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Posté le Mercredi, 21 Octobre 2009

The Thermals

14/10/2009
Point Ephémère, Paris


C'est désormais un rituel : lorsque The Thermals jouent à Paris, c'est au Point Ephémère que le groupe de Portland pose ses amplis. On ne s'en plaindra pas puisque la salle convient parfaitement à leur indie punk. On ne saura dire mieux, vu que cette troisième visite fût sans doute la plus percutante du trio.

Est-ce le lieu ou le groupe, impossible de savoir. Toujours est-il qu'à chaque fois qu'on vient voir The Thermals au Point Ephémère, on reste surpris par le public qui se masse dans la salle du Canal St Martin : nombreux, enthousiaste, mais un peu décalé vis à vis du groupe. Comprenez qu'une grande majorité est plutôt bien fringué, bien coiffé et sent plutôt bon, alors que le groupe — ou plus exactement sa musique — semble directement sortie de l'underground américain, sorte de mixture indie pop aux fortes racines DIY punk (il n'a pas signé sur Kill Rock Stars pour rien). Qu'importe. On n'est pas la pour juger le public. Et c'est toujours mieux pour les Thermals de jouer devant une salle blindée et enthousiaste que devant trois crusties amorphes dans un squat pourri.

Le trio a donc ses habitues au Point Ephémère. Il déboule détracté, souriant, prêt à balancer la sauce. Ce qui est fait dès le première titre "When I Died", le morceau qui ouvre Now We Can See, le fantastique dernier album du groupe. S'enchaînera ensuite un paquet de morceaux de ce disque ("We Were Sick", "I Let It Go") ou des précédents (tous aussi bons), comme "How We Go", "Let Your Earth Quake, Baby" ou "Here's Your Future". Hutch Harris, le guitariste-chanteur, a une voix incroyable et un phrasé habile pour rendre n'importe quelle mélodie en tube imparable ; Kathy Foster à la basse possède une aura charismatique tout autant que son jeu est limpide et entraînant ; et derrière eux le batteur Lorin Coleman impose le rythme avec une expérience de forgeron chevronné.
Plus la soirée avance, plus le public se lâche. "Liquid In, Liquid Out" provoque un gentil pogo, les gorges se délient à mesure que les morceaux s'enchaînent (et il y en a beaucoup vu que ceux-ci ne vont jamais au delà des 3 minutes), les pas de danse se font plus larges… L'apothéose arrivant avec le titre "Now We Can See" et son refrain irrésistible qui imprimera les esprits pour de longues heures après la fin du concert. Verdict ? Allez voir The Thermals, écoutez The Thermals, vivez The Thermals ! — Frank Frejnik