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Posté le Vendredi, 10 Décembre 2010

Dead Pop Club

DPC interview 2010

Pour leur quatrième album, Home Rage, les Parisiens lâchent Crash Disques pour retrouver du sang neuf chez un trio de labels franco-suisses Guerilla Asso, Kicking Records et GPS Records. Mais ce saut de puce (le groupe reste tout de même dans le giron des labels indés de son univers musical) n'est pas le seul changement : Chris Gordon, guitariste chanteur de feu-Baby Chaos, a pris le fauteuil de producteur autrefois occupé par Fred Norget. Il en résulte un album plein de verve pop, de rage adulte et de tubes iconoclastes. Interview avec Duwick (basse) et Olivier (Guitare-chant).


Si  je devais  vous présenter, je dirais que vous êtes les tontons de l’emo power pop punk rock noisy français. Ca vous convient comme définition ?
Duwick (basse) : Les tontons… Si cela fait directement mention à notre longévité, alors oui, pourquoi pas ? C’est plus un compliment qu’autre chose, à moins que tu sous-entends que nous sommes vieux ? C’est vrai que c’est un qualificatif qui revient parfois quand on parle de nous. Sans doute parce que la plupart des groupes qui ont commencé en même temps que nous ne sont plus là aujourd’hui… Les gens ne se rendent peut-être pas trop compte, mais plus de 10 ans, voire 12 ans d’existence, pour un groupe indé, c’est presque un exploit.

Vos albums sortent tous les quatre ans, c’est un peu votre Coupe du Monde non ? Sauf que vous êtes plus constants que l’équipe de France question cohésion, qualité de jeu…
Quoique là, on a décidé de changer d’entraîneur avec Chris Gordon à la production et de staff technique en mettant fin à notre collaboration avec Crash Disques pour sortir le disque chez Kicking Records et Guerilla Asso. Oui, faire un album, c’est peu comme participer à une Coupe du Monde. Du moins, pour nous, cela a la même importance. C’est à chaque fois une aventure où l’on prend des risques financiers importants, où l’on s’investit à fond… sans faire grève (rires) !

Pourquoi est-ce que cela vous prend autant de temps à chaque fois ?

Cela vient de notre mode de fonctionnement. Bon, il faut savoir qu’aucun de nous vit de la musique, nous avons tous un boulot à côté. En premier lieu, il faut savoir jongler avec les emplois du temps de chacun. Ensuite, un disque, dans notre cas, ne se rentabilise pas du jour au lendemain. Cela se fait sur la longueur, sur le nombre de concerts qu’on peut donner. On prend aussi notre temps parce que, pendant le processus de composition, on met en commun toutes nos idées. On ne s’interdit rien. Cela peut paraître cliché, mais Dead Pop Club est un groupe démocratique quant à l’écriture des morceaux. Si les gens pouvaient écouter les prémices d’un titre dans sa phase d’écriture, ils seraient sans doute surpris en écoutant le résultat final… Mais ça, c’est du domaine de l’ultra privé (rires) !

DPC interview 2010Home Rage sort en co-prod sur Kicking Records, Guerilla Asso, GPS Prod au lieu de Crash Disques comme les précédents. Les raisons de ce changement ?
Nous avions envie de ce changement, de bosser différemment la sortie d’un disque dans une époque qui n’est pas franchement rose pour les groupes indé. Crash Disques nous a beaucoup apporté, nous a soutenu, mais nous sentions que nous arrivions à la fin d’une aventure et qu’il nous fallait ouvrir un nouveau chapitre en étant plus présent sur le front du numérique, par exemple.

Si la filiation avec les groupes Kicking (Black Zombie Procession, Flying Donuts, Uncommonmenfrommars, Billy Gaz Station) est plus qu’évidente et rappelle un peu l’Emo Glam Connection du début des années 2000, elle l’est un peu moins avec Guerilla Asso (Guerilla Poubelle, Justine, Diego Pallavas…). Qu’est ce que vous en attendez ?
C’est juste, mais l’affiliation avec Crash Disques l’était tout autant… Guerilla Asso a su développer en à peine quelques années une relation très forte avec ses groupes et le public qui les suit. Résultat, le label a une incroyable liste de contacts et  une vpc conséquente et bien huilée. On pense donc profiter de cela et aussi des plateaux de groupes qu’organisent régulièrement le label, comme Kicking Records d’ailleurs. Ce n’était pas quelque chose de calculer au départ que de se retrouver sur plusieurs labels à la fois. C’est juste qu’aujourd’hui, si on veut s’en sortir un minimum, il faut multiplier les collaborations pour pouvoir espérer vendre quelques disques…
Oliv (guitare-chant) : Rien n’a été calculé ni avec Kicking, ni avec Guerilla. Quand il s’est avéré que Home Rage ne sortirait pas chez Crash Disques, on s’est tourné vers ceux que l’on connaissait le mieux. A savoir Cu! de Kicking qui a signé pas mal de nos copains et puis Till de Guerilla avec qui je traîne régulièrement. C’est toujours sympa de s’associer avec des copains. Puis avoir plusieurs labels à tes côtés permet de diversifier le réseau de distribution de ton disque. On est c'est vrai un peu éloigné du catalogue de Guerilla Asso mais on a énormément d’estime pour leur démarche et leur énergie. Puis, Guerilla a su se diversifier ces derniers temps. On se sent à notre place entre un Twisted Minds, un Vulgaires Machins et un Sainte Catherines.

A la première écoute de Home Rage, sur chaque morceau on se dit : "c’est Dead Pop Club !" Vous avez ce son caractéristique, ces petits gimmicks de guitare… Quelles sont donc ces influences que vous avez ingérées et digérées pour recracher votre Dead Pop touch ?
Duwick : La liste de nos références pourrait être longue… C’est un mélange de groupes qui nous ont réunis lorsque nous avons commencé Dead Pop Club, comme Weezer, Fireside, Quicksand, les Pixies, Samiam, Texas Is The Reason, Fugazi, Foo Fighters etc.., et de formations plus ou moins actuelles : Hot Water Music, Girls Against Boys.

En parlant de son, vous avez cette fois confié toutes les manettes à l’écossais Chris Gordon (guitariste/chanteur de feu Baby Chaos). Pourquoi ce choix et que vous a-t-il apporté en plus ?
Nous avons réalisé nos trois premiers albums avec Fred Norguet. Quand la composition des morceaux de Home Rage était bien avancée, nous l’avons bien sûr contacté. Il fut le premier à nous dire qu’il fallait penser à ce que nous changions de producteur. Et depuis longtemps, nous avions dans l’idée de bosser avec un anglo-saxon. C’est grâce à Uneven que nous avons rapidement opté pour le choix de Chris Gordon. Chris fut le guitariste chanteur de Baby Chaos au milieu des années 90, puis de Deckard. Son expérience a été vraiment précieuse. C’est un gars qui a des idées en pagaille pour tout ce qui est mélodies voix, arrangements guitares, structures des morceaux. On ne cherche pas à comparer avec ce que nous avons pu faire dans le passé. Chris était la bonne personne pour Home Rage, pour donner une nouvelle approche à notre musique tout en respectant notre style.

Le thème de l’album Autopilot Off était axé sur la science-fiction, les ovnis, celui de Trailer Park sur les films d’horreur. De quoi traite Home Rage ?
Olivier : De Superpower, notre premier album, à Trailer Park, cela m'a amusé de faire une sorte de trilogie sur la culture série B et geek. Cependant, nos disques n'ont rien de vraiment conceptuel. Tous les titres de Superpower ne parlaient pas de superhéros. Pareil pour la SF avec Autopilot Off ou Trailer Park et l'horreur. Plus que chanter sur ces thèmes, je les utilise comme métaphore. Puis, j'adore truffer mes paroles de références, citer des films, des séries, des personnages, des Bds, des livres et des artistes qui ont vraiment compté pour moi. Home Rage est un peu différent. De la crise d’adolescence à celle de la quarantaine, il n’y a qu’un pas. On a à peine quitté l’une que l’on rentre dans l’autre. Home Rage s’attarde sur cette transition. Du coup, ça rentre complètement dans cette culture geek d'éternel adolescent. Comme sur le morceau "Freaks and Geeks" qui est clairement un hommage au cinéma de John Hugues, Judd Appatow et Kevin Smith. S'il y avait un thème général sur Home Rage, cela serait le côté fanboy. Ou comment vivre avec sa (ou ses) passion(s) en ayant plus de trente ans.

DPC interview 2010

Est-ce que vous avez vraiment cassé tout ce qu’on voit sur la pochette du nouvel album ? Y-a-t-il des clins d’œil référencés ?
Duwick : Oui, on ne s’est pas gêné pour tout casser ! On a fait ça chez un ami avec l’idée de retranscrire un certain bordel : vieux ordinateurs, teeshirts, mags, disques, etc… Au début, il n’y avait pas forcément des références précises, mais en regardant le résultat de plus près, il y en a quelques-unes de glissées plus ou moins discrètement. Mais bon, chacun pourra y aller de sa petite interprétation pour ce qui est de ce cassage totalement gratuit. Enfin, pas tant que ça…
Olivier : La pochette et le livret sont l'oeuvre de Frank Slow Death à qui on est énormément redevable depuis Autopilot Off. Il est à la base de tous nos visuels depuis le second disque.  

Après le clip 100% DIY "Shut the fuck up and sing", vous avez mis sur le net "Freaks & geeks", scénarisé et réalisé par David Basso, avec en guest star Thomas VDB. Comment s’est passé le tournage ?
Duwick : Ce fut tout simplement génial et le résultat final, bien au-delà de nos espérances. David a l’habitude de travailler avec des groupes indé (Flying Donuts, UMFM, Pookies, etc…), le plus souvent dans l’urgence, avec des budgets qui frisent le ridicule. Mais à chaque fois, il relève le défi. Là, pour "Freaks & Geeks", il s’est attaqué carrément à un court métrage, avec pas mal de figurants que nous ne remercierons jamais assez. Toutes les personnes présentes sur le clip ont été d’une grande disponibilité. Je pense en particulier, bien sûr, à Thomas VDB, totalement hallucinant, ou aux personnes de la boutique Movies 2000. En tout cas, la vidéo a fait quand même son petit buzz puisque nous en sommes à ce jour à environ 20000 vues cumulées, entre youtube, dialymotion et vimeo.

Même si vous n’êtes pas des fanatiques du bitume et des tournées, vous avez eu l’occasion de faire un paquet de concerts et d’assurer quelques prestigieuses premières parties. Quels sont vos meilleurs souvenirs liés à la scène ?
Pour ma part, je garderai toujours en mémoire nos premières tournées avec les Seconde Rate. Ce n’est pas de la pure nostalgie, c’est juste qu’elles correspondent au moment où Dead Pop Club se construisait. On a vraiment vécu des trucs émotionnellement forts avec ces gaziers. Pareil avec les Flying Donuts. Sinon, il y a bien sûr des instants à jamais gravés dans mon esprit comme Le Furia Festival, Rock en Seine, notre premier Élysée Montmartre avec les Burning Heads et les Unco ou certaines premières parties, comme celles de Samiam, par exemple. Notre première tournée aux Pays-Bas reste aussi un incroyable souvenir… Mais bon, il y en a bien d’autres dans des endroits où tu te dis qu’il ne se passera pas grand chose et puis, finalement, ça part en vrille. Il y a quelques années, on avait joué dans un bar qui devait faire 20m2, le Petit Sucrier, à Périgueux. Et là, ce fut vraiment la guerre…

Et pour la suite, a-t-on une chance de vous voir défendre ce nouvel album en province ?
Olivier : Oui. Partout où l'on peut et où nos emplois du temps nous le permettent. Mais pas seulement en France. Il y a la Belgique et la Suisse bien sûr. On est aussi en pourparler avec un groupe écossais pour un échange France/Ecosse. Mais oui, le but d'un album est de pouvoir ensuite le jouer sur scène. Les dates sont sur notre myspace ou facebook.   

Quelque chose à rajouter ?
Olivier : Vous pouvez retrouver Dead Pop Club en écoute sur deadpopclub.bandcamp.com. On a aussi placé il y a peu un EP spécial Halloween gratuit sur buzzoffrecords.bandcamp.com. Comme tous les groupes de la planète, on a un facebook et un myspace. Puis comme on existait déjà fin 90, on a même un site internet. Pas souvent réactualisé mais il a le mérite d'exister www.deadpopclub.com. On planche aussi sur le 3éme clip issu du disque. Cela sera "So You Think You Can Dance" avec un défilé de gens qui dansent. On fait d'ailleurs un appel aux volontaires. Toutes les infos sont sur notre facebook. On fera certainement ensuite un clip pour "Priority Seating". On verra bien.

Interview de Guillaume Circus

www.myspace.com/deadpopclub

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