plein de concerts différents, avec des affiches vraiment variées. On ne faisait pas partie d'une scène en particulier, metal ou hardcore, on était acteurs des deux à la fois. J'ai vu autant de fois Slayer que Sick Of It All. Je pouvais aller voir Nirvana, The Exploited et Type O Negative… Tous ces groupes étaient différents, mais on les aimait avec la même passion. On n'a fait que synthétiser toutes ces influences en nous en un seul et même groupe. Et c'est sans doute pour cela qu'ensuite, avec Hatebreed, on pouvait jouer un soir avec Six Feet Under et Machine Head, et le lendemain avec Strife ou Snapcase. On jouait de la même façon. Cette ouverture musicale nous a permis de grossir notre public. C'est que permet le crossover.

Hatebreed est sans conteste le plus populaire des groupes hardcore nouvelle génération. Qu'est-ce qui vous différencie des autres ?
Disons qu'on bosse sans doute plus que les autres. On tourne plus. On va jouer partout. On fait notre truc, mais à fond. On ne refuse aucune radio, aucune télé, on va là où on nous invite, nous profitons de toutes les opportunités que nous sont données. Ce n'est pas de l'opportunisme ou du carriérisme exacerbés, mais juste notre manière à nous de propager le message positif de Hatebreed. C'est cela qui prime, le message. Forcément quand tu es partout, ta popularité augmente… et ton message est mieux diffusé. Je pense aussi que la nature même de ce message, positif comme je l'ai dit, nous pousse à aller toujours plus loin.

Hatebreed interview


Le nouvel album n'est pas de titre. Pourquoi ?
Quand tu choisis un nom pour ton album, c'est pour en décrire le contenu. Ici, il s'avère que pour la première fois, trois des membres originaux sont dans le groupe (le guitariste Wayne Lozinak qui avait quitté le groupe en 1996 est revenu cette année — ndr), donc Hatebreed semblait le meilleur choix. Ce disque est une sorte d'accomplissement pour nous. Aujourd'hui, le groupe est de plus connu, on fait désormais des tournées sous notre propre nom ; dans les festivals, nous sommes souvent en haut de l'affiche. Ce disque est une manière de pousser un peu plus loin la machine. Je pense que nous pouvons désormais accomplir de nouveaux objectifs. C'est ce que chacun doit faire dans sa vie, définir sans cesse de nouveaux objectifs. Un groupe, c'est la même chose. Tu dois toujours te dépasser, aller plus loin. Ce disque, c'est exactement ça : accomplir de nouveaux objectifs.

Les textes vont dans ce sens ?
Hé bien, ce sont des instantanés des deux dernières années de ma vie. Je n'ai pas vraiment d'ambition particulière dans mes textes, je ne sais pas pourquoi je ressens le désir d'écrire sur tel ou tel sujet, ça arrive, c'est tout. C'est aussi ça, la spontanéité du groupe, se laisser entraîner par ses sentiments et ses réflexions du moment. Il en va de même pour les autres qui, d'un riff ou dune ligne de basse, peuvent insuffler de la vie dans le groupe. Ensuite, tout ça se mêle à l'énergie que dégage les membres du groupe. Mon rôle est de parvenir à transcrire cette énergie. Ce disque dit des choses simples, que tout le monde a vécues ou ressenties, mais qui me sont arrivées ces deux dernières années. Quand tu écris un texte pour du hardcore ou du metal, je crois que vu la teneur intense de la musique te force à y mettre toute ta sincérité, qu'il s'agisse de tes émotions ou de ta rage.

Les morceaux de Hatebreed sont particulièrement agressifs. D'où vient ta colère ?
L'injustice, la plupart du temps. Mais cette colère, d'où qu'elle provienne, se doit d'être transformé en force positive. C'est le message principal du groupe. Pas mal de gens ont changé leur vision de la vie à travers les expériences qu'ils ont vécues. Chacun a besoin de ça. Hatebreed n'y coupe pas. Si la musique du groupe pouvait influencer les gens à changer leur vision de la vie, ce serait vraiment cool.

Sur la pochette, il y a encore cette inscription "Explicit Content". Tu penses que tes paroles sont dangereuses au point d'avertir le public potentiel ?
Non, ce sticker est stupide. Les gamins voudront certainement acheter le disque à cause de sticker (rires). Tout ça pour quelques "fuck". Quand tu dis fuck, c'est explicite. C'est considéré comme offensant. Dire des choses sincères et vraies peut être considéré comme dangereux. En tout cas, on n'est pas Cannibal Corpse et nos chansons ne parlent pas d'aller déterrer des corps pour les violer (rires). Ce sticker est vraiment crétin.

propos recueillis par Frank Frejnik


www.hatebreed.com