C'est-à-dire ? C'est-à-dire que les trois groupes allaient jouer la même durée : trois quart d'heure. Malgré tout, il en faut un pour démarrer (c'est la place casse-gueule), et ce sera Flying Donuts pour des raisons techniques. Pour une fois, le public est déjà massivement présent dans la salle (c'est assez rare pour le signaler, surtout pour une ouverture des hostilités à 19H30 pétantes), et le trio infernal jouera enfin à Paris devant un parterre conséquent. Son heavy rock'n'roll est toujours impressionnant. Gros son de basse, frappe lourde, riffs aplatissants, on est dans un créneau qui ne laisse aucun échappatoire possible. Tu subis ou tu aimes ! Et il vaut mieux aimer. Ou te forcer à aimer. Car les Flying ne s'arrêteront pas pour te laisser sortir. Leur étreinte reste la même du début à la fin. Ça joue à fond. Ça enchaîne les morceaux sans blah blah. Les Flying ont des centaines de concerts dans les jambes, cela a musclé leur jeu, leurs morceaux sont catégoriques, francs, lourds, finalement de plus en plus hard rock, mais dans une version entre Queens Of The Stone Age et The Wildhearts, c'est-à-dire qu'elle n'oublie jamais la mélodie. Quand la tempête vosgienne a fini de souffler, il est temps de reprendre ses esprits, la soirée continue. Dead Pop Club est à suivre.
Les Parisiens feront, ce soir, la primeur aux morceaux de leur nouvel album Homerage à paraître l'année prochaine. "Photograph" (déjà entendu sur la compile "Emo Glam 666") ouvre cependant le set. Le son est bon, ample et chaleureux. Le groupe, à l'aise, trouve le ton juste (et démarre pour une fois sans chi-chi ni blah blah inutile). S'enchaîneront les nouveaux titres "So You Think You Can Dance", "Home rage", "Shut The Fuck Up And Sing" (titre radical et rapide dans la lignée de leur "Circle Pit" de Trailer Park), "Freaks And Geeks", "Super Loser" (et son refrain ultra accrocheur"), "Right At Your Door"… pour finir par le très Weezerien "Priority Seating". Grosse suée dans le pit. Grosse mufflée (en perspective) dans le fond de la salle. Le public, pris à contre-pied devant tant de titres neuf, a été plus attentif que remuant. Chacun trouvant son mot à dire sur les nouveaux morceaux. Dead Pop Club a, en tout cas, été impeccable une fois de plus.
Au tour de Uncommonmenfronmars de faire résonner le Nouveau Casino. Lui aussi va jouer un grand nombre de nouveaux morceaux, mais ceux-ci sont déjà sortis et beaucoup des fans les connaissent par cœur. Ça donnera tout de suite une ambiance désinvolte, un peu folle et même parfois totalement déchaînée. Dans la fosse, ça remue à tout va. Sur les bords, ça chante en chœur. Au fond… ben… au fond, ça hoche de la tête en tétant son demi. Voir les Unco sur scène, c'est toujours impressionnant : ça joue sans se prendre la tête, ça bouge beaucoup, ça plaisante, ça rigole parfois, mais c'est toujours d'une précision et d'une intelligence de jeu sidérantes. D'autant plus que le groupe avance une set-list manifestement étudiée pour le live, alternant morceaux rente-dedans et titres mélodiques, nouvelles compos et tubes inoubliables. Le résultat est sans appel : toute personne saine d'esprit (non aigrie et un minimum ouverte d'esprit) ne peut que constater que Uncommonmenfrommars est des meilleurs groupes punk sur scène. — Pépito Ramirez

+ Dead Pop Club + Flying Donuts
Le 25/11/2009
Le Nouveau Casino, Paris
Avant d'être une release party parisienne du nouvel album des Unco, Functional Disfunctionality, cette soirée a surtout été organisé et planifié comme une fête entre potes. Ainsi, Uncommonmenfrommars a voulu que Flying Donuts et Dead Pop Club, deux groupes avec qui le groupe rhônalpin s'entend comme larrons en foire, soient logés à la même enseigne qu'eux-mêmes.









