Cette soirée allait nous montrer que le pop-punk est encore d'actualité. Cela dit, si vous avez une idée 90's du pop-punk (Screeching Weasel, Descencents, Queers pour ne citer que quelques groupes de ce cru) ou si c'est la réminiscence actuelle de ce courant (Apers, Teenage Bottlerocket, Sons Of Buddha) qui vous interpelle, quittez de suite cet article. Aucun des trois groupes à l'affiche de cette soirée ne vous convaincra. Pire, il y a des chances que l'un d'entre eux, peut-être même les trois, vous irrite jusqu'à vous énerver pour le reste de l'année (ouf, elle est proche…).
C'est Fireworks qui débute, et son pop punk est… vachement… heu… comment dire… Disons qu'il souffre d'insuffisance… de tout. Le chanteur a le charisme d'une huitre, il chante pas vraiment bien, surtout ses mélodies tombent à plat sur la musique de ses quatre collègues qui, rendons à ces César ce qui leur appartient, se démènent autant qu'ils peuvent (surtout le batteur) pour chauffer une salle désespéremment froide. Bien sûr, c'est l'hiver et il faut un peu de temps pour se mettre dans l'ambiance d'un concert, mais quand le groupe de première partie n'est pas bon, c'est encore plus difficile. On passerait bien le temps à boire, mais à 7 euros la pinte (prix "spécial concerts"), on devient straight edge pour un soir.
On espère donc beaucoup de Broadway Calls qui, en matière de mélange pop et punk, s'avère plus probant. Du moins sur disque. Le dernier album du trio, du nom de Good Views, Bad News, évoque pleinement le Alkaline Trio des débuts (avant que Matt Skiba ne commence à se vernir les ongles et de eyeliner les yeux). La surprise n'est donc pas si grande que cela de voir Broadway Calls assurer sur scène un pop punk à l'ancienne, jouant ainsi sur les tempo différents (un morceau mid-tempo, le suivant plus rentre dedans) et les échanges vocaux entre le bassiste hyper colérique et le guitariste plus mesuré. Le set est assurément meilleur que celui de Fireworks, même si l'ambiance, toujours à zéro degré, ne fait jamais décoller la prestation du groupe.
Ça change radicalement avec l'arrivée de Set Your Goals. Les stars de la soirée. D'emblée, la fosse se remplie, les vestes tombent (mais on garde les bonnets — la grippe A guette), les jambes de délient, les bras (tatoués) aussi. Le pop punk laisse place à un hardcore fun, mélange de mélo à la New Found Glory et de punk rock moderne à la CIV (à qui le groupe présent a volé un titre d'album). L'accueil est d'un coup hyper chaleureux. C'est là qu'on se rend compte que finalement un concert, c'est la somme de plein de choses. Ce soir, Set Your Goals, sur la scène du Batofar, c'était pas forcément la grosse tuerie ("Cétait la première date de leur tournée européenne", plaide leur avocat), mais à les voir tout sourire tendre le micro aux premiers rangs en plein effervescence, ça valait le coup d'œil. Une poignée de titres extraits de leur dernier album, This Will Be The Death Of Us, une autre poignée de vieux titres (dont le "Goonies Never Say Die"), quelques slammeurs, deux ou trois circle pit plus ou moins bien menés, et le tour était joué pour que la soirée soit fun. Pas forcément inoubliable, mais suffisamment bonne pour qu'on ne regrette pas d'être venu. — Pépito Ramirez
www.myspace.com/setyourgoals
www.myspace.com/fireworks
www.myspace.com/broadwaycalls

+ Fireworks
le 29/11/2009
Batofar, Paris
Récemment, on a vu apparaître des t-shirts "Pop Punk's not dead". Une idée de New Found Glory. Une bonne idée, finalement. Parce que, n'en déplaise aux pitbulls des forums et aux adolescents ayant découvert les vertus du DIY, le pop-punk, c'est cool. Encore faut-il que ça soit bien fait, et que le mix penche quand un peu plus du côté du punk.









