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Posté le Samedi, 08 Août 2009

Propagandhi + The Twisted Minds

+ M-Sixteen
Le 25/07/2009
Le Glazart, Paris


Huit ans que Propagandhi n’avait pas foulé le sol français, alors autant dire qu’avec cette unique date parisienne, ils étaient attendus au tournant.

C’est des quatre coins de la France que s’étaient donné rendez-vous environ 500 punk rockers afin de célébrer dignement la venue des Canadiens et de souffler les six bougies de l’asso Bad Bear qui organisait ce concert. La soirée démarre tôt, très tôt même (19h30), avec M-Sixteen dans un Glazart refait à neuf mais dont on se rendra rapidement compte qu’ils ont oublié la clim’. La salle est déjà bien remplie et tout le monde peut apprécier le punk hardcore des Parisiens, devenus trio récemment, sans perdre une once de fougue et d’efficacité. Le son est propre, c’est bien maîtrisé, bien exécuté… rien à redire.

Rapide changement de plateau et c’est au tour de The Twisted Minds de chauffer le public, si tant est qu’on en ait besoin car il fait déjà 40°C. Depuis leurs débuts, on les surnomme les Propagandhi français car il faut admettre qu’ils s’en rapprochent énormément, aussi bien musicalement (le côté musclé en moins) qu’idéologiquement (au niveau des thèmes abordés dans les chansons). Ce serait une tare si les "clones" pullulaient et si c’était mal fait, mais ce n’est pas le cas. Ils sont contents d’être de la partie ce soir et nous le montrent. Là aussi, très bon set à l’arrivée. La chaleur commence à être intenable, certains vont tenter de prendre l’air dans le patio/aquarium à fumée, d’autres se rafraîchir au bar mais avec seulement deux serveurs, l’attente est longue…

Il est finalement 21h15 quand Propagandhi monte sur scène. Une chose est sûre, ils n’ont pas de conseiller artistique pour soigner leur look. Ils débarquent habillés comme pour vidanger la voiture ou aller chercher le pain le matin : vieux jean coupé au niveau des genoux, running aux pieds et quand même débardeur ou tee-shirt à l’effigie de groupe (Hirax pour le bassiste Todd Kowalski et MDC pour Chris Hannah, le guitariste/chanteur… les deux autres je ne m’en rappelle plus). C’est avec "Supporting Caste", morceau qui donne son nom à l’excellent dernier album, qu’ils débutent le concert et d’entrée de jeu on sent qu’on va en avoir pour notre argent, voire bien plus. Ils ne sont pas forcément très démonstratifs, Dave "The Beaver" Guillas, récent deuxième guitariste est plutôt discret sur la droite mais il est techniquement irréprochable, la voix de Chris est bien audible et parfaite, comme sur disque et leur générosité est communicative. Todd est celui que se bouge le plus, arpentant la scène d’arrière en avant, dégoulinant de sueur (sur ce point, remarque, on est tous à égalité). A défaut d’une ambiance complètement folle, même s’il y a le lot suffisant de pogos, slams etc. c’est leur concert le plus chaud nous confient-ils : "Holy shit, it’s fucking hot tonight !" reviendra à plusieurs reprises. Niveau setlist, aucune période n’est oubliée et les morceaux font mouche à chaque fois : "Tertium Non Datur", "Purina Hall Of Fame", "Back To The Motor League", "A Speculative Fiction"… "Nation States" tiré de Less Talk, More Rock fait s’embraser ceux qui comme moi étaient ados en 1996 et "Haillie Sallasse, Up Your Ass", le morceau limite reggae de leurs débuts, surprend tout le monde mais permet de se lâcher poing levé sur le refrain "Fuck religion !". Ce qui est appréciable, c’est que le groupe, par ailleurs extrêmement engagé (pro féministe, pro gay, défenseur des animaux, anti-militariste etc.), ne perd pas de temps en discours moralisateurs et slogans prêt-à-porter face à un public conquis d’avance. Ils sont là pour envoyer leur musique particulière, sorte de crossover thrash/metal/punk mélo. C’est ce qu’on attend d’eux ce soir et c’est ce qu’ils font à merveille. L’intensité ne baissera pas d’un iota de tout le concert et ce n’est pas avec "Dear Coach’s Corner" qui ouvrira le rappel que ça s’arrangera. Malheureusement il était indiqué sur le rider que cela se terminerait à 22h20 et même si on en redemandait encore, par exemple un ou deux morceaux plus agressifs chantés pas Todd, comme "Fuck The Border" il fallait quitter les lieux rapidement. Avec par contre l’espoir de revoir les Canadiens, avant 2017 cette fois, ils nous l’ont promis.

Comme il était impossible de se quitter et terminer la soirée comme ça, Bad Bear avait eu la bonne idée de prévoir un after, sur les quais de Seine, où les plus téméraires ont fini alors que le jour se levait... Merci Bad Bear, merci aux groupes, c’était un chouette anniversaire et vivement l’année prochaine afin de faire mentir le dicton "7 ans l’âge de raison" ! — Guillaume Circus