Lights off, je me glisse au centre de la fosse au désespoir de certains qui n’ont pas encore compris qu’ils étaient à un concert de Rock. La gifle ne tarde pas, le son est proche de l’excellence à l’exception d’une caisse claire ressemblant plus à une bass drum timbrée et des toms globalement trop forts dans le mix (oui, je suis pointilleux). Le groupe exécute dans ces conditions anticycloniques la totalité de leur prodigieux "Incident". Les illustrations vidéo saturées et Lynchiennes de Lasse Hoile collent parfaitement avec la noirceur, la mélancolie et l’énergie du concept musical. Une fois de plus le groupe accueille le talentueux John Wesley (voix et guitares) en partenaire luxueux et indispensable à la restitution fidèle des compos en live. La posture mystérieuse et hiératique de ce grand claviériste/Sound designer de Richard Barbieri, que contraste la puissance et la fougue débridée du diable/batteur Gavin Harrison, fini d’asseoir une ambiance onirique post apocalyptique. Les temps forts de ces 55 minutes resteront le très Floydien (période Animals ) : "Time Flies", "The Blind House" et "Drawing The Line" avec un Wilson exceptionnellement au Rhodes. Un seul bémol à ce coït : cette pièce musicale aurait mérité une totale solennité. C’est à dire sans interventions parlées et inutiles entre certains morceaux. Une immersion totale dans ce concept dark & beautiful m’aurait donné totale satisfaction. Pu… de bor….de me…..
Où en étais je. Bon bref, ne boudons pas notre plaisir et passons à l’incongruité de la semaine : la pause au milieu du concert. Sans notre permission en plus. Le groupe se retire en backstage pendant 10 minutes. Même Sardou ne fait pas ça. Rétrospectivement et à la réflexion, l’idée n’est pas si mauvaise. Encore aurait il fallu, qu’après ce bloc jubilatoire de presque une heure ils nous laissent baigner dans un jus ténébreux et oppressant avec projection d’images et sons idoines. Nous nous sommes contenté d’un semi noir salle, quelques varilites balayant la scène, une minuscule nappe de synthé infra basse et un compte à rebours sur écran. Ce dernier étant la seule bonne idée qui, sur les 20 dernières secondes, permettra à l’ambiance de remonter.
De plus, PT n’a même pas la bonne idée de réattaquer directement sur le "00.00.00" préférant se diriger presque nonchalamment vers les instruments. Cette scénographie loupée restera le gros point noir de ce concert. J’eussâte aimer une attaque plus frontale pour la reprise mais les ingliches ont choisi de nous réacclimater en relative douceur avec "The Start Of Something Beautiful" tiré de l’album assez heavy DeadWing. Pas mal mais un poil tiède. Heureusement ils nous embarquent en suivant sans temps mort, guitare probablement customisée par un Georges Lucas cocaïné, pour le superbe Russia on Ice, une des plus belle réussite de leur meilleur album (oui, c’est moi qui décide) : "Lightbulb Sun". Tempo lent, claviers éthérés, guitare douce et triste, refrain à tirer une larmounette au Kop de Boulogne. Parfait, sauf qu’il le tronque de sa dernière partie instrumentale et agressive. Comme je le disais plus haut : Put.. de bor… de mer…… Après "non monsieur, je ne finirai pas le morceau", Porcupine passe au concept suivant, plus élaboré : "et en plus je ne le commencerai pas du début non plus". C’est en effet par un monumental mais tronqué "Anesthetize" (17’42 au compteur sur l’album Fear Of A Blank Planet) que le groupe nous prend au tripes. Donc en gros 10 minutes restantes de metal en fusion et d’asymétries rythmiques embusquées qui ne feront aucun prisonnier. Et comme le fan du Porc Epic aime aussi les sucreries, le single "Lazarus" vient en suivant souffler un vent popeux sur un Olympia encore en apnée.
Courte sera la pause car les très heavy et dark "Strip The Soul" et ".3" viennent faire le lien avec "Bonnie The Cat", excellent titre du deuxième CD du dernier album dont la partie basse/batterie souligne le génie rythmique d’Harrison. Ce titre viendra conclure ce second set un poil trop inégal en comparaison du premier. And now, protocole oblige : "oh ohoho oh …etc. etc." Et comme par hasard le groupe revient sur scène. Du jamais vu. Nos deux "bonus" du jour seront le moyen "The Sound Of Musak" (que j’aurais volontiers remplacé par "Gravity Eyelids" du même album) que viendra contrebalancer le bien supérieur "Trains". Deux titres tirés de In Absentia. Porcupine Tree vient de nous confirmer que son succès et sa notoriété sans cesse grandissants ne sont absolument pas usurpés. Musique, scénographie, interprétation, son live, tout semble confiner au presque plus que parfait. On m’y reprendra !
Deux choses cependant pour la prochaine fois : 1) me consulter pour la set list, 2) penser à désaimanter de temps à autre le bassiste de son mètre carré de base. A bon entendeur…. — Basil Fawlty

Le 13/10/2009
Olympia, Paris
On est bien à l’Olympia, décontracté du tympan. La soirée s’annonce sous les meilleures augures car Porcupine Tree (dans mon top 10 perso depuis la mort de Kennedy) vient nous confirmer en live ce que nous savons tous très bien déjà, leur dernier album The Incident est particulièrement réussi, limite parfait. Pour que notre bonheur soit total, le groupe a tenu à le jouer en intégralité en début de set. Avis de tempête force 10 donc.









