Comment était votre dernière tournée en France ?
René (guitariste-chanteur) : La dernière tournée en France a eu lieu en novembre, c'était super ! Comme d'habitude, je pourrais dire. La réponse du public français a toujours été meilleure qu'en Hollande pour Cooper, même si notre ville natale, La Hague, est devenu un super endroit pour nous au fil des années.
Une histoire marrante à raconter qui s'est passé sur cette tournée ?
Hum… Lorsqu'on est arrivé à l'endroit où nous devions rester à La Rochelle, l'appart de Nico des groupes Over The Top et Down To Earth, j'ai voulu laver nos t-shirts blancs dans la machine à laver. Quand j'ai eu fini de la remplir, j'ai mal fermé la machine. Les t-shirts se sont coincés dès que le tambour s'est mis à tourner et on n'a perdu nos t-shirts. Tout ça dans les 5 minutes après notre arrivée. Tout le monde a trouvé ça très drôle, mais moi, j'étais terriblement embarré.
C'est une histoire d'amour entre Cooper et la France. Vous avez sorti pas mal de disques sur des labels français dans le passé, et aujourd'hui, votre dernier album sort sur Kicking records (Kung Fu Records pour le reste du monde). Comment tout à commencé ?
Oui, tu l'as dit, c'est une histoire d'amour. C'est Forest Pookie qui a filé notre disque à Cu! de Kicking Records, et après un moment, j'ai reçu un email de sa part me disant qu'il aimerait bien sortir Right Now! en France. Pas besoin de te dire que nous avons été ravis de sa proposition. Dans le passé, en 1997 je crois, nous avons sorti un split CD avec Shaggy Hound sur Lollipop Records… L'affaire s'était d'ailleurs déroulé presque de la même manière, Frank, le chanteur-guitariste de Shaggy Hound, avait proposé au label cette idée de split. On était venu jouer en France pour promouvoir le disque. Mais je crois que la première fois qu'on est venu jouer en France, ça devait être en 1995, on accompagnait Fugazi. Récemment, on a aussi participé à la compilation Nineties de Yr Letter Records grâce à Nico de Down To Earth qui nous a mis sur le coup (et tout ce que j'ai fait pour lui, c'est de lui flinguer sa machine à laver)… Nous aimons venir jouer en France.
J'étais à vos deux derniers concerts parisiens (@ Le Rocher l'année passée, et @ La Miroiterie en 2009), c'était de petits concerts, dans des lieux un peu miteux. Vu que vous avez ouvert pour The Offspring et Social Distortion dans toute l'Europe, ça doit vous faire drôle. Jamais déçu ?
Nous jouons partout. On se fout de la taille de l'endroit où on va jouer, grand ou petit, sale ou propre. Aussi longtemps qu'il y aura des gens qui apprécient ce que nous faisons, nous viendrons jouer. En plus, pour être tout à fait honnête, les concerts les plus mémorables de Cooper ont eut lieu dans des endroits vraiment miteux. L'un d'eux fut effectivement celui de La Miroiterie en novembre dernier. J'ai adoré ce concert !
Bill Stevenson a produit le dernier album de Cooper, Right Now! Comment ça se passe de travailler avec lui ? Est-ce que tu as vu tes chansons évoluer en fonction de ses conseils ou de ses suggestions ?
C'est vraiment super de bosser avec Bill ! Il sait exactement d'où on vient et ce que nous voulons. Nous pouvons parler le même langage que lui — "Est-ce que tu veux la caisse claire Primus ou la caisse claire AC/DC ?", "Fais le plus comme Dez (Cadena, Black Flag —, donc, il n'y a pas d'interminable discussion sur ce que l'on veut, on travaille vite et bien. Ce qui était vraiment bien, car nous n'avions que cinq jours pour enregistrer l'album tout entier. L'autre avantage de travailler avec lui, c'est qu'effectivement, il a apporté pas mal d'arrangements à nos chansons. Bertus, notre batteur, a eu du fil à retordre à se remémorer tous les petits changements que Bill lui a indiqué de faire durant la session. Des chansons comme "Good Idea" ou "Get It Over With" sont devenus meilleurs après l'intervention de Mr Stevenson.
Quelqu'un m'a dit qu'il existait deux Cooper, un qui composait et enregistrait les disques, et un autre qui partait en tournée. C'est toujours vrai ?
Aujourd'hui, il n'y a plus qu'un Cooper, il est composé de Bertus (batterie), Eddy (basse) et moi-même. Ensemble nous écrivons, enregistrons et tournons. Toutefois, c'est vrai que Bertus et Eddy ne peuvent pas partir aussi souvent en tournée que Cooper le voudrait. Donc, quand ils ne peuvent pas partir en tournée, je prend un batteur et un bassiste différents pour la tournée programmée. Notre bassiste remplaçant s'appelle Danny, il a tourné avec Cooper les quatre dernières années.
En quoi Right now! est meilleur que Makes Tomorrow Alright, votre précédent album ?
Les deux ont été produit par Bill Stevenson, mais Right Now! sonne mieux, simplement parce qu'il a été enregistré dans un autre studio. Le fait que Bill a quatre années supplémentaires d'expérience en terme de production et d'enregistrement joue aussi en la faveur de Right Now! Ça ne signifie pas que nous n'aimons plus Makes Tomorrow Alright, au contraire, on est toujours fiers de lui, mais disons qu'au niveau des textes, Right Now! est probablement plus positif que Makes Tomorrow Alright. L'une des raisons à ce changement d'état d'esprit, c'est qu'en 2005, c'est eu une attaque bénine. Rien de grave, rien d'endommagé dans mon corps, mais une attaque quand même. Ça m'a ouvert les yeux sur certaines choses comme celle que la vie peut s'arrêter brutalement à tout instant et que si tu veux continuer à faire quelque chose, et bien, fais le, fais le maintenant ! (Right now!)
Tu penses t'appliquer mieux dans tes compositions maintenant ?
Oui, bien sûr. On prend plus de temps à paufiner les chansons. Tout doit être parfait, pas de parties inutiles, pas d'ego tripping. Tout ce que nous avons appris au cours des années passées nous sert à la composition des nouvelles chansons.
La musique de Cooper est très mélodique, très pop, parfois plus rock que punk. Considérez-vous encore Cooper comme un groupe punk ?
Hé bien, je pense que Cooper est un groupe punk rock, avec une base solide sur le rock. Notre musique c'est exactement ça : une combinaison de rock et de punk, et comme tout groupe qui tourne, nous vivons sous le régime de l'éthique punk dans le sens où nous montons dans notre van et que nous jouons partout où nous le pouvons. Nous fonctionnons plus ou moins sur les principes du DIY. D'un autre côté, nous ne sommes pas vraiment un groupe politique. La primauté chez Cooper c'est d'abord la musique. Tout les trois sommes des nerds de la musique et des collectionneurs avertis. Quant il s'agit d'influence, les Beatles et les Ramones sont sur le même pied d'égalité. Notre principal objectif est de faire ressentir aux gens le même sentiment que vous ressentons lorsque nous voyons ou écoutons les groupes que nous aimons. De plus, et c'est sans doute là que le punk rock entre en ligne de compte chez Cooper, nous voulons faire sentir que tout le monde peut faire ce que nous faisons.
Le punk rock signifie-t-il les mêmes choses aujourd'hui que lorsque tu as découvert son existence ?
Oui, le punk rock signifie toujours la même chose pour moi. Il s'agit de faire ce que tu as envie peu importe ce que les gens disent. La plus grande leçon que j'ai apprise au cours de ces presque deux décennies d'existence de Cooper va dans ce sens. Quand il s'agit de musique, fais ce que tu as envie. N'essaie pas de rendre ton groupe plus populaire en changeant ton style vers un autre plus tendance sur le moment. Fais en sorte que ton groupe devienne ton groupe favori si tu n'étais pas dedans.
Quelle est la chose que tu aimes le plus en faisant partie d'un groupe ?
J'aime écrire des chansons, les enregistrer et partir les jouer en tournée, découvrir le monde grâce à elles. Quelqu'un a dit une fois qu'une tournée était une sortie de classe sans les profs, et c'est exactement ça !
Oh, à propos, pourquoi avoir choisi Cooper comme patronyme ?
On voulait un nom court et facile à retenir. Et puis, tout le monde connaît quelqu'un ou quelque chose avec le mot Cooper, non ? Tommy Cooper, Alice Cooper, Mini Cooper etc, etc. C'était le mot parfait et on l'adore !










