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Posté le Samedi, 07 Novembre 2009

Dirty Fonzy

Il se passe des choses dans les petits patelins du sud ! Les Dirty Fonzy le savent bien, ils y sont pour beaucoup ! Dans ton petit bar, ta salle des fête ou même les gros festivals, ils sont partout. Pour encore enfoncer le clou, ils sortent un album acoustique ! Angelo Papas, chanteur guitariste du groupe nous raconte la génèse de Playing Folk Songs, juste avant de partir sur la route avec leur guitares folk sous le bras.

Vous venez de sortir un album acoustique ? C?'est à cause de l'âge ou juste une envie passagère ?
Angelo Papas : Ce projet a commencé il y a environ deux ans quand plusieurs organisateurs (Fabrice Jour de fête, Ludo Garorock, l'équipe de L'oxygène Pour les Oreilles) nous ont proposé de faire un concert acoustique en plus des concerts électriques. On a été un peu surpris au début, les premières sessions étaient vraiment très à l'arrache, mais les gens qui nous nous ont vu nous ont tous dit de continuer cette version. On s'est pris au jeu et petit à petit on a amélioré la formule pour ensuite la graver sur un disque. L'enregistrement s'est étalé sur un an, pendant la tournée Here We Go Again. On a enregistré nous-mêmes au local de répète, sur la route, dans des loges de salles de concerts, dans divers lieux... pour ensuite le faire mixer au Warm Audio à Lyon. C'était vraiment sympa de faire le truc nous-mêmes, sans trop savoir ce que ça allait donner. Cette aventure acoustique nous a sorti du quotidien et ça fait du bien !!

Cette tournée que vous engagez est uniquement acoustique ou vous autorisez-vous à rebrancher les amplis le temps d’un ou deux concerts ?
On ne fait jamais les choses à moitié. Donc sur les mois qui viennent ça sera uniquement des concerts acoustiques. On a préparé le set en conséquence, et je pense que l'on va surprendre pas mal de gens...

Vous comptez rester dans ce registre ou on peut s'attendre à ce que vous refassiez péter le jus ?
Cette période acoustique va sans doute nous faire progresser dans plein de domaines et nous amener pas mal de chose au niveau créatif. Chaque projet que nous menons a forcément un impact sur notre musique, on essaye de se nourrir de toutes les expériences que l'on vit. Il y a 3 ans La tournée Dirty Babylon Breaker nous a amené pas mal de choses qui sont ressorties sur l'album Here We Go Again. Cet album acoustique aura lui aussi je pense de l'influence sur nos prochaines sessions, pas forcément dans le son mais surtout dans la manière d'envisager les compositions. Le prochain album sera électrique, on est déjà en train de le composer !

Qu'est ce qui vous rapproche du label Dirty Witch ? Pourquoi sortir cet album chez eux plutôt qu'en autoprod ?
Le mot Dirty !! ok c'est facile. Le catalogue des groupes de Dirty Witch Records est vraiment cohérent, on est fan de tous les groupes (Anita, ISP, Bad Chickens...). Lolo du label est un mec qui bosse bien honnête, avec qui on a passé de supers moments. Ca fait déjà pas mal de choses pour vouloir être sur son label. Le travail en équipe est toujours plus efficace, Dirty Witch s'occupe de tout un tas de truc dont nous n'avons pas du tout le temps de faire et notamment la promo. D'ailleurs si on fait cette interview s'est grâce à Lolo.


Qu?elle est votre plus beau moment de rock'n'roll ?

On commence a en avoir pas mal, mais dans les plus récent il y a la date à Bayonne avec Bad Chickens où nous sommes tombés sur une bande de Freaks bourrés défoncés qui ont faits n'importe quoi toute la nuit. Et la date avec NOFX au printemps dernier à Toulouse. Un super concert de Dirty Fonzy devant 3000 personnes et une super after avec Fat Mike jusqu'à 5h00 du mat, dont je ne peux pas donner beaucoup plus de détails...

Vous avez joué au Maroc, peu de groupes y jouent, comment ça s'est passé ?
Le Maroc fut une expérience assez hallucinante pour nous. On y est allé deux fois pour jouer dans un gros festival devant plus de 15000 personnes. On était toute une équipe française avec High Tone, Birdy Nam Nam... et ça a été vraiment exceptionnel. Il y a vraiment beaucoup de public rock là-bas, plus que ce que l'on imaginait. Il sont à fond de NOFX, Rancid.. et surtout de gros métal type Gojira, Slipknot, Slayer...
Il commence à y avoir des groupes qui se forment, mais ils ont encore de gros problèmes pour pouvoir faire des concerts car il n'y a pas de lieux pour cela. C'est un pays super jeune, qui est tourné à fond vers le monde occidental et le capitalisme, ça créé une ambiance assez bizarre entre pays du tiers monde et ultra capitalisme. Il y a d'énormes différences de niveau de vie. Le métal, le punk et autres... c'est le moyen pour les jeunes de là-bas de se démarquer du système traditionnel conservateur de leur pays, c'est aussi le symbole de la société occidentale avec tous les défauts que cela peut avoir aussi. Mais en tout cas l'accueil qui nous a été réservé là-bas était incroyable.

Vous jouez malgré tout assez peu à l'étranger, malgré vos textes en anglais, est-ce que cela vous manque ?
Bien sûr que l'on aimerait sortir plus souvent des frontières, mais le temps nous manque un peu. Et surtout il faut quelqu'un pour organiser tout ça et nous n'avons ni manager ni tourneur, donc ça prend un peu plus de temps ! Mais on ne peut s'en prendre qu' à nous même.

Le chant en anglais, c’est important ou c'est comme pour pas mal de groupe, vous ne vous sentez pas de jouer des chansons en français ?
Bien sûr que c'est important ça fait partie de l'identité du groupe. Le chant n'est pas anecdotique, c'est la première chose que les gens entendent. Notre culture musicale est anglosaxonne en grande majorité, et nous nous retrouvons pleinement dans les sonorité du chant en anglais pour Dirty Fonzy. On ne fait pas les choix par défaut mais plutôt parce que les choses nous intéressent. D'ailleurs on a déjà eu des groupes qui chantaient en français : Nico avec Légitime Défonde, Dirty Babylon Breaker, ou Midier et moi-même dans 4°7 mais l'écriture n'était pas du niveau de Leg Def !!!


Vous passez beaucoup de temps sur la route et sortez maintenant des disques à un rythme plutôt soutenu, pour vous la musique c’est plutôt en professionnel ou en amateur ?
C'est du plein temps et on ne fait que ça. C'est un choix, on n'a pas envie de faire autre chose. La musique c'est notre vie, notre passion et notre activité professionnelle. C'est plutôt cool. Des boulots de merde, on en a tous fait, suffisamment pour ne pas avoir envie de bosser 35H00 pour 900 euros dans un taf ou tu finis alcoolique dépressif tellement tu te fais chier. On a choisi de faire ce que l'on fait de mieux : du rock'n roll ! Du coup, vu que l'on a pas "Papa Maman" pour nous payer des apparts et nous faire vivre on se démerde pour gagner notre vie avec ça. C'est pas facile, on a passé pas mal de temps au RMI et ça oblige parfois à trouver des solutions alternatives. On a même payé la prod de notre premier album en vendant de l'herbe !! On se plaint pas. En plus du groupe, on est investi dans divers projets culturels et musicaux. Midier, Dadé et moi-même sommes investis à fond dans Pollux Asso qui gère une programmation musiques actuelles à Albi.

C'est quoi être punk aujourd'hui ? Est-ce que vous pensez que votre point de vue diffère de la nouvelle génération ?
Etre punk, c'est bien plus qu'un style de musique. C'est un état d'esprit, une façon de vivre au quotidien, de faire ses choix de vie. Etre punk, c'est avoir un esprit critique sur le monde qui nous entoure, c'est être réaliste le plus possible et ne pas tomber toujours dans la facilité. Ce qui implique bien souvent d'être assez radical par rapport à plein de chose. Pour moi, le punk a toujours été un mouvement dans lequel je trouve du respect, de l'énergie, des idées nouvelles et l'esprit de contradiction. Ensuite dans le détail, tous le monde à sa définition du punk rock. Mais le punk ce n'est pas seulement un groupe avec un son pourri et des gars qui boivent des bières sur un parking avec 15 chiens qui aboient autour, même si ça en fait partie...

Voudriez-vous que le punk rock soit une musique qui ait plus de reconnaissance de la part du grand public et des médias, ou vous préférez qu'?il reste préservé par une diffusion plus confidentielle ?
Le punk est un mouvement qui trouve son essence dans le fait qu'il représente une minorité qui revendique des choses par rapport à une majorité établie. Je crois que la réponse est claire. Au niveau musical, que Green day touche un large public et que ça expose le style musical punk à un plus large public, c'est forcément un bonus pour le style en général, mais la musique reste un business donc il faut prendre tout ça avec beaucoup de recul.

Propos receuillis par Yoshi


www.dirtyfonzy.com