Ce sont les Anglais de The Ghost of A Thousand qui font vrombir les amplis Marshall en premiers. C'est une place difficile car le public n'est encore que clairsemé et pas forcément encore dans l'ambiance du concert — on sort du métro, du boulot ou du dodo (pour les chômeurs) — mais le quintette ne se démonte pas. Son hardcore moderne (lignée The Hope Conspiracy meets Gallows) est acéré dès les premières mesures. Ça tape fort, joue vite et chante haut. C'est plutôt bien assaisonné : du punk rock lourd pour la base, du hardcore frénétique pour le jeu et du screamo pour l'attitude scénique… Bref, c'est bien fait, athlétique à souhait (dans la fosse, les plus énervés commencent à remuer) et souriant.
Si on n'est pas plus enthousiaste sur la performance de The Ghost of a Thousand, c'est qu'elle est presque immédiatement effacée par celle de Four Year Strong. Le groupe ricain déboule un quart d'heure après, et dès le premier titre, c'est la tempête. Gros son, grosse présence et grosse baffe. Un genre d'émo-punk à la Get Up Kids joué avec la nervosité de Lifetime. Tu vois ? Prends Saves The Day, Gorilla Biscuits, New Found Glory et Set Your Goals, mélange le tout et tu obtiens Four Year Strong. Qui, sur scène, se transforment trois grands barbus costauds et deux gars plus chétifs en bermudas jeans hyper actifs, hyper motivés, hyper énergiques. Le genre de groupe aussi agréable à regarder qu'à écouter. Du coup, ça bouge autant sur scène que dans la fosse, les fans reprennent les paroles en chœur, les autres s'en veulent de ne pas les connaître pour être de la partie. Il se dégage une intensité incroyable de ce concert que, pour un peu, on voudrait que la soirée s'arrête là.
Ce n'est pas le cas (à 28 euros la place, heureusement). Alexisonfire monte sur scène à peine 20 minutes après la tempête Four Year Strong. Pour le coup, le groupe canadien est affûté comme une lame de cran d'arrêt, et son post-hardcore tendance émo passe bien, qu'il soit "larmoyant" ou "rentre-dedans". Le groupe sait tenir une scène, pas de doute, il convaincrait n'importe qui. Une bonne partie de son répertoire de ce soir sera consacré à son dernier album Old Crows / Yound Cardinals ("Old Crows", "Young Cardinals", "Heading The Sun", "Accept Crime"), mais il n'oubliera pas quelques-uns de ses anciens titres ("Boiled Frogs" et "We Are The Sound" de son album Crisis, "Accidents" de Watch Out), explorant ainsi toute la richesse de son univers musical qui supporte autant les étiquettes "screamo", "post hardcore" et "Hardcore mélo".
Anti-Flag avait récemment déclaré (notamment dans l'interview donné à Addictif : lien plus bas) qu'il voulait aller plus loin dans son discours engagé en s'associant à des associations ou organismes caritatifs. Aux Etats-Unis, il demande souvent à son public d'apporter de vieilles fringues à ses concerts que le groupe se charge ensuite de distribuer à des associations locales. Cela semblait plus compliqué à mettre en œuvre sur ce Eastpack Antidote Tour. Alors, il s'est associé à Emmaüs, présent partout en Europe, pour que ce dernier touche quelques thunes de la tournée. Dommage qu'aucun stand n'ait été présent lors du concert parisien, ou même que cet engagement ait été évoqué. Pour une fois qu'un groupe punk ne se contente pas de mots…
Revenons au concert. Anti-Flag, sur scène, c'est quand même de la grosse machine de guerre. Pour une musique qu'on présente toujours simple et rudimentaire (le punk rock), le groupe ricain en livre une version puissante et affolante d'énergie. Sans compter qu'il aligne les tubes ("Turncoat", "This Is the End (For You My Friend)", "War Sucks, Let's Party!" ou le très distingué "Fuck Police Brutality", "You've Got to Die for the Government") avec une aisance et un charisme dont beaucoup feraient bien de copier (au lieu de parader avec un look). Anti-Flag a donné quelques concerts spécial Clash sur cette tournée, à Paris, nous n'aurons droit qu'au "Should I Stay or Should I Go", mais le quatuor s'en empare si habilement et si respectueusement que ça suffit à notre bonheur. Et c'est la même chose avec le groupe. On a beau le voir souvent, on est toujours soufflé par son énergie, sa bonne tenue, son enthousiasme et son engagement. Ouais, "War Sucks, let's Party… with Anti-Flag ! — Frank Frejnik
lien interview Antiflag :Ici.
chronique Four Year Strong : Ici.
Chronique Antiflag : Ici.
chronique Alexisonfire : Ici.

Anti-Flag + Alexisonfire + Four Year Strong + The Ghost of a Thousand
Le 09/11/2009
Elysée Montmartre, Paris
Pour certains, ce n'était pas l'affiche du Eastpack Antidote Tour la plus séduisante de son existante, ce qui n'est pas faux. Mais le festival itinérant reste toute de même l'occasion de découvrir ce qui se fait de mieux en punk rock, émo et hardcore.









