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Posté le Lundi, 07 Décembre 2009

Hot Water Music + Strike Anywhere

Le 26/11/09
Garage, Saarbrücken (Allemagne)


Quand l’un de tes groupes préférés, en l’occurrence Hot Water Music (punk rock de Floride), ne vient pas à toi, si tu es vraiment fan et que tu as l’occasion d’aller les voir, même en te tapant 4h de route, et bien tu y vas.

C’est parti donc pour Saarbrücken, charmante bourgade à la frontière franco-allemande, qui accueille la deuxième date de la mini tournée des Floridiens. C’est marrant, ils jouent presque plus en Allemagne que chez eux… Quand on pénètre dans la grande salle, le Garage, une première partie locale a déjà commencé mais ça n’a vraiment pas l'air terrible alors on trace au bar. Ein bier bitte. 3€50 !?! Arghh, c'est comme à Paris ! Mais pourquoi on me file un jeton ? Ah, ok, il y a une caution d'un euro... Il semble y avoir une distro (Green Hell) et on me déconseille d'y aller. Mais qu'est-ce que c'est que tous ces disques ! Six bacs de CD, huit de vinyles, il y a tout ce dont un amateur de punkrock peut rêver.

C'est pas tout ça… mais les Strike Anywhere viennent de commencer et leur dernier album Iron Front est quand même vachement bien. Il n'y a pas à dire, ils savent tenir une scène. Le batteur est assez démonstratif et frappe comme un sourd sur sa batterie, les deux gratteux et le bassiste assurent leur job et Thomas Barnett, le petit chanteur (toujours en short et en dreadlocks) se démène tant qu'il peut ; arpente la scène en long et en large, saute partout, se rapproche des barrières pour booster encore plus ceux qui sont tout devant. C'est cool, mais ça ne me transcende pas. Je reconnais bien des morceaux et esquisse quelques mouvements du pied mais ça s'arrête là. Question de goût, hein, car il n’y a pas grand-chose à redire sur leur prestation. Ils sont en tout cas bien contents d'être ici, d'ouvrir pour HWM et la demi-heure de set passe toute seule. C'est la fin, direction le bar. Entre temps on a retrouvé d'autres français dont les Flying Donuts au grand complet. Une bière, blah blah blah, on va pour en prendre une autre mais du son arrive de la salle. La bière fraîche ne peut nullement rivaliser avec la musique de l'eau chaude!

C'est donc avec "Remedy" que Hot Water Music attaque les hostilités. Chuck Ragan (guitare/chant/barbe) est à gauche, Chris Wollard (guitare/chant/casquette) à droite, Jason Black (basse/casquette) au centre et George Rebelo (batterie) derrière. Allez Luya ! On y est ! Est-ce que ça va être aussi bien que l'année dernière au Gorezrock où c'était juste ENORME ? A suivre. Deuxième morceau, "A Flight And a Crash" et là ça commence bien à monter niveau émotion. C'est encore un peu timide mais Chuck est bien présent, cisaille sa guitare, crie et postillonne (j'aimerais pas être à la place de ses cordes de gratte ou du micro). S'ensuit "Rooftops" et même si j'aime bien cette chanson, ce n'est pas celle que je préfère et la tension retombe. Et c'est un peu ce qui va se passer pendant tout le concert. De très bons morceaux vont être entachés par d'autres un peu plus mous. "Wayfarer", "Paper Thin", cool... "No division", yeah !! "All Heads Down", bof bof. Alors là franchement, ils auraient pu se passer de jouer des titres extraits de leur très moyen dernier album en date (2004), sur Epitaph. Comment s'appelle t-il déjà ? Ah oui, The New What Next. Ça repart de plus belle avec "Swinger" et surtout "Free Radio Gainesville", pour retomber aussi sec avec "Giver", qui est peut être un de titres les moins mauvais de The New What Next mais ils ont tellement d'autres morceaux excellents. Qui donc a pondu cette setlist bancale ? On a beau être content d'être présent, tout comme eux du reste, ce n'est pas l'extase attendue. Il manque quelque chose sur scène également. Déjà un son un peu plus massif, notamment la guitare de Chuck Ragan. On veut en prendre plein les cages à miel ! Et puis il n'y a pas assez de connivence entre les musiciens. Ils se sourient mais donnent l'impression de jouer chacun de leur côté. Chuck et Chris se partagent les parties chant et quand l'un chante, l'autre est plus en retrait et personne ne vient empiéter dans le périmètre (territoire ?) de l'autre. Il n'y a pas trop de folie, c'est dommage, quand on connait le talent et le potentiel des deux guitaristes. Chris donne limite dans le genre autiste, s'exprime très peu, il n'y a guère que Chuck qui parle, remercie les gens d'être venus et introduit les morceaux. Si les deux frontmen sont caractéristiques de la touche Hot Water Music, le groupe tient aussi sa force de sa section rythmique imparable. C'est valable sur disque et l'est tout autant sur scène. Jason Black envoie ses lignes de basse, relativement complexes, au doigt, tandis que George Rebello, juché sur son tabouret, est imperturbable et joue quasiment immobile, très sobre, en ne bougeant uniquement les coudes et les poignets, sans perdre une once d'efficacité. "Choked and Separated" (j'adore ce morceau!), "Manual", "Alachua" du formidable Never Ender. Encore une fois, l'intensité dégagée et obtenue avec ce morceau est plombée par le morceau qui suit, "Old Rules" (sympa mais sans plus) et reprend avec "Turnstile" mais c'est déjà fini. Forcément on réclame un rappel, leurs passages se font suffisamment rares pour qu'on en profite au maximum. C'est parti pour trois derniers titres et des bons là, jugez plutôt ; "At The End of a Gun", "Jack of All Trades" et "It's Hard to Know". "Live your heart and never follow", le refrain de ce dernier morceau résonne encore dans la salle quand les lumières se rallument. Bilan un peu mitigé donc, notamment à cause d’une setlist pas forcément judicieuse et d'un léger manque de complicité entre les Floridiens. Peut-être est-ce aussi parce qu'on attendait beaucoup (trop ?) d'eux, car une chose est sûre, malgré tout ça, s'il faut repartir demain, se refaire 800 kms aller retour pour les revoir, je les fais sans problèmes. — Guillaume Circus