Hellbats sort un nouvel album qui apparaît différent de ce qu'il a produit jusqu'à présent. Comment le présenterais-tu ?
Elie : Avec ce nouvel album, on avait vraiment envie de faire un truc plus rock, plus brut et spontané… C’est pour cette raison qu’on a décidé d’enregistrer en live, ça colore d’emblée les prises et l’énergie est immédiate, on sent vraiment l’urgence. Je pense que One Minute Suicide est un album plus sombre que ce qu’on a pu faire par le passé, je crois pouvoir dire que ce disque dégage vraiment une ambiance particulière. On a vraiment travaillé à la cohérence du tout, de la prise de son à la pochette en passant par les paroles. J’espère simplement que les personnes qui l’écouteront seront touchées par les morceaux, les paroles…
As-tu l'impression que Hellbats a été enfermé dans un créneau qui n'était pas le sien par le passé ?
Hellbats est un groupe crossover depuis le début, j’entends par là qu’on a toujours écouté du rock’n’roll, du psychobilly, du hardcore, du black metal et qu’on a toujours mélangé toutes ses influences… On n'a jamais respecté à la lettre le cahier des charges de telle ou telle scène. Je n’ai pas l’impression d’avoir radicalement changé de style à travers les années on a toujours joué la même musique… Le propos s’est juste durci.
Quel sont les éléments qui vous ont décidé à évoluer vers un style plus metal : des groupes ? De nouvelles influences ? Une ou des rencontre(s) ? Une volonté de changement ? Un ras-le-bol ? L'excitation de la nouveauté ?
On a toujours écouté du metal… Nos racines sont plus visiblement ancrées dans la culture psychobilly et punk rock, mais on jamais craché sur le côté plus extrême…Forcément, depuis qu’on joue avec une basse, on peut exploiter d’autres sonorités… Notre rencontre avec Adrien a aussi joué un rôle important… Il vient plus de la culture metal, il est aussi guitariste (dans Hangman’s Chair et Sickbag) et il a aussi contribué à notre évolution.
Adrien : C’est vrai que quand j’ai rejoint le groupe, j’avais vraiment envie de pousser Elie et Tom à durcir un peu le ton. Perso, la musique qui me parle le plus est celle qui est sombre, violente voire malsaine, que ça soit dans les paroles, la prod, les tempos… Je pense aussi que ce qui te fait penser qu’Hellbats a tourné plus métal est que sans la contrebasse tout le côté psycho est vraiment estompé, mais je peux te garantir que les influences sont là et qu’on les entends à plus d’un instant dans notre nouvel album. Ce que j’aimais dans Hellbats avant de rejoindre le groupe c’était avant tout le mélange qu’ils faisaient, comme dit Elie plus haut c’était déjà crossover, écoute une chanson comme "Where Is The Wolf" sur le Dark’n’Mighty, les riffs sont ultra thrashy mais la manière d’aborder la section rythmique donnait cette couleur PsychoBilly… Je ne voulais pas arriver et tout faire tourner au metal bête et méchant (même si j’adore ça aussi).
Enfin, je pense que fatalement depuis les débuts du groupe les influences se sont élargies, rien n’a été remplacé, on a juste ajouté un certain nombre de groupes à notre discothèque et quand tu fais de la musique et que tu écoutes un peu tout, à un moment t’as envie de tout jouer, ou presque…
Que signifie le titre du nouvel album : One Minute Suicide ? Ce titre tranche aussi avec les précédents qui étaient tous construits sur la même formule (Fast‘n’Heavy, Dark’n’Mighty, Unlashed’n’Alive). Encore une volonté de casser le moule ? Un nouveau départ ?
Elie : C’est la fin de notre trilogie, on avait envie de passer à autre chose… Dès le départ, avant même de composer, on savait qu’on n’allait pas avoir un titre d’album sur le même modèle que les précédents. Ce qui a vraiment été décisif c’est quand on a écouté le résultat de l’enregistrement au studio, on s’est rendu compte que le tout était très brut, assez sobre, pas tapageur ou putassier pour un sous et surtout ultra cohérent (grâce notamment à Francis Caste) et on s’est dit qu’il fallait absolument conserver ce qu’on percevait comme une qualité de ce disque : la sobriété et la cohérence. C’est aussi pour ça qu’on a fait le choix de changer d’univers visuel, de logo et Thomas Meyrial nous a vraiment fait un beau cadeau, c’était pas évident, on eu du mal à se décider et il nous a suivi jusqu’au bout. On voulait vraiment que la pochette soit à l’image de la musique, on voulait que ça annonce la couleur d’emblée, qu’elle ne laisse aucun doute sur nos intentions.
Penses-tu qu'avec le style actuel de Hellbats, plus contemporain et probablement plus varié, vous pouvez mieux exprimer vos sentiments et vos envies à travers la musique ?
Elie : Non, on s’était déjà mis à nu sur Dark’n’Mighty avec Nico (l'ancien bassiste du groupe décédé dans des circonstances tragiques — ndr). C’est juste différent à chaque disque, les années passant on s’exprime peut-être plus librement…
De quoi causent les textes du nouvel album ? Avec le temps, penses-tu avoir évolué aussi dans ton écriture, le choix des sujets abordés et leur sens ?
Elie : Je pense que les textes sont plus importants, plus “vrais” et mieux construits que sur nos précédentes réalisations. Encore une fois, il s’est trouvé quand l’album a été bouclé, que One Minute Suicide a une vraie cohérence, tant d’un morceau à l’autre que dans le tracklisting, ce n’est pas un enchaînement de textes gratuits balancés dans n’importe quel sens.
En fait c’est intéressant parce qu’on a rien laissé au hasard musicalement, mais on s’est rendu compte que les textes marchaient vraiment bien entre eux, ça s’est fait comme ça et rétrospectivement on se dit qu’on aimerait que l’album soit écouté d’une traite… Rien de bien original mais c’est très viscéral, il y’a comme un cycle.
Adrien : Tu sais, dans les paroles d’un groupe comme Hellbats, qui n’est pas un groupe revendicatif, qui n’est pas ancré dans la société et ses débats, les sujets des textes sont rarement choisis, on parle juste de ce qu’on connaît, de ce qu’on ressent. Je ne dirais même pas de ce qu’on ressent face au monde, mais juste face à ce qu’on vit et avec qui on le vit. Le propos est méprisant, rageur et plein de dépit mais il n’est pas pensé comme ça, il s’est imposé tout seul.
Quel est le titre de l'album qui te semble le plus emblématique de l'ensemble, celui qui résume le mieux l'ambiance et le style général du disque ? Pourquoi un tel choix ?
Elie : "Solitary" ! C’est probablement le titre le plus mélancolique et le plus violent à la fois qu’on ait jamais écrit, tant dans la musique que dans les paroles…C’est un de ces morceaux de l’album qu’on a vraiment composé tous ensemble, de la première à la dernière note. On a d’ailleurs hésité à l’utiliser comme titre de l’album mais One Minute Suicide était plus direct et correspondait plus à la couleur qu’on voulait renvoyer. C’est également celui qui s’écarte le plus de nos précédents albums…
Adrien : En ce qui me concerne, je dirais soit "One Minute Suicide" soit "Frogs". Le morceau éponyme pour son côté complètement crossover, en plein dans ce que je voulais pouvoir jouer avec Hellbats, ultra Rock mais vraiment passé au travers de toutes ces influences Noise et Metal qu’on a depuis quelques années. Et Frogs surtout pour ses paroles qui sont sans détour, sans subtilité et le chant d’Elie sur cette chanson les met vraiment en valeur.
Vous restez fidèle au format trio. En quoi est-il le type de formation idéale pour vous ?
Elie : Pour moi le trio c’est de l’énergie pure, tu te caches derrière personne et tu donnes tout ce que tu as… Je trouve que ce format nous correspond parfaitement, ça permet d’aller à l’essentiel.
Le disque sort aussi en version vinyle via Productions Impossible records. Le vinyle semble plus que jamais avoir retrouvé de l'intérêt auprès du public. A quoi penses-tu que cela est-il dû ?
Elie : J’ai l’impression que le monde est divisé en deux : d’un côté il y a ceux qui consomment la musique en essayant d’avoir le plus de morceaux sur leur iPod et le plus d’amis sur MySpace et de l’autre il y a les puristes, ceux qui attachent encore de l’importance à la pochette, aux paroles, aux crédits, à l’objet tout simplement… Pour moi, le vinyle est un objet noble que tu peux collectionner, tu te rappelles de l’endroit où tu l’as acheté, avec qui tu étais ce jour là… Mes vinyles ont tous une histoire… Je trouve le mp3 trop impersonnel.
Un nouvel album, ça veut dire des dates à la clé. A quoi ressemble Hellbats sur scène ? Donne moi une définition qui me donne envie d'aller vous voir ?
Elie : Quand on monte sur scène, on est en colère, on est des terroristes… Si au bout de deux morceaux les gens ne sont toujours pas avec nous, tant pis pour eux, sur scène on fait notre truc à fond, on crache tout et basta.
Adrien : Personnellement, quand je monte sur scène je veux que les gens pensent que j’en veux à leur vie.
http://www.myspace.com/hellbatsofficiel










