Interview Draft
Live report Ieper Fest 2010
Knut
Goeland-TV
 
 

Posté le Mercredi, 05 Mai 2010

Sepultura

Sepultura interview

Pas facile de faire tourner son groupe après 25 ans, la lassitude, le désintérêt du public, et les petits tracas de la vie ont raison de bien des groupes. Sepultura n’en a rien à faire et continue à faire du metal comme bon lui semble, c'est-à-dire avec ses tripes. Rencontre lors du festival Garorock.

Il n’est jamais bon de se lamenter sur le passé. La nostalgie est nocive selon les membres de Sepultura. Pas étonnant, sachant que pour beaucoup le groupe est mort lors du départ de Max Cavallera, puis une deuxième fois lorsque son frère Igor l’a rejoint pour fonder Cavalera Conspiracy.  Pourtant, Andreas Kisser ne peut être plus catégorique sur l’identité de Sepultura. Elle se trouve définitivement dans le présent : "C’est un groupe qui a toujours évolué, indépendamment des changements de line-up. Les deux premiers disques sont très death metal, puis j’ai intégré la formation en apportant des sonorités plus heavy avec des inspirations comme Dio ou Black Sabbath. On a commencé quelque chose de nouveau, puis d’autres ont emmené de nouvelles choses. À chaque fois, on sonnait comme un groupe différent, car on l’était véritablement. Sepultura est un groupe du présent, on se bat pour ça, pour que ça vive aujourd’hui, et ça ne sert à rien de se retourner vers le passé."

Pourtant, presque quinze ans après le départ des deux frères, certains leur reprocheraient presque d’être encore sur scène : "On a pensé que le groupe était fini lorsque Max est parti, même chose après le départ d’Igor. Ça nous est arrivé à nouveau lors du départ d’un de nos managers. On a tellement a composer avec ce qui nous arrive au jour le jour qu’on n'attend pas forcément autre chose que ce que l’on fait aujourd’hui. Par exemple, là nous sommes dans un festival très éclectique (le festival Garorock à Marmande - NDLR). Aujourd’hui le metal n’est plus "à la mode", mais on apprécie de jouer avec tous ces groupes, de profiter de leur musique, et que des gens qui ne s’intéresseraient pas à nous viennent nous voir sur scène, le reste n’est pas important."

Sepultura interview
Et maintenant, après 26 ans de metal bien bourrin, qui de leur propre aveu n’est plus ce que les lycéens mettent dans leurs baladeurs pour faire défriser leur grand-mère, ne commenceraient-ils pas à tourner un peu en rond, les Sepultura ? Derrick Green, le chanteur, nous vend leur dernière galette A-lex : "On est toujours aussi énervé et nos tournées autour du monde ainsi que l’arrivée de nouveaux membres permettent de ne pas faire de surplace. Au début, Sepultura parlait de ce qui n’allait pas au Brésil, puis on s’est vite rendu compte que c’était le bordel partout où l’on allait. Une bonne raison d’en parler. Pour notre dernier disque, on a beaucoup lu des bouquins comme La Divine Comédie de Dante ou Orange Mécanique d'Anthony Burgess. C’est d’ailleurs autour de cet ouvrage que repose A-Lex. On a voulu s’éloigner du film et chaque partie de l’album reprend l’ambiance et les thèmes des chapitres du livre d’Anthony Burgess. Notamment la fin (différente dans la version de Kubrick), où Alex doit faire face à ses actes après avoir agit selon sa volonté propre, et non pas selon les codes d’une société. Ça a été très inspirant pour nous."

Voilà qui devrait rassurer les sceptiques et les motiver à se plonger dans l’album sorti l’année dernière, tout comme de les convaincre d’aller voir Sepultura en concert avant qu’ils ne se ramènent sur scène avec un déambulateur, leur histoire a l’air d'être bien parti pour durer ! — Yoshi

www.myspace.com/sepultura

Lire le live report du festival Garorock sur Addictif, ICI.