Pourquoi avoir choisi d'utiliser des instruments plutôt que des machines ?
Ludo (co-leader et percussionniste) : Depuis la création du groupe, nous développons la "Natural Trance", un style de techno acoustique live qui s'inspire à la fois des musiques électroniques et des sonorités ethniques. Avant tout, nous sommes musiciens et donc il est normal qu'on opte pour les instruments plus que pour les machines. En interprétant des sons provenant de machines avec nos instrus, on surfe sur la vague des musiques contemporaines tout en gardant une identité ethnique. C'est cette fusion du moderne et de l'ancestral qui définit la "Natural Trance".
Les "rockers" n'ont jamais considérer l'électro comme de la vraie musique parce qu'elle n'était pas interprétée live. Que pensent de vous les rockers étant donné que vous jouez de la transe avec des instruments ?
Lorsque le groupe est en tournée, nous avons la chance de jouer dans des festivals qui réunissent tous les styles. Souvent les autres groupes se demandent si on utilise des séquenceurs ou des “loops” sur scène. Ils sont alors surpris de constater que tout est joué live et en temps réel. Nous préparons actuellement la sortie de notre clip live qui illustre bien comment le groupe évolue sur scène !
Vous avez beaucoup voyagé.
Y a-t-il des réactions différentes selon les pays ?
On est toujours heureux de pouvoir voyager, rencontrer de nouveaux amis et découvrir des cultures et des paysages différents. Ce qui nous surprend, c'est la facilité qu'ont les différents publics du monde à comprendre et danser la "Natural Trance". Cela dit, durant nos voyages, il nous est arrivé de voir des phénomènes étonnants. Dans l'état de New York (USA), on a eu droit à une farandole ; en Inde, dans la rue, la "Natural Trance" peut provoquer des mouvements de foule... si on ne s'arrête pas à temps ; en Irlande, le public semble connaître les pas de danse de chaque style : psytrance, drum'n'bass, dub, sur le bout des pieds. En Russie et dans les pays de l'Est, on sent que les danseurs n'attendent qu'une chose : se libérer du poids des autorités et des conventions. Mais partout dans le monde le public a été excellent et la Tribe s'efforce de lui rendre 100% d'énergie et de positive vibes !
Y a-t-il des pays où vous n'êtes pas encore allés et qui vous tentent ?
Tu parles peut-être du Honu Festival de l'Eclipse aux Iles de Paques qui aura lieu en juillet 2010 ? Du Sahraoui Festival de Tombouctou (Mali), du Burning Man (Nevada) ou du Womad Festival en Nouvelle-Zélande ? Il y a toujours des pays que l'on voudrait découvrir, ou l'échange peut être magique et changer notre vie. Cette année, nous sommes déjà reconnaissants d'avoir joué en Autriche, en Russie (Moscou) et bientôt en Grèce (Aurora Festival).
Il y a le mot "tribe" (tribu) dans votre nom. Est-ce le son du mot qui vous plaisait ou avez-vous réellement adopté le style de vie d'une tribu ?
Lorsque le groupe s'est retrouvé assigné à résidence en haut d'une montagne des Iles Baléares en 1998, lors de l'enregistrement de Maha-Wave, notre premier album, nous sommes passés de l'appellation de Hilight à Hilight Tribe. Cela impliquait une vie en commun, chaque élément du groupe avait sa fonction qui complétait l'autre. Tout en restant interdépendants, on a voyagé et vécu dans les mêmes endroits. Les enregistrements ou les live ont parfois mis notre endurance à l'épreuve, mais on a toujours opté pour l'action groupée et le “team work” ! Aujourd'hui, cette tribe s'est agrandie, et nous retrouvons à chaque étape de notre chemin des groupes d'individus qui font bouger les choses. Quand les minorités s'assemblent, on a l'impression d'être une grande famille dont les choix peuvent contribuer à des changements sur cette planète.
Vous êtes 100% autoproduits, est-ce par nécessité ou par volonté ?
C'était une volonté de travailler avec Kosmik Hoboes car ils représentent l'esprit “travellers” des années 70. D'autres labels nous auraient peut être forcé à jouer une musique plus commerciale et on ne voulait pas se retrouver coincés par une major. C’est dans un esprit de liberté et de "kiffance" qu’on a pu enregistrer nos six albums. C’est en uniformisant toutes les musiques que l'on perd la richesse et la diversité, c'est ce qu'on pourrait reprocher à Universal et ses acolytes ! Maintenant, même si un label est indépendant, il est nécessaire à un groupe puisqu'il va le guider et lui permettre d'envoyer son message et propager ses ondes.
Vous considérez-vous comme un groupe psychédélique ?
Beaucoup de jeunes de notre génération sont nés à la suite des années psychédéliques et de l'époque des hippies. Certaines personnes ont su préserver cette culture et ce mode de vie à travers les années. Woodstock reste dans l'esprit de beaucoup de personnes un évènement qui marqua le début d'un courant qui, jusqu'à aujourd'hui, continue d’évoluer sous des formes nouvelles. On a eu pour tuteurs des voyageurs, soixante-huitards et autres babas qui nous ont guidés et aidés à franchir certains obstacles que leur génération n'a pas toujours su éviter. A présent, on est dans un courant qui s'appelle "Natural Trance" mais au-delà des appellations, on continue de jouer une musique psychédélique qui, par voie de contamination, engendre la libre-pensée !
Est-il nécessaire de prendre des substances pour apprécier pleinement votre musique ?
Il est surtout nécessaire de s'armer de "positive energy" et d'utiliser la musique pour dissiper nos problèmes. Les sons, les rythmes et les lumières accompagnés de la foule font le reste en créant une alchimie qui peut modifier notre état de perception et de conscience. C'est ce qu'on peut appeler “tripper naturellement” !
Hormis la trance, êtes-vous intéressés par d'autres courants électroniques ?
On est toujours ouverts à divers styles électroniques allant de la drum’n’bass au dub, de la hardtek à l'électro world. Ce qui nous plait aussi c'est d'essayer de reproduire ces styles lors de nos sessions acoustiques. La Tribe s'est souvent retrouvée dans des évènements avec des artistes tels que Crystal Distortion ou Jeff Mills... C'est toujours un défi de jouer après de tels phénomènes ! On aimait bien l'époque où il y avait plusieurs dancefloors dans une teuf, ce qui permettait d'apprécier des styles complètement différents tels que la deep house, la drum ou le hardcore ! À présent, on nous fait souvent passer en derniers dans les festivals, c'est à cette heure là que les teufeurs apparaissent et submergent le dancefloor. C'est une chance qu'une grande partie de notre public fasse partie de la mouvance électronique.










