Et en première partie, Intercostal, un groupe local… qui fera forte impression durant son set d'à peine une heure. Faut dire que les quatre gaziers qui s'éxécutent sur les planches n'ont rien de débutants… le batteur est celui de Knut, le bassiste joue dans Mumakil, et les deux guitaristes officient chez Nebra et El Rancho. Pas rien quand même. Au final, la somme de leur talent est un metal qui réussit le pari d'être à la fois dynamique et atmosphérique, lancinant et cataclysmique. C'est un brassage d'influences notoires (Sleep, Black Sabbath, Neurosis) et obscures (Eisenwater, Corrupted). C'est ultra efficace, carré (la fameuse précision suisse), entraînant et impressionant. Une première partie comme ça, ça vous booste un concert ! Pour un peu, on serait quitte de notre claque de la soirée !
Mais derrière il y a Suma. Suma, le groupe suédois qui tabasse. Qui cogne. Qui heurte. Qui taloche. Son album Let The Church Burn est un des meilleurs albums dans le genre. Les Melvins en sont jaloux tellement ce disque est féroce et inspiré. Le quatuor s'installe dans le silence, la batterie en avant, au milieu du bassiste et du guitariste, le chanteur est au fond de la scène, impassible à se qui se trame devant lui, à savoir un déchaînement gargantuesque de bruit et de fureur. Boum ! Re-boum ! Le son est énorme ! Gigantesque, même. Derrière son kit minimaliste, le batteur mène la danse, assure le tempo et maintient la pression. Si l'unique album du groupe commence à dater sérieusement, Suma a montré ce soir là qu'il avait de la réserve, puisqu'il n'interprétera qu'un seul morceau de son CD, le reste étant soit des nouveaux morceaux, soit des extraits de son récent split avec Uneartly Trance. Quoi qu'il en soit, on peut dire que le nouveau Suma est plus psyché que jamais, plus noise aussi, une sorte d'ouragan électrique qui emporte dans sa frénésie le doom d'Electric Wizard, le stoner boueux de EyeHateGod et le drone de Sun O))). Après cette prestation, pfiou… les tympans hurlent d'agonie !
La soirée n'est pas terminée. Reste le morceau de choix : le trio de San Franciso emmené par la guitariste-chanteuse, Lori S, Acid King. Quinze ans que la petite dame prêche la bonne parole d'un hard rock pesant et malodorant, celui inspiré de Black Sabbath et colporté des décennies durat par St Vitus, The Obsessed, Buzzov*en, Goatsnake, Earth et Electric Wizard. Bref, du hard 70's matiné d'effets psychédéliques et psychotropes. Dès le premier titre, le ton est donné : pesant mais groove ; soutenu et athlétique mais toujours redoutable ; et surtout nocif… Il ne s'agit pas de hard rock à papa, ici on ne s'éternise pas sur de savant solo, on ne brode pas dans les rythmiques, on se fout de l'apparence, on va à l'essentiel. Ce qui compte, c'est ce qui sort des amplis et en façade. Pour cela, Acid King est du genre frontal. Et Lori S. drive ses deux collègues avec rigueur et sang-froid et prouve que si son groupe ne possède pas forcément la popularité d'autres cadors du stoner ou du hard rock contemporain, il en a manifestement les attributs. Les meilleurs attributs. — Frank Frejnik
Suma
Acid King










