Surtout Behemoth dont on entendra le nom scandé tout au long de la soirée, même lorsque ce n'est pas à lui de monter sur scène (j'vous raconte pas quand ce sera son tour !). Le mot "messie" est bien choisi pour le groupe polonais : il est le rédempteur de la foi chrétienne, le sauveur d'une nouvelle jeunesse (sur un de ses t-shirts, on peut lire au dos "Youth against christianity") libre et athée. Alors, quand il se pointe sur scène, la clameur qui s'échappe du public se change en explosion vocale ! Et là, le groupe déclenche les enfers ! Vraiment. Enorme son, fantastique énergie dès le premier morceau ("Ov Fire and the Void"), hargne et rage dans le jeu, lights épileptiquez, décor épuré (deux superbes logos de Behemoth en fer sur les côtés, un pied de micro digne de Conan au centre), sans oublier ces "costumes" des quatre cavaliers de l'Apocalypse version black metal. Le bassiste Orion est un barbare effacé mais dont le jeu reste d'une rudesse exemplaire qui enveloppe le jeu flamboyant et ultra technique du batteur Inferno. Le guitariste Seth porte des clous à ses bottes (le plus gros doit faire 20 cm) sans doute pour faire oublier que ses riffs sont plus dangereux encore. Et Nergal, l'âme de Behemoth, est un guitariste redoutable… mais c'est sa voix que l'on retient tant elle sonne comme le tonnerre. Ce déploiement de forces ne fait pourtant pas oublier la musique. Elle est fracassante, terrifiante quand elle est rapide (le penchant black metal de Behemoth), écrasante quand elle est lourde et orageuse (le côté death du groupe). Dans la fosse, ça remue violemment, ça reprend en choeur les refrains ("Demigod", "Alas, Lors Is Upon Me", "Slaves Shall Serve"), l'ambiance est à se laisser emporter par le tourbillon sonore de Behemoth. Il est difficile de résister au groupe, son professionnalisme ne fait aucun doute, mais surtout parce qu'il a su faire du metal extrême (avec tout ce que cela comporte) quelque chose d'à la fois fantasque et exagéré, d'impur et de rassembleur. Bref, avec Behemoth, l'extrême rime avec suprême !
Avant Behemoth, DevilDriver — qui tourne en co-headlining sur ce Neckbreakers Ball Tour — a aussi largement impressionné son monde. Les fans ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux du groupe polonais, même s'il existe un front commun, mais sa prestation n'a déçu personne tant elle fût placé sous le signe de la rage et de la colère. Musicalement, DevilDriver est plus moderne dans son approche métallique, à savoir qu'il mêle thrash, hardcore et heavy metal dans les mêmes proportions. Mais sa recette n'a rien à voir avec le metalcore ou ce qu'il est devenu. Le quatuor ricain est cent fois plus violent que la nouvelle fratrie du crossover mondial. Son énergie repose sur la rage et non pas sur une quelconque technicité ou un son de façade. Ce mardi soir, DevilDriver a joué un paquet de titres de son dernier album Pray For Villains ("I've Been Sober", "Fate Step In", "Back With A Vengeance", le titre qui donne son nom au disque en premier lieu), mais aussi de vieux morceaux comme "Not All Who Wander Are Lost", "I Could Care Less", durant lequel la foule deviendra maboule, "Clouds Over California", "End Of The Line" en ouverture, etc… Lors du dernier morceau, la sono est coupée… et il faut bien une minute pour que le groupe s'en rende compte et qu'il ne décide d'arrêter. Que se passe-t-il ? Le Moulin Rouge (qui est au dessus de La Loco et qui cherche des noises depuis quelques mois à la salle) est-il intervenu ? Défaillance technique ? On ne sait pas. Mais une jeune fille du public en profite pour faire un malaise. Elle est allongé sur le devant de la scène. Dez Fafara, le cheanteur, vient se rendre aux nouvelles, de même que tout le groupe. La jeune fille évacuée, le groupe reprend là où il s'était arrêté (en plein milieu de son morceau donc) et quittera la scène après l'avoir achevé. Une fin un peu sèche… qui n'est vraiment pas à l'image de la fureur du set tout entier.
Avant ces deux pièces de choix, Arsis a joué, ainsi que Scar Symmetry. Rien à dire sur eux, je n'ai pas vu le premier, et le second fût si pénible que je préfère ne pas aborder le sujet pour ne pas être désobligeant. Mais rien que pour les deux têtes d'affiche, la soirée mérite vraiment un 10/10 ! — José Maria

+ Scar Symmetry
le 27/10/2009
La Locomotive, Paris.
La tournée Neckbreackers Ball passant par la Capitale en pleine période de vacances scolaires, il ne fût pas étonnant de voir La Loco afficher complet quelques heures avant que les hostilités débutent. Mais une fois à l'intérieur, on se dit que cette forte affluence n'a rien à voir avec la période, mais bien parce que les deux têtes d'affiche sont attendues comme le messie.









