Arrivé dans la grange aux bestiaux, le temps de chopper une cervoise fraiche et toujours chère, on assiste au dernier morceau du second groupe de la soirée Taking Dawn, un mix entre Mötley Crüe et Skid Row... Assez hard/glam donc, dans la mouvance du hair metal des 80's, mais j'ai pas eu le temps d'apprécier : rideau. On passera sur le premier groupe que je n'ai pas vu, les Parisiens de Prostitutes, encore des protégés à Philippe Manoeuvre qui nous dit qu'avant eux il n'y avait rien ! Pour des mecs qu'on a jamais vu dans la kapitale à la Miroiterie (squat culturel dans le 19ème en danger) ou au Pixi (bar ou tu joues dans la cave et si t'es claustro, bon courage), ce "j't'en-fous-plein-la-gueule-j'passe-au -Zénith", aura été, apparemment, un bide. Bon, avant Airbourne, c'est un peu comme si on t'envoyait au bucher, comme si tu programmais Aqme avant Sick Of It All.
Bonsoir Philippe, y'a La Nouvelle Star qui commence.
Je cause, je cause, mais que foutent les Australiens ? Le temps de bien se caler dans la fosse, on admire deux rangées de Marshall, 12 au total, tous branchés et qui fonctionnaient (confirmation d'un pote qui bossait sur en régie). A la vue de cette montagne impressionnante, une fille à ma gauche pleurait en criant "j'ai perdu mes bouchons !"
L'intro du concert, genre morcif d'un film de James Cameron (Termine ton Thor ?) et… paf ! Gros spot plein la tronche et les quatre déboulent sur scène en courant. Et entonne "Raise The Flag" à l'arrach' .
La suite ? Du pur bonheur, des zicos qui courent dans tous les sens, des artisans du riff (on devine les bancs d'école où ils ont trainés), des solos parfois un peu limite ou un chant "à côté", des chœurs monstrueux, une rythmique jouissive, une bass/batt de ouf, des purs showman… Bref, un concert où il se passe toujours quelque chose et surtout qui te fait bouger la tête tout le temps et tout le reste aussi. Encore que : y'a 25 ans pour un groupe de cette trempe, le public avait une gratte vituelle dans les mains, headbangait, hurlait, démarrait des pogos et pas que dans le pit ; aujourd'hui pour un bon nombre d'entre eux, les gens sont accrochés à leur portable de merde et filment à tout va comme s'ils étaient en visite au zoo, ou agissent tel un touriste japonais devant la Tour Eiffel !!! C'est grave.
Bonne set list, en même temps y'a que deux albums, en version mid tempo ou en 6ème sur un chemin de campagne, ils ont tous déchirés. Un O'Keeffe en pleine forme : solos dans les gradins, guitares en l'air, saut d'instructeur de cabri depuis la batterie, gros entertainer. C'est un putain de concert auquel on a assisté. Quand on parle de machine, celle d'Airbourne te lamine, réveille la bête en toi, te fout une grosse patate pendant les 1h30 du show. C'est ça le rock non?
Fin de concert sur les chapeaux de roues avec "Black Jack" (je crois, j'avais plus toute me tête). Airbourne m'a mis la branlée, c'est du pectoreau affamé alors que les garennes sont épais comme une boite de harengs, au diable les "'tain ça fait AC/DC", on a assisté à une grosse leçon de r'n'roll ce soir là : sincère, dynamique, un poil bordélique, et tout simplement la pour te botter le cul. J'en ai encore mal pour te dire — Rouf Lakett
Lire l'interview de Airbourne sur Addictif, ICI.
Lire la chronique du No Guts, No Glory de Airbourne sur Addictif, ICI.










