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Posté le Samedi, 07 Novembre 2009

Didier Super - la Totale

Le 4/11/20096
La Bellevilloise, Paris


Thème de la soirée : "Didier fête son nouveau suicide commercial". En fait, il s'agit du lancement de son nouvel album, La Merde Des Autres, constitué de reprises très personnelles de Laurent Voulzy, Johnny, Il Etait Une Fois, Elsa, Mar Lavoine… Et pour l'occasion, "l'artiste" se dévoile en intégral !

La soirée devait durer 4 heures, de 19H à 23 H. Mais une fois sur place, on se rend compte que la première manche de ce mini-marathon Didier Super, Les Têtes de Vainqueurs, a démarré à 18H30. Ouch, raté. Dommage, on aurait bien vu ce spectacle de cascades où Didier — pas encore Super — se dégourdit les jambes sur un BMX !

On se rattrape avec "Le concert sans musique" ("fans à la con s'abstenir", prévient 'affiche) où Monsieur Super (Monsieur 100.000 Volts est déjà pris) se lance dans de savantes, et parfois étonnantes, digressions sur à peu près tous les sujets possibles et imaginables, souvent sur lui (son statut de vedette par exemple ou sa vie en tournée) mais plus généralement sur les autres, fustigeant tout à la fois les juifs et les arabes, les pauvres et les riches, les artistes et le public, etc… Jamais spectacle comique n'aura été aussi méchamment drôle. Ou drôlement méchant. C'est selon. Dans la salle, le public — des étudiants devenus probablement experts comptables, banquiers ou informaticiens — rigole sans retenue. Certains lèvent les yeux au ciel lorsque la vanne est tendancieuse (et avec Didier, ça fuse sans discontinuer), les autres rient de bon cœur puisque tout est permis. Le concert sans musique n'en est finalement pas un… puisque seront tout de même interprétés quelques "tubes" imparrables du répertoire de Didier ("On Va Tous Crever", "Y'en A Des Biens" et "A Bas les Gens Qui Bossent") dans des versions outrageantes… Sans doute histoire de réveiller ceux qui se sont endormis (la moitié du public est assis).

Entracte. Ouais, comme dans les vrais spectacles guindés. Mais là, on peut boire de la bière. Ce qui n'était pas le cas pendant la réprésentation de Didier. Ouf ! L'entracte, ce sont Maion et Wenn qui s'y collent avec plus ou moins de réussite. Elles n'y sont pour rien, l'acoustique du lieu ne s'y prêtant guère. On redescend au club pour apprécier le groupe de hard de Didier Super, la Discomobile. Les chaises ont été envelées. Attention, ça va faire du raffut. On va pouvoir pogoter, suer et chanter. Une reprise de Johnny couplée à "J'ai Encore révé d'Elle" du groupe Il Etait Une Fois… démarrent. Les versions sont… hum… massacrées. C'est le mot. On a prédit du raffut. Ce sera pire. S'en suit une paire de compos perso ("Arrête de l'a Péter", Y'en A Marre des Pauvres", "Le Nouveau Président") toutes autant massacrées par la Discomobile. On n'est pas là pour autre chose que se fendre la gueule. C'est vrai. Mais dans le brouhaha engendré par la saturation des guitares et surtout le rythme empressé du hard keupon du groupe, il est bien difficile de déceler les paroles. C'est un peu dommage. Bon, ça ne dérange pas beaucoup les pogoteurs et les fans qui les encadrent puisque tout le monde chante gaiement en chœur les refrains, les couplets, les blagues… On dit souvent que'une "vedette" (un terme qu'apprécie beaucoup notre champion de la vanne cassante) fait ce qu'il veut de son public, quand on s'appelle Didier Super, c'est réellement le cas. — Frank Frejnik