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Posté le Samedi, 24 Octobre 2009

Mademoiselle K

Au moment où sort son premier album live (cd/dvd le 5 octobre dans les bacs), portrait de Katerine chanteuse, guitariste et également auteur-compositrice du groupe Mademoiselle K. En pleine composition du troisième album studio (qui devrait paraître fin 2010), elle nous parle de sa volonté de faire cohabiter mélodies pop et rock ambitieux, à l’image de ces deux références David Bowie et Thom Yorke.

Qu’est ce qui t’a donné envie de faire de la musique ?
J’ai toujours été attiré par les musiciens… Dès que je voyais quelqu’un jouer d’un instrument, j’étais scotchée, captivée. J’ai toujours aimé les showmen et eu envie de faire le spectacle. Toute petite, j’adorais imiter Michael Jackson (rires)

Pourquoi avoir choisi la guitare ?
Au départ, je voulais faire du piano, mais mes parents n’avaient pas les moyens, donc je me suis tourné vers la guitare… Finalement je ne regrette pas, c’est plus facile à transporter (rires). C’est rapidement devenu mon instrument de prédilection, bien avant le chant d’ailleurs.

Quels guitaristes t’ont donné envie de jouer de la guitare, et quels chanteurs (ou chanteuses) t’ont donné envie de chanter?
D’abord, les vieux bluesmen comme Muddy Waters ou B.B. King, le côté exutoire sur trois accords, le dialogue guitare-voix… Tout de suite, ça m’a plu. Puis, Nina Simone que j’avais vue à l’Olympia avec ma mère. Ensuite, il y a eu Janis Joplin, Jeff Buckley, Freddy Mercury, Tom Yorke de Radiohead et encore plus tard, David Bowie et Jimi Hendrix… Finalement, beaucoup de chanteur-guitariste ou pianiste.

Sur quels disques as-tu fait tes gammes ?
Le premier truc à la guitare, c’était “Stairway to Heaven” de Led Zeppelin que m’a appris mon cousin… Mais à l’époque je ne l’avais encore jamais entendu ! Ensuite le premier titre que j’ai appris guitare-voix, c’était “Creep” de Radiohead

Parallèlement à la sortie du live, tu es en train de préparer le troisième album studio, peux-tu nous en parler ?
Pour le prochain album, j’ai recommencé à composer toute seule, et je me suis imposé une certaine rigueur. Je veux que quelle que soit la complexité dans laquelle va aller le titre, la chanson fonctionne déjà dès le départ juste en “guitare-voix”. C’est seulement ensuite qu’on travaillera les titres en groupe pour les arranger, les déstructurer, quitte à tout changer. Mais il faut qu’au préalable, la base de la compo soit efficace, simplement avec une guitare et une voix. Je ne veux pas refaire ce que nous avions fait sur l’album précédent où les instrumentaux composés ensemble ont inspiré les textes et où on s’est un peu perdu dans un trip de musiciens… Sur le prochain album, je ne veux plus qu’on fasse les choses à moitié… Si on décide de faire un titre pop, qu’il soit vraiment pop, vraiment simple. Si on fait un titre rock, qu’il soit vraiment rock… Finalement, ce n’est pas si facile de faire des chansons simples avec de belles mélodies.

Est-ce que le matériel est important pour toi ?

Oui, car c’est également le son de l’album qui fera la différence par rapport aux autres, et que cela ne ressemblera pas à de la chanson française comme on en faisait il y a 50 ans. En France, on ne considère pas assez que le son et la production font partie intégrante de la personnalité d’un groupe.


Sur quelle guitare as-tu commencé ?
D’abord une guitare classique, cordes nylon. Puis une folk, une Martin. Ma première guitare électrique était une Fender Télécaster, puis j’ai trouvé une vieille Fender Jazzmaster d’époque et j’en suis tombé amoureuse.

Sur quel matériel joues-tu ?
Pour les guitares, toujours ma vieille Jazzmaster que j’adore. Ainsi que sur le modèle Elvis Costello et sur une Guild Starfire. Pour les amplis, j’utilise un Vox JMI, un Fender Bassman et un Orange.

Quelles sont tes influences non musicales ?
J’adore Prévert qui, avec peu de mots, exprime l’essentiel. Comme écrivains, je dirais Haruki Murakami, André Gide… et Boris Vian que je trouve toujours aussi moderne.

Qu’est ce qui t’a donné envie d’écrire des textes ?
Simplement le fait d'avoir des trucs à dire… Il y a aussi un peu une tradition du côté de ma famille maternelle où tout le monde était fan de poésie. Ma mère en lisait beaucoup et je revois encore ma grand-mère récitant des poèmes polonais… Il y a vraiment une sensibilité familiale par rapport aux mots et à la poésie en particulier.

Quel est ton meilleur souvenir de scène ?
En août 2006, à Colmar en première partie de Placebo. C’était un mois avant la sortie de notre premier album et on n’avait encore fait qu’un seul festival, juste une semaine avant... Et là on s’est retrouvé devant 10000 personnes ! Les gens ont été super, vraiment chauds et sur le final, ils se sont tous levés, ils étaient à fond ! Je m’en souviendrai toute ma vie…

Et ton pire souvenir?

Je n’ai pas de pire souvenir… Peut-être la fois à la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand, j’avais la crève et la voix détruite, j’ai vraiment eu du mal à finir le set… En fait, on était venu deux ans avant dans la petite salle et le concert avait été génial, un super contact avec les gens, vraiment un bon souvenir. Donc on se faisait une joie de revenir dans la grande salle… j’ai donc été vraiment dégoûtée de ne pas pouvoir faire le concert correctement…

Un conseil pour les apprenties rockeuses?

Si elles font de la guitare, je leur conseillerais déjà de travailler beaucoup. Pour le reste, ce serait de faire attention aux clichés, de rester soi-même, de ne pas avoir peur de faire son propre truc. Pour moi, le rock c’est une énergie, une manière d’être vrai, honnête et sincère.

propos recueillis par Stef chanmar

www.mademoisellek.fr/

Interview publiée initialement
dans Addictif #4