Addictif R.I.P.
cerebral Ballzy
Hellfest 2011
Welt TurboJugend Tage
Goeland-TV
 
 
Addictif Facebook
 
This Is My Fest
 
 
Samiam
 
 
Title Fight
 
Posté le Mardi, 17 Novembre 2009

Mass Hysteria

A la fois décrié et adulé, un temps désavoué par les siens pour cause de faux pas discographique, le groupe metal parisien sort un sixième album, Failles, qui renoue clairement avec son style et son attitude musicale d'origine. Le guitariste Yan dit tout.

Quel est le plus grand malentendu à propos de Mass ?
Yan (guitare) : On nous a souvent catalogué comme un groupe néo-metal. Lorsqu'on a démarré le groupe, on était plus influencé par Prong et Helmet que par Korn ou Limp Bizkit. Mais on a laissé dire. De toute façon, tu ne peux pas contrôler ce qu'on dit sur toi. Personnellement, ce qui me fait le plus de mal, moi qui écoute du death metal depuis que j'ai treize ans, c'est que le public metal, qui ne nous aime pas, ne fait pas d'effort, il reste sur un à priori négatif en ce qui nous concerne. Par exemple, celui qu'on n'est pas, ou plus, un groupe metal parce qu'on joue dans des festivals où sont programmés des groupes non metal. C'est vrai qu'à une certaine époque, on a beaucoup joué dans de gros festivals. Mais c'était avant tout parce qu'on vendait suffisamment de disques pour être susceptibles d'attirer du monde.

A ton avis, qu'a apporté le groupe au metal ?
Je ne sais pas. C'est difficile de répondre. Quand tu vends un peu de disques, ce que tu peux espérer apporter au genre dont tu fais partie, c'est du public, ou plutôt du sang neuf dans le public. Quand un groupe marche bien, il attire souvent un public plus jeune qui, peut-être, découvrira et s'intéressera à d'autres groupes de cette scène. En jouant dans des festivals à la programmation variée, qui attirent donc un public plus large, tu fais découvrir le metal à des oreilles innocentes. D'ailleurs, les gens nous disent souvent qu'ils ont découvert le metal grâce à Mass Hysteria… Peut-être aussi parce que notre formule était moins extrême, ou que le chant n'était justement pas connoté "metal"…

La marque de fabrique de Mass Hysteria, c'est cette rythmique martiale, bétonnée aux gros riffs. Comment ne pas se répéter lorsqu'on utilise toujours la même formule ?
Je suis assez difficile avec mes riffs. Pour Failles, j'avais emmagasiné quelque 120 riffs, pour n'en garder qu'une vingtaine au final. Je crois que le secret pour ne pas te répéter, c'est d'être exigeant avec ta formule, ne pas te laisser distraire. Si tu finis par tourner en rond avec tes riffs, c'est qu'ils ne sont plus bons. Pour moi, un riff, on doit le retenir, il doit inspirer le groove et surtout faire l'unanimité dans le groupe, etc…


Quand on a un style bien défini, peut-on encore être influencé par d'autres groupes ou d'autres styles ?
Avec le temps, sans être prétentieux, je crois qu'on finit par s'auto-influencer. On a établi des règles bien précises de ce qu'est Mass Hysteria, on essaie donc de s'y tenir du mieux que l'on peut sans se priver non plus d'éventuelles expérimentations. Cela dit, lorsqu'on a voulu s'influencer d'autres sons, on s'est complètement planté. Tu t'ouvres un peu, tu écoutes Muse, tu trouves ça bien et tu finis par t'en inspirer pour tes chansons… et tu fais l'album noir (sourire) (album éponyme sorti en 2005 — Ndr). Ce disque ne nous ressemblait pas. Mais je ne le regrette pas. C'est une expérience, malheureuse certes, mais une expérience qui nous a servis. Je reste persuadé que si le producteur avait su le faire, cet album aurait eu une autre destinée. Pour l'anecdote, il se trouve que le producteur avec qui on a travaillé était l'homonyme de celui qu'on voulait. Il nous a convaincus qu'il pouvait le faire, on lui a laissé sa chance, et on s'est planté. Au final, on s'en est pris plein la gueule, les gens ne nous ont jamais autant critiqués que sur ce disque.

Comment avez-vous abordé Failles le nouvel album ?
Comme le dernier, en se posant le moins de questions possibles. Genre : "de toute façon, on n'a rien à perdre". Notre entourage dit que c'est le disque le plus metal qu'on ait fait. Ça, ça me plaît bien ! J'en suis content parce qu'on renoue avec l'esprit de Contraddiction, autant dans les morceaux que dans la voix de Mouss.

Comment décrirais-tu la teneur des textes de Mass ?
C'est la partie de Mouss. Il amène ses trucs. On en dit ce qu'on pense. Je prends la voix comme un instrument, je fais donc plus attention au son, aux intonations, au timbre qu'au sens des mots et des phrases. Mais j'aime particulièrement quand il fait de l'introspection, quand il parle de lui, qu'il évoque ses sentiments profonds — et il y en a plein dans ce disque —, je suis fan.

De quoi es-tu le plus satisfait dans ce nouveau disque ?

Notre entourage nous dit que c'est le disque le plus metal qu'on est fait. Ça me plaît bien. Mouss a apporté un grain à sa voix qui rappelle Contradiction. J'en suis content.

Le marché du disque a évolué, entraînant une remise en cause du fonctionnement des groupes. Comment Mass Hysteria s'est adapté à cette nouvelle situation ?

On a dû vendre à peu près 50000 exemplaires de nos albums Contraddiction et Cercle en Cercle. Le dernier, Une Somme de Détails, qui est sorti en 2007, on en a vendu "seulement" 15000. Mais nous dit que c'est un score mortel ! Alors, oui, le marché à changé. Notre avantage, c'est qu'on a une bonne réputation scénique et un public fidèle. Ça nous permet de faire encore pas mal de concerts. Sur Une Somme De Détails, on a dû faire plus de 100 concerts. Sans ces concerts, sans le public qui nous suit, je ne sais pas si on continuerait puisqu'on ne vit que des concerts, et pas des ventes de disques. Mais c'est le symbole du disque qui a changé aujourd'hui. Ce n'est plus qu'un produit d'appel pour ta tournée.


N'est-ce pas frustrant de créer de nouveaux morceaux quand tout le public demande de jouer des anciens ?

Dans ta carrière, tu as toujours un ou deux titres "phares" qui te collent au train. Nous, c'est "Furia". Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, on n'est pas blasés de les jouer, quand on voit ce qu'ils déclenchent dans la fosse, on se prends au jeu. C'est formidable de déclencher autant d'énergie. On finit par s'en nourrir. Même si on joue certains morceaux depuis 12 ou 13 ans, le résultat reste toujours le même. C'est plutôt cool.

Comment s'était d'ouvrir pour Metallica ? Ton héros étant James Hetfield…
Un des plus beaux jours de ma carrière. Ma plus grosse frustration aussi, de ne pas avoir pu les côtoyer. Depuis que j'ai dix ans, je suis fan de James Hetfield. Si je joue de ma guitare super bas, c'est un peu à cause de lui. Je les aie rencontré plein de fois à des soirées ou des dédicaces… Mais là, je joue avec et on n'a pas pu se dire un seul mot. Ils sont à un autre niveau. Tu vois passer Hetfield dans les couloirs, et tu peux pas lui parler. C'est frustrant. Je sais qu'il a vu deux morceaux de Mass. Le concert fût cool.

Presque à la même période, vous avez ouvert pour Limp Bizkit.
Deux jours avant d'ouvrir pour Metallica, le promoteur du concert de Limp Bizkit à Paris nous appelle pour faire la première partie parce qu'il n'y en avait pas. On a dit oui tout de suite. Ça nous faisait une bonne chauffe pour Metallica. On s'est moins inquiété d'ouvrir pour Limp Bizit, car on a le même public. Metallica, on a eu un peu plus peur, surtout que les billets avaient été vendu avec le nom de Lamb Of God dessus. Mais on a fait notre truc, c'était magique. Impressionnant.

www.masshysteria.fr