Addictif R.I.P.
cerebral Ballzy
Hellfest 2011
Welt TurboJugend Tage
Goeland-TV
 
 
Addictif Facebook
 
This Is My Fest
 
 
Samiam
 
 
Title Fight
 
Posté le Mercredi, 28 Juillet 2010

Lenny Dee Interview

Lenny Dee Interview 2010

Il n’est pas mort, et c’est tant mieux, mais un hommage n’a pas besoin d’être posthume pour dire tout le bien que l’on pense de quelqu’un. Lenny Dee est le maître incontesté dans sa catégorie : la techno. En poussant un peu plus, on irait jusqu’à préciser : techno hardcore. Il peaufine son style depuis le milieu des 80’s et personne n’a osé, à ce jour, tenter de lui reprendre ses trophées de “best DJ of the year” qu’il a reçu plusieurs années de suite. Cette interview met en lumières un artiste, au sens large, qui n’a pas encore dit son dernier mot.


Tu es issu de la scène punk et metal. Qu’écoutais tu gamin ?
Lenny Dee : Non, je viens plus de la dance et du disco. J’ai été influencé par le metal vers 1992. A l’université, j’avais un colloc qui était à fond dans le rock. On écoutait des trucs de dingue comme du hard rock ou du black metal. L’évolution vers la techno s’est faite toute seule et je suis allé vers des trucs durs naturellement.

Qu’est ce qui t’a amené à écouter de la techno ?
C’est l’évolution logique de l’après disco. En tant que DJ, il s’agissait du niveau supérieur et, en tant que producteur au milieu des 80’s, une nouvelle façon de faire de la musique sans aller en studio, ni faire appel à de vrais musiciens. De plus, les sons issus des machines étaient nouveaux et réellement excitants, offrant plein de possibilités. Après ça, je n’ai plus jamais regardé en arrière même si maintenant, je me retrouve à vouloir jouer avec de vrais groupes en live.

Quelles étaient tes influences lorsque tu as débuté en tant que DJ ?
Arthur Baker & John Robie, Kraftwerk, Gino Scocio, Giorgio Moroder, Metallica, la musique du Monde, etc... . C’est vraiment une rencontre musicale allant du plus doux au plus dur. Je pense que cette diversité m’a aussi servi en tant que DJ et bien évidemment lors de mes sessions en studio.

Je suis également devenu l’assistant de production d’Arthur Baker, ce qui était un grand honneur pour moi. Je travaillais avec lui tout en produisant mes tracks pour Nu Groove, 4th Floor Records et aussi pour XL Recording dont j’étais leur premier “gros” artiste. J’ai été sur beaucoup de labels, je n’en reviens toujours pas. En 1991, j’ai débuté Industrial Strength avec le disque de Mescalinium United. Mon style de mix à cette époque était de plus en plus agressif et j’ai donc produit des disques dans cette voie là alors que personne ne le faisait.

Qu’ont dont la techno hardcore et le “rock” (au sens large) en commun ?
Leur point commun pour moi, c’est cette explosion de tension que tu relâches à travers ta musique, cette “fuck you” attitude aussi. Il y a aussi une rébellion contre les gouvernements, contre le moule dans lequel on veut te mettre tout en essayant de faire évoluer les choses.

Depuis que la musique électronique s’est démocratisée (depuis que Daft Punk l’a rendue écoutable par le plus grand nombre), ta famille te prend-elle toujours pour un alien ?
Heureusement, ils ne l’ont jamais pensé

Peux-tu me décrire comment est la scène HxC techno aux USA?
C’est petit mais les kids s’ouvrent facilement à cette scène. De nouveaux styles électro populaires commencent à émerger et du coup tuent l’attrait qu’a pu avoir le hardcore. Quoiqu’il en soit nous avons de bons producteurs et DJ’s tels que Satronica, Broken Rules, Delta 9, Delirium, DJ Tense, Forsaken is Dead,...

Lenny Dee Interview 2010

Après toutes ces années de bruit et de terreur, ressens-tu le besoin de jouer d’autres styles ?
Je joue d’autres styles : techno beaucoup, fidget et dubstep un peu, mais bien sûr j’adore le hardcore et j’en joue tous les week-ends. Ca ne m’empêche pas d’être ouvert sur beaucoup d’autres musiques.

Quels sont les meilleurs endroits où tu as joué?
Il y a tellement d’endroits que j’aime. J‘adore La Cova en dehors de Barcelone. C’est mon pied a terre, je m’y sens aussi que quand j’y ai débuté au début des 90’s. Les soirées Exposure en Ecosse sont bien, la France a toujours été un endroit super pour y jouer. L’Amérique du Sud a également été un bel endroit à traverser.

Comment as-tu vu le marché du disque évoluer depuis la création de ISR en 1991 ?
C’est triste de voir le déclin des ventes de 12”. Les nouveaux DJ’s doivent être vraiment sourds pour jouer des merdes encodées en 44.4 khz sur cd-r ou en mp3... Les aigus et tous les petits sons accrocheurs sonnent vraiment comme de la merde. J’adore le vinyle, il sonnera toujours mieux à mes oreilles. C’est triste aussi de voir qu’on s’est servi de disques pendant les 30 dernières années et que, soudainement, les techniciens en soirée, ne savent plus comment installer une platine !! Ils devraient avoir honte (spécialement en hollande et aux USA) !

Je sais bien que je vais finir par changer de support un jour mais je ne pense pas que ce sera pour jouer des cd’s Ce format est mort depuis longtemps. Depuis quelques temps, les dj’s se font payer pour jouer mais ne paie pas, eux, les tracks qu’ils jouent. Ils les téléchargent gratuitement et après ils se demandent pourquoi le business du disque s’écroule... . En ce qui me concerne, je joue les disques que j’achète!

Quel est le remix le plus honteux que tu aies fait ? En as-tu refusé certains?
Je ne remixe que des titres que j’apprécie. Bon j’avoue que parfois cela donne un résultat plutôt hard ou encore plus “cheesy” (rires).

ISR logoJe viens juste de finir quelques mixes de tracks. J’ai été pas mal occupé ces derniers temps dans mon nouveau studio. Le nouveau remix sur ISR de Dirty Fingers Licked (ndlr : groupe indus / metal de Toulouse) est une bombe drum’n’bass avec un riff nu-metal. Je travaille aussi avec un groupe goth italien sur leur 1er album qui devrait sortir après l’été. J’ai pris pas mal de plaisir à faire le mix du maxi de Tymon “Weapons of war” ainsi que, dans un autre genre, faire les voix barrées pour le remix du hit “Demolition” de Tommyknocker par Evil Activities.
Je travaille aussi sur des mixes dubstep. Après le succès des remixes pour le Wu Tang Clan, ça m’a poussé à aller un peu plus vers ce style. C’est une musique dure à produire et à mixer car il faut jouer avec la profondeur des basses, c’est tout un art. Je me sens renaître en studio quand je fais ça. De plus, je vois d’autres producteurs hardcore se faufiler dans la brèche pour s’essayer au dubstep. Cela fait du bien de voir de l’ouverture d’esprit autour de soi.

La gabber music devient de plus en plus populaire dans la scène hardcore. Qu’est-il arrivé pour que son image devienne moins violente et plus… “commerciale" ?
Je ne suis pas sûr de bien comprendre la question. Pour moi il ne s’agit que de hardcore. Parfois il est extrême et parfois il est plus commercial. Tous ces sous-genres sont débiles. D’ailleurs qui a inventé les termes : "industriel", "terror gabber", "speedcore"... (rires) ? Pour moi, il s’agit juste d’une grande famille ayant pour point commun l’ouverture d’esprit et la volonté de pousser les choses au maximum. En ce qui concerne la violence en elle-même, certains simples d’esprit pourraient penser que parce que la musique est agressive il faut agir de la sorte. La musique devient ce que tu veux en faire. Pour moi, un connard restera un connard quoiqu’il écoute!

Quelles sont les prochaines sorties sur ISR ?
Je suis excité car le nouvel EP de Satronica vient juste de sortir dont un titre avec Unexist et des remixes par Waldhaus. A venir aussi une prod du groupe français Dirty Fingers Licked, Dep Affect, un nouveau Broken Rules. Quant à moi, je prépare un maxi avec Tymon pour après l’été.

As-tu des connexions avec la France ?
J’ADORE LA FRANCE !! Un des meilleurs endroits où jouer en Europe. Je suis très proche de Manu le Malin et de Radium. Je travaille exclusivement avec Audiogenic.

Quelque chose à rajouter?
On n’arrête pas l’innaretable!!

Propos receuillis par Clark Gabber

WWW.INDUSTRIALSTRENGTHRECORDS.COM
www.Myspace.com/LennyDee
http://www.facebook.com/pages/Lenny-Dee/36242269677?v=info&ref=ts