Addictif R.I.P.
cerebral Ballzy
Hellfest 2011
Welt TurboJugend Tage
Goeland-TV
 
 
Addictif Facebook
 
This Is My Fest
 
 
Samiam
 
 
Title Fight
 
Posté le Lundi, 29 Mars 2010

Paris Extreme Fest

Paris Extreme Fest live report

26/03/2010, Elysée Montmartre, Paris

C'est le Hellfest des Parisiens ! Aussi ambitieux par le nombre de groupes programmés (plus de 30 groupes en trois jours) que par l'ouverture musicale annoncée (punk, metal et hardcore). Le Paris Extrême Fest tiendra-t-il ses promesses ("fédérer au tour d'un événement la culture punk, metal et hardcore") ? Le constat de la première soirée, c'est que finalement seul le prix d'entrée (45 euros !) était extrême !

 

Bon, on sait bien qu'une salle aussi "mythique" (dixit le dépliant du festoche) que l'Elysée Montmartre doit coûter cher à la location, qu'il faut raquer les groupes (sept ce vendredi), leur donner la pitance et de quoi s'abreuver en conséquence (et on sait que ça picole grave un punk !), peut-être même qu'il faut fournir la dope pour certains (non, aucun nom ne sera donné)… mais quand même 45 euros pour voir des groupes qu'on voit relativement souvent (à part Discharge qui est discret en France, encore que le groupe culte anglais est passé l'an passé au squat de La Miroiterie, et ce pour 10 euros), ouais, bon, ça fait un peu mal au cul ! Ceci explique peut-être la salle désertique lors du passage de Soziedad Alkoholica. A moins que ce soit l'horaire de passage (16h45) des Espagnols qui soit à incriminé. Ils ont dû être contents, Soziedad, tiens, de s'être déplacé pour 20 minutes de set devant une poignée d'hirsutes. Bref.

Pas vu Black Bomb A non plus (un groupe punk, Black Bomb A ? Y'avait plus de place à la soirée metal du dimanche ?) pour cause de glandage dehors. Raté Burning Heads (parce qu'ils ont interverti leur place avec celle des Unco)… pfff, ça commençait mal. Heureusement, Uncommomenfrommars a donné un sacré bon concert, tout à l'énergie, avec une sélection de ses titres les plus dynamiques et les plus hardcore. Le groupe est actuellement ce qui se fait de mieux en France en matière de punk rock. Merci de ne plus utiliser "punk à roulettes" ou "skatepunk" à son propos, ces étiquettes ne correspondent plus à la musique du quatuor ardéchois. C'est du punk rock qu'il distille, du punk rock franc, direct et sauvage. Tagada Jones enchaîne. Là, encore on a à faire à un groupe qui sait tenir une scène. Son point fort, c'est monopoliser l'attention de la foule. Et comme la salle s'est enfin remplie, ça donne une sacrée ambiance dans la fosse. Tagada Jones balance son punk hybride, synthèse de colère hardcore et de metal véner, à gros bouillon et à gros volume. Mais ce que tout le monde attendait (il me semble), c'est le groupe suivant, à savoir Discharge.

Quand je dis tout le monde, c'est tout le monde. Ceux qui connaissent le groupe (ou ce qu'il en reste, le bassiste Rainy et le guitariste Bones sont les seuls membres originaux), qui savent son importance dans le mouvement punk, et le suivent depuis longtemps (soit depuis ses "débuts" en 1980, soit depuis son retour dans les années 2000), mais aussi ceux qui ne connaissent rien du groupe, qui n'ont jamais écouté Discharge, mais à qui ont a dit qu'il était un pan important du punk. Discharge arrive tout tranquille sur scène, presque effacé, mais dès qu'il attaque la setlist ("Hear Nothing, Say Nothing, See Nothing"), ça irrite le tympan. On comprend pourquoi sa musique, simpliste mais véritablement crue, a influencé autant le crust que le thrash. Ça ne joue peut-être pas très bien, les titres ne sont sans doute pas très évolués, le jeu de scène est des plus restreints (le chanteur, Rat — initialement des Varukers —, fait pourtant de son mieux), mais avouons que ça tient la route. Surtout pour les fans du groupe. Je suis moins sûr que ça ait plu à ceux qui  "découvraient" cet emblème de l'anarchopunk. Bah, pas grave, The Exploited mettra tout le monde d'accord. Eux non plus ne font pas dans la finesse, musicalement et textuellement (cf. le final avec l'hymne des beaufs "Sex And Violence"), mais ça envoie le pâté (désolé pour les végétariens). Le punk des Anglais, emmenés par le chanteur Wattie qui a retrouvé sa crête rouge mais perdu sa verve entre les morceaux, est d'une puissance redoutable grâce à son enrobage métallique et à un volume sonore plutôt conséquent. Durant le temps qui lui était imparti, The Exploited a joué ce qu'on attendait de lui, c'est-à-dire ses titres les plus emblématiques, de "Fuck The System" à "Troops Of Tomorrow".

On peut désormais sortir de la salle "mythique", le premier soir du Paris Extreme Fest est terminé. Je n'ai pas vu les "espaces conviviaux" et "les surprises" que la brochure vantait (à moins que "Sex And Violence" interprété par Exploited aidé de Black Bomb A, en était une de surprise), mais je sais que le festival s'arrête là pour ma pomme. Pas envie d'assister au marathon hardcore (14 groupes, de midi à 23 h) du lendemain (quel plaisir y a-t-il dans cette surenchère de groupes ?), ni à la messe noire du dimanche (journée placée sous le signe du metal) malgré les participations excitantes de Entombed, Samael et Dark Funeral. Cette dernière affiche est alléchante, mais Paris ne manque pas de concerts metal (comme de concerts punk et hardcore d'ailleurs), pas la peine donc de se gaver de musique live et de risquer une indigestion (ou pire, une intoxication, tout n'est pas de qualité dans les deux soirées du week-end)…  — Frank Frejnik