Car il faut bien avouer que le premier album de Spinnerette, s'il possède certains atouts indéniables, en premier lieu quelques morceaux ultra aguicheurs comme "Baptized By Fire" et "Ghetto Love", n'est pas la claque attendue, loin de là. On l'entendra souvent ce soir-là : "Il y a de bons morceaux, mais l'ensemble n'est pas exceptionnel", histoire de dire, à demi-mots, que c'est un album décevant. Qu'importe, tout le monde attend beaucoup de la version live de Spinnerette. N'oublions pas que Brody Dalle a toujours su tenir une scène, et puisqu'elle s'est ici entouré de son compère de toujours (le gratteux des Distillers, Tony Bevilcqua) et quelques mercenaires au CV impressionnant (Jack Irons, vu avec RHCP et Pearl Jam ; Alan Johannes aperçu dans QOTSA) ; ça devrait le faire. Sauf que bien évidemment, les mercenaires suscités ne sont pas là, remplacés par des musiciens de moindre mesure, mais pas pour autant manchots, mais ce qui diminue l'excitation première.
Spinnerette attaque néanmoins plutôt bien son set, avec trois guitares au front, et une rythmique particulièrement efficace. Les premiers morceaux assurent bien, et l'univers pop de l'album devient vraiment rock en passant par la scène. On peut d'ores et déjà affirmer que si Brody Dalle a pris quelques petits kilos, elle a conservé sa voix exceptionnelle, profonde et rageuse, qui fait plus que jamais penser à celle de Courtney Love. Les titres les plus pop rock sont joué en première ligne ("All Babes Are Wolves", "Geeking", "Baptized By Fire"), ce qui permet de rentrer de plein fouet dans le vif du sujet. "Cupid", "Distorting A Code", "Sex Bomb" s'enchaînent. Maintenant qu'elle a rangé sa guitare, Miss Homme n'a pas l'air particulièrement à l'aise dans sa position de chanteuse. Elle disait s'être calmée depuis qu'elle est devenue maman, mais on l'aurait cru/vu plus "déchaînée" une fois sur scène. Là, elle danse malatroitement, un peu perdue au milieu de la scène, alors que ses collègues s'excitent sur leurs instruments. Bah, le jeu de scène viendra avec le temps, se dit-on. Reste les morceaux, plutôt enivrants… pour l'instant. Car le soufflé Spinnerette retombe quelque peu à la fin du set, lorsque le groupe se lance dans des morceaux moins directs, explorant le terrain d'un rock vaguement progressif. Avouons-le, les trois derniers morceaux étaient pénibles à souhait. Et quand c'est fini, ben… c'est fini, pas de rappel, un salut amical, mais c'est tout… et ce malgré la demande exaltée du public qui voudrait bien entendre un morceau des Distillers. Mais Spinnerette n'est pas Distillers, il faudra bien vous le mettre dans la tête. — Frank Frejnik
Lire l'interview de Spinnerette sur addictif :
http://www.addictif-zine.com/interviews/item/1220-spinnerette

25/08/2009
Nouveau Casino, Paris
Le retour de Brody Dalle à Paris a été salué par une salle remplie à bloc, preuve que l'ancienne keuponne des Distillers n'a pas été oublié. Mais il lui restait à démontrer que l'engouement pour son nouveau groupe était justifié.









