Il fait frisquet en arrivant en bord de Seine, vers Bercy, où est amarrée la péniche et on espère bien se réchauffer avec la soirée. C’est chose faite grâce au bar annonçant les canettes de softs à 1€ et de bières, 50cl, à 2€ et à la température dégagée par la centaine de personnes déjà présentes.
Nuke The Whales est en train de jouer dans une ambiance plutôt bon enfant. Il s’agit d’un groupe composé de gars de l’asso Bad Bear, qui font ça pour s’amuser, n’ont pas joué ensemble depuis longtemps… et ça s’entend. Je n’ai pas bien compris si le principe était de ne faire que des reprises ou s’il y avait aussi des compos à eux mais toujours est-il que j’ai un peu plus tendu l’oreille à un moment, reconnaissant Millencolin ("Olympic" ?) et peut être aussi du Strung Out mais là je suis beaucoup moins sûr. En tout cas c’était dans ce délire ; skatecore, punk rock mélo des 90’s. Gentille mise en bouche, le temps de reprendre une deuxième tournée, pendant qu’ils laissent leur place à d’autres rescapés des 90’s.
Assorted Jelly Beans se sont reformés pour une tournée européenne après un hiatus de dix ans et ont à priori un statut de groupe culte dans la scène ska/punk. Je dis à priori car à part avoir lu le nom à droite ou à gauche à l’époque (surtout à gauche !), je n’avais jamais eu l’occasion (l’envie ?) de mettre une oreille dessus, ou alors sur une compilation Kung Fu Rds mais ça ne m’avait pas marqué. Il y a cependant ce soir un petit noyau dur de fans qui accueillent avec beaucoup de ferveur et d’enthousiasme le trio, ne ménageant pas leurs forces pour chanter, danser, slammer, faire la fête quoi, pour le plus grand bonheur des Californiens. Leur set va malheureusement être entaché par des problèmes de son (tout qui saute à plusieurs reprises) sur la fin.
Perso je suis ça de loin car si je suis venu ce soir, c’est pour voir Frank Turner, l’anglais qui a le vent en poupe en ce moment, buzz complètement mérité. Il se produit parfois en groupe ou parfois en solo et c’est cette formule plus intimiste à laquelle on a droit pour cette date parisienne. "Let’s begin at the beginning…". C’est donc avec "I knew prufrock before he got famous" qu’il débute son show et tout de suite les gens commencent à chanter, crier en cœur. Ok, c’est un concert de folk auquel on assiste mais de la folk qui tend vers le punk, jouée avec les tripes. La preuve avec "Try This At Home" qui suit. On revient ensuite à des choses plus calmes, introspectives avec "Substitute", dont les paroles parlent forcément à tous les losers sentimentaux, passionnés de musique. Et ils sont légions ! Suivent alors "The Real Damage" et "Dan’s Song", morceau pour lequel il demande à quelqu’un de monter sur scène pour un solo d’harmonica. Cette mission échoue à Bruno (guitariste/chanteur de Ravi, émo punk de Caen), qui s’en sort carrément bien. Ce qui n’est pas le cas tous les soirs nous confie Frank Turner, s’exprimant moitié en français, moitié en anglais. La communion avec le public est vraiment très forte. Il prend le temps d’interpeller les personnes qu’il connait dans l’assistance, d’introduire chaque chanson avec une petite histoire, souvent personnelle. C’est le cas avec "Worse Things Happen at Sea" et surtout "To Take You Home", chanson qu’il n’avait plus jouée depuis longtemps, écrite pour une jeune française et enregistrée juste avant qu’elle ne le quitte... Quand je vous parlais de losers sentimentaux ! Après c’est la déferlante de tubes ; le poignant mais joyeux "Long Live The Queen", son nouveau single "The road" et "Photosynthesis" avec son pont / arrangement français au milieu, « putain de bordel de merde ! », vigoureusement repris par tout le monde. Le concert finira alors justement dans un joyeux bordel avec "The Ballad of Me And My Friends", Frank invitant ceux qui le souhaitent à monter sur scène avec lui, ce dont beaucoup ne se priveront pas. Bonne ambiance, bon concert, bonne setlist piochant dans tous ses albums, vivement qu’il revienne et ça sera chose faite le 09 avril à la Boule Noire, en formule "groupe" cette fois. On y sera. — Guillaume Circus

+ Nuke The Whales
Le 18/12/2009
La Péniche Alternat, Paris
Dernier concert de l’année 2009, histoire de terminer en chansons avec une affiche bien sympa et plus qu’éclectique ; de la folk anglaise, du ska/punk américain et du punk rock local. Bad Bear et Musical Bridge, qui organisaient le concert, avaient fortement conseillé de réserver, le nombre de places étant limité sur la Péniche Alternat et effectivement, c’était complet 15 jours avant.









