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Posté le Mercredi, 16 Décembre 2009

Therapy? + Ricky Warwick

Le 04/12/2009
Nouveau Casino, Paris


"Therapy? Ah bon, ils se reforment ?", pourrait dire le quidam moyen. Et non, raté, le trio Irlandais n’a jamais arrêté de sortir des disques, avec des couleurs plus ou moins pop, punk, métal ou noise… Là, il faisait étape à Paris (pour sa seule date en France) afin de défendre le petit dernier, Crooked Timber.

Il est vrai que pour beaucoup Therapy? c’est principalement le single "Nowhere", issu de leur chef d’œuvre Troublegum (1994) et au mieux Infernal love (1995), l’album qui a suivi. Après ils n’ont plus trop fait parler d’eux mais n’ont pour autant jamais raccroché. Deux autres groupes sont à l’affiche ce soir, mais quand je débarque au Nouveau Casino à 21h ils ont déjà tous les deux joués. Bukowski, de ce que j’avais pu entendre sur le net, ça ne me dérange pas des masses… Par contre c’est dommage pour la prestation solo de Ricky Warwick, ancien frontman du groupe rock/metal écossais The Almighty. Tant pis. Ce n’est pas la foule des grands soirs ce vendredi, il doit y avoir environ 200 personnes. Il faut dire que dans un style relativement similaire il y a Alice In Chains qui affiche complet au Bataclan et Them Crooked Vultures (super groupe de qui vous savez) à Canal + pour un enregistrement live. Mais les gens présents ne sont pas là par hasard et ils le prouveront par la suite.

Noir. Silence. Place à Therapy?. Les trois quadras s’installent et démarrent avec "Isolation", tiré de ce fameux Troublegum (et accessoirement une reprise de Joy Division). D’entrée de jeu, le ton est donné, Neil Cooper frappe comme un sourd sur sa batterie, Micheal McKegan sautille, bouge dans tous les sens, lève sa basse en jouant, tandis qu’Andy Cairns (guitare/chant) est peut être moins démonstratif que ses deux camarades mais aussi content d’être là. Il remercie les personnes présentes et ça enchaîne avec "Stories". Et le nouvel album alors ? Ce Crooked Timber est beaucoup plus sombre et lourd que ses prédécesseurs. La preuve par deux avec "Bad Excuses For Daylight" et "Exiles" et cette basse hypnotique, ronde, qui tourne. Entre chaque morceau, Andy Cairns n’a de cesse de nous dire à quel point il est content de jouer à Paris, de nous remercier et on le sent vraiment sincère. Grand bond dans le temps ensuite avec "Potatoe Junkie" et son refrain "James Joyce is fucking my sister", qui déclenche immédiatement un pogo et "Nausea", extrait de Nurse (1992). Je préfère le Therapy? aux envolées mélodiques, aux refrains qui tuent mais il faut avouer que les nouveaux morceaux plus noisy ("Enjoy the Struggle", "Clowns Galore" et "Crooked Timber") passent très bien l’épreuve du live. On se laisse vite prendre dans l’ambiance et avec ce que les Irlandais dégagent sur scène, on ne peut rien leur refuser. Pas même l’espèce de ola qu’ils nous font faire, ni les jazz hands (tu sais le truc quand tu écartes les mains et bougent les doigts les uns après les autres). "Knives" qui suit, extrait de Troublegum, beaucoup plus punk/metal a pour effet immédiat de redéclencher le pogo (gentil le pogo hein, il n’y a pas de tough guys, juste des trentenaires/quarantenaires qui prennent du bon temps), qui se poursuit avec "Teethgrinder" et "Screamager", LE tube. Ça bouge toujours autant sur scène, en bas également, les gens sont quasiment tous rassemblés vers l’avant, chantent, lèvent le poing. Andy présente les deux autres musiciens, nous remercie encore d’être venus et annonce le dernier morceau. Solo de batterie, avec une frappe hyper véloce (fort mais rapide) et c’est l’heure de "Rust", seul morceau de High Anxiety (2003) joué ce soir. Ils sortent, sous une pluie d’applaudissements bien mérités et reviennent assez rapidement. Ca fait à peine une heure qu’ils jouent et on veut plus. Encore. Et on ne va pas être déçus. Cette vieille carne d’Andy nous explique qu’ils vont refaire deux nouveaux morceaux puis des vieux ensuite. Parfait, d’autant qu’ils démarrent avec le très bon lent et lancinant "I Told You I Was Ill", suivi par "Blacken The Page". Le sourire n’a pas quitté les trois Irlandais depuis le début du concert et nous non plus. Place aux vieilleries maintenant, avec le très power-pop "Lonely Cryin’ Only" tiré de Semi-detached (1998) puis "Opal Mantra", sorti en single en 1993. S’ensuit "Diane", la reprise d’Hüsker Dü dans une version électrique plus musclée que sur Infernal Love et enfin pour nous achever, parce qu’on aime ça et qu’on en redemande, l’enchaînement "Die Laughing" et "Nowhere" de Troublegum. Ils sortent en nous remerciant une dernière fois, avec toujours autant de sincérité, d’humilité et en promettant de revenir bientôt. Pour un concert de la même envergure, on sera là, tu peux compter sur nous Andy ! 1h30 d’un set sans temps mort, qui a fait la part belle aux nouveaux morceaux mais également et surtout aux très vieux (onze sur les vingt joués étaient antérieurs à 1995 !). En parlant de vieux, il est clair que le power trio a encore de l’énergie à revendre et n’est pas près de s’arrêter de si tôt. La ténacité a du bon, ça fait plaisir à voir. Seule légère ombre au tableau, niveau merch’ c’est un peu la looz’, ils n’ont que des tee-shirts. Le dernier album est sold out et ils n’en ont pas d’autres. Dommage. — Guillaume Circus