Chicken (chant et basse) : Pour moi, ce sont toutes les choses que j’ai rencontré dans ma vie avant de démarrer le groupe, comme la consommation de drogues, les mauvaises habitudes, ce genre de choses. L'attitude auto destructrice ! Quand j’ai commencé ce groupe je voulais aller de l’avant, pour moi ce nom veut dire que tous ces trucs négatifs et auto destructeurs du passé étaient morts à mes yeux, que ça n’existait plus. Heureusement.
Quelle est la meilleure des choses à être sur un label comme Fat Wreck Chords ?
Etre des amis de Floyd. C’est un gars qui travaille chez Fat Wreck Chords, un ami à nous. C’est un peu la mascotte de Fat Wreck, mais surtout c’est l’ambassadeur du punk-rock, au niveau international, il connaît le punk-rock mieux que n’importe qui. C’est ce que j’apprécie le plus dans le fait de faire partie de Fatwreck.
Nathan (guitare et chant) : Disons aussi qu’on enregistre des disques, on voyage à travers plein de pays différents…
Chicken : C’est vrai aussi, ça !
Nathan : On voyage à travers le monde. Aujourd'hui, on est à Paris. C’est incroyable pour moi, c’est génial, et on est vraiment contents d’être là.
Chicken : On a de la chance
En tant que groupe américain, comment décririez vous les différences entre ces deux continents lorsqu’il s’agit de tourner ?
Ian (batterie) : C’est complètement différent entre ici et les Etats-Unis. Aux Etats-Unis, c’est plus dur pour un groupe, on a plus de route à faire, les frais d’essence sont plus chers, y'a pas forcément de la place pour nous en tant que groupe. Et quand on vient ici, tout est pris en charge, on est toujours nourris, on a toujours un endroit pour dormir, les gens sont très gentils, amicaux, accueillants. C’est super différent.
Nathan : En plus, les Etats-Unis sont ennuyeux à nos yeux maintenant, on les a faits plusieurs fois déjà. Je veux dire c’est magnifique, j’adore, mais j’aime voir d’autres pays, d’autres endroits, de nouvelles personnes.
Chicken : Moi, j’adore venir en Europe pour voir la scène punk-rock comme un tout, ça entretient toujours mes convictions. Les kids en Europe cherchent davantage à connaître les groupes. Aux Etats-Unis, tu vois les groupes tout le temps, y’a des tas de magazines, de labels… En Europe, ça demande plus d’efforts pour connaître un de ces groupes, tu les trouves pas partout, tout le temps. Donc, j’apprécie beaucoup la scène punk-rock d’ici, parce qu’il y a des efforts, on crée sa propre scène, c’est vraiment cool de voir ça. Les scènes punk-rock locales que l’on voit en Europe, c’est vraiment génial, vraiment cool.

Dead To Me, c’était 4 personnes. Aujourd’hui, Jack, le second guitariste, est parti. Comment avez-vous réagi quand il a quitté le groupe ?
Chicken : C’est toujours triste de perdre le membre d’un groupe. C’est comme perdre une petite amie, en quelque sorte. Ça me rend triste. On veut simplement qu’il soit heureux et nous sommes heureux aussi. On est juste impatients de continuer d’avancer.
Etait-ce difficile de garder l’esprit du groupe sans lui ?
Chicken : Non, pas du tout
Ian : On a un nouvel esprit maintenant !
Chicken : Oui, on a un nouvel esprit en quelque sorte. On a tellement joué ensemble que c'était très naturel de tout reprendre à trois.
Nathan : On joue plus maintenant qu’on ne l’a jamais fait dans le passé
African Elephants est un album très surprenant, avec des influences reggae et grunge. Ne craignez vous pas de perdre des fans ?
Chicken : On écrit des chansons pour nous, et si les gens les aiment c’est le pied, mais on n’écrit pour personne d’autres que pour nous trois. C’est cool de voir Nathan écrire ses propres chansons, de les chanter, faire partie intégrante du groupe, alors qu’avant il jouait juste les chansons que nous avions composé. Je trouve ça super excitant.
Nathan : Moi aussi !
Ian : Oui, c’est plutôt marrant
Pensez-vous que le punk soit un ghetto musical ?
Chicken : Est ce que le Punk est un ghetto musical ? Non.
Nathan : Non, parce que quand le punk a démarré, tout le monde faisait des trucs différents. Ce sera toujours le cas dans le punk. Quand quelque chose devient populaire, ça devient l’ombre de ce qu’il était avant, mais c’est toujours vivant quelque part, y’a toujours des gens qui font des trucs nouveaux et différents. Si tu penses au punk dans ce sens, ce n’est pas du tout un ghetto musical. Ça va vraiment de l’avant.
Chicken : Les ghettos sont souvent le résultat d’une ville, de personnes concentrées sur une zone géographique, parce qu’ils veulent être à part, ou bien garder leur pouvoir. Le punk-rock offre plus de choix. Il est composé dans sa grande majorité de mecs issus de la classe moyenne. J’aimerais que ce soit différent car il y aurait davantage de culture, plus de femmes et gens différents, même s’ils sont les bienvenus, mais malheureusement la majorité des groupes sont composés de mecs de classe moyenne. C’est comme ça. Mais je n’appellerais pas ça un ghetto.
Est-ce que le punk-rock représente la même chose pour vous aujourd’hui qu’à vos débuts ?
Nathan : Oui, bien sûr, toujours. Le punk est ce que tu en fais, ça peut être tout ce que tu veux. Ça aura toujours un sens pour moi.
Chicken : C’est à toi de décider en tant que personne, le punk sera toujours ce que toi tu veux qu’il soit. Il y aura toujours des groupes qui font ce qu’ils font pour de bonnes raisons, des scènes qui avancent, des alternatives, de nouvelles directions excitantes. On essaie d’en faire partie. La finalité du punk reste la même dans ta jeunesse et lorsque tu vieillis, bien sûr.

Quelle est la force motrice derrière le nouveau disque ?
Chicken : Honnêtement ? S’amuser et écrire des chansons. C’est aussi simple que ça. C’est notre plus grande motivation.
Ian : Essayer de rester positif.
Nathan : S’améliorer dans se qu’on fait, se motiver les uns les autres, toujours être occupé.
Chicken : Oui, nous occuper c’est important, ça nous évite les problèmes
Ian : Ça nous évite d’aller travailler !
Pourquoi avoir intitulé votre disque African Elephants ?
Chicken : C’est un truc qui m’ait venu. Sans trop vouloir sembler hippie, parfois t’as des idées qui trainent autour de toi, que tu captes, et celle-ci m’ait venu un jour, et j’ai su que c’était le titre du disque, tout comme pour Cuban Ballerina et Little Brother. Parfois, tu le sais c’est tout, et ça colle.
Ian : J’aime l’explication de Nathan qui dit que chaque éléphant dans le troupeau est différent, comme chaque chanson du disque est différente, et possède sa propre personnalité.
Chicken : On est comme une horde d’éléphants africains. Chacun d’entre nous est différent et unique, mais ensemble on forme un sacré "troupeau", on est une horde assez géniale.
Nathan : Moi je me considère comme un tigre !
Ian : Ouais, des tigres !
Qu’est ce que ça fait de travailler avec Alex Newport ?
Chicken : C’est génial. Ce serait bien de l’avoir à chaque fois. Il nous a manqué sur le nouveau disque. Il nous ressemble, il aime ce qui sonne comme des groupes punks. Il veut que ça sonne brut, imparfait, en laissant quelques erreurs. Mais il te pousse aussi à jouer le mieux possible. Je me rappelle une partie que j’avais raté, il m’avait hurlé : "Refais-le, mais cette fois retire tes gants de boxe !". Il disait que la basse sonnait comme si je portais des gants de boxe. C’est bien d’être poussé, car tu deviens paresseux parfois quand t’es musicien, c’est bien d’être guidé.
Quels sont les éléments les plus positifs dans le hardcore et le punk en général ?
Chicken : Je dirai la liberté. Le DIY — Do It Yourself. C’est super important. Ça va au delà du punk et hardcore, tu peux le mettre en pratique dans le reste de ta vie, comme quelque chose d’important et positif, à tous les niveaux. Fabriquer ta propre existence, créer la vie que tu veux.
Ian : Créer une scène, un groupe… peu importe
Dead To Me a tourné en Europe il y a 2 ou 3 ans. Qu’avez-vous ressenti pendant ce voyage ? Quelles étaient vos attentes ?
Chicken : On n’avait pas vraiment d’attentes. Je n’étais jamais venu en Europe avant.
Nathan : On était juste contents de venir en Europe
Chicken : On savait juste que ce serait marrant. Tu connais l’Europe à travers les magazines, les livres d’Histoire, t’en as une certaine perception. Je suis venu en Europe, et c’était complètement différent. C’est très ancien, y’a plein de choses anciennes. Les Etats-Unis ont officiellement 200 ans, des peuples sont là-bas depuis plus longtemps, mais il n’y a pas de cathédrales anciennes, de vieilles places, de vieux immeubles. Les gens sont ici depuis si longtemps, tu peux le sentir dans l’air, alors qu’aux Etats-Unis tout semble neuf, tu ne ressens pas le côté historique en permanence. J’apprécie les différentes cultures et communautés qui existent ici. On vit à San Francisco, et par exemple la communauté turque n’y est pas spécialement importante, alors qu’elle l’est en Allemagne. C’est cool de voir ça, de manger des spécialités d’ailleurs en restant dans la même ville.
Nathan : En plus ici, si tu veux partir en vacances, tu peux aller en Espagne, aux Pays-Bas, n’importe où. Alors que nous on peut aller dans l’Ohio, l’Alabama…
Chicken : Mais où que tu ailles, ça reste les Etats-Unis. Ici on peut faire beaucoup de chemin. C’est super, on aime beaucoup l’Europe, on pourrait tourner tout le temps ici. C’est génial !
Interview Goéland TV (traduction Thé)
www.myspace.com/deadtomesf
Prochains concerts de Dead To Me en France :
19/09/10 Le Havre, Haute-Norm, France Mac Daid's
20/19/10 Montreuil, France La Peche
23/19/10 Lyon, Rhone-Alpe, France Warmaudio
Voir le concert de Dead To Me à la Bellevilloise en 2009 / Goéland TV :
http://www.goeland-tv.com/lives/dead-to-me/dead-to-me-en-concert-a-la-bellevilloise










