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Posté le Samedi, 21 Novembre 2009

Ultra Vomit + Mononcserge & Anonymus

Le 11/11/2009
La Maroquinerie, Paris


La tendance humoristique dans le metal vous laisse pantois ? Pire, elle vous excède parce que "ce n'est pas ça le vrai metal" ! Avec Ultra Vomit et Mononcserge & Anonymus, la farce et la force cohabitent pourtant plutôt bien. Résumé de leur show parisien.

C'est la ruée des grands jours à La Maroquinerie. Les métalleux affluent des rues adjacentes. Des vrais métalleux. Pas de chochottes qui viennent se payer une tranche de rigolade. Non. Comme pour chaque concert metal, on descend quelques piches sur le trottoir. On est déjà en t-shirt, même s'il fait plutôt frisquet en ce jour de commémoration. Car si on est venu ce soir pour se fendre la gueule, ce sera avant tout sur de gros riffs thrash bien méchants. Ça risque donc de remuer sévère dans la fosse.

Ce sont les Québécois de Mononcserge & Anonymus qui ouvrent le spectacle. Car spectacle il y a. Assurément. Cintré dans un queue-de-pie plus qu'outrageant que n'importe quelle veste à patches, nos cinq cousins allument le feu par "Musique Barbare" dans lequel ils présentent leur vision des choses ("Dire qu'il aurait pu admis au conservatoire, mais il fait de la musique barbare"). Suit "Woodstock en Beauce" où l'accent québécois fait des ravages. Mononcserge est un frontman doué. Ses introductions sont limpides, acerbes et d'un drôle à sermoner n'importe quel apprenti comique. Ainsi "Resistance Festive" est précédée d'une anecdote sur l'armée canadienne, "la première armée verte de la planète". Hilarant. Et bien senti. Le groupe se présente comme des "alcooliques engagés". Suit le premier hit du groupe, "Les Patates" qu'un metalleux devant moi, pure souche le métalleux : t-shirt Motörhead et veste à patches, se met à hurler le refrain : "C'est bon les pataaaaaates" ! Joie. Dire que le public est emballé est un euphémisme. L'aisance du chanteur, ses mimiques sur scène, la puissance de feu d'Anonymus, véritable institution thrash canadienne depuis 20 piges, avoineraient n'importe qui. le thrash metal est tapageur, parfois mélodique, toujours menaçant… mais avec le sourire ! Musicalement, voix inclus, l'ensemble fait penser à un System Of A Down déluré. Et surtout fun. Cent fois plus fun. Pour preuve, le jeu "La pêche à l'ivrogne" où le groupe choisi un gonze de l'assistance pour une partie de descente de cannette et de "solo de cheveux". Tout ça précédé par LE tube : "L'age de Biere" (la bière étant finement présenté comme le véritable langage universel). Le set durera une petite heure, et malgré les vivas du public (rarement une foule aura autant manifesté son enthousiasme pour une première partie !) Mononcserge et Anonymus quittent la scène de la Maroquinerie, non sans une dernière danse et un dernier éclat de rire.

Du rire, il va y en avoir aussi grâce à Ultra Vomit. Dès l'ouverture du show. Avec sa parodie de sacrifice façon black metal pro sataniste (costume de scène et musique de La Malédiction en prime), le groupe nantais saisit l'attention du public pour ne plus lui la rendre. Comique, Ultra Vomit, oui. Mais finement comique. Et assurément très pro. Si elle s'échine à pasticher le heavy metal et ses dérivés (death, black, etc), leur musique reste parfaitement interprétée. Par exemple, sur le premier titre, "Quand J'étais Petit", on jurerait entendre Papa Lemmy. La set list se déroulera sans accroc, de "Mechanical Chiwawa" à "Boulangerie, Patisserie", en passant par "Pauv' Connard", "Judas Prost" et "Les Bonnes Manières". Sur "Une Souris Verte" (version goregrind), c'est même un membre du public qui s'autorise à chanter le morceau. De bien belle manière d'ailleurs, le groupe en sera bluffé. Mais le spectacle repart avec une salve de titres courts aussi mordants que poilants ("Captain Igloo" et sa référence à Captain Sensible, "I Like To Vomit" et sa référence à Doctor Alban (?), "Gremlins At The Gates", "Je Ne T'est Jamait Autans Aimer"), certains recevant plus d'acclamations de la part du public que d'autres : "Je Possède un Cousin" par exemple, ou encore "Caligira", un mix de Calogero et Gojira (ah ah). Le final sera grandiose, le rappel tout autant, mettant ainsi à genoux le public de la Maroq. Au moins, on sait une chose après un concert de Ultra Vomit : on peut porter des t-shirts de groupes au nom barbare et aimer les blagues. — Frank Frejnik

http://www.myspace.com/ultravomit
www.myspace.com/mononcsergerock