Un petit tour de salutations aux uns et aux autres, la petite famille du punk rock parisien est bien représentée ce soir là, et les Whodunit enchaînent avec plus de sérieux et de maturité. Ils délivrent un set carré mais un peu sur la retenue, leur power rock’n’roll aurait mérité un peu plus de furie ce soir là. On se rattrapera en écoutant leur excellent dernier album The Thousand Women’s Revenge. Re-Bla-bla pendant que les stars du jour s’installent, et c’est parti pour Stiff Little Fingers, de retour à Paris après 18 ans d’absence.
Le premier choc est visuel, tous les membres du groupe portent haut les armes de leur clan, et fièrement les ravages du temps. Que ce soit t-shirts ou chemises, tous sont siglés S.L.F, et ils ne font pas dans la discrétion les Irlandais. Sur la chemise du guitariste et du chanteur (qui joue aussi de la gratte) : un gros logo dans le dos (une sorte de fleur avec pour pétales la flamme de leur album Inflamable Material), sur la poitrine, un gros logo à droite, un petit à gauche, et sur la manche sous l’épaule gauche un gros logo aussi, pour faire bon poids. L’avantage c’est qu’on sait tout de suite à qui on a affaire, mais ce n’est pas une grande réussite visuelle. Heureusement, il en va tout autrement pour les oreilles. Le concert débute très carré, avec une série de bons morceaux (comme "Roots, Radical, Rock and Reggae" qui est un de mes favoris), mais joués sans grand enthousiasme, un peu à l’américaine, genre : "On est des pros mais on ne va pas se fouler ce soir". Il faut attendre quelques minutes, le temps que les gentlemen et leur sonorisateur atteignent leur vitesse de croisière pour que la soirée décolle vraiment. Après deux ou trois de leurs morceaux un peu pop en milieu de concert, on a droit à une enfilade de leurs meilleurs titres décochés avec toute la rage et la fougue requise par leur punk reggae incisif. "Suspect Device", "Alternative Ulster" pour ne citer que ces titres emblématiques du groupe, décrassés par la technologie du 21 ème siècle, je vous assure que ça envoie le boulet. Et pour finir un rappel de plus de dix minutes avec le seul morceau "Johnny Was" qui passe comme une lettre à la poste, c’était le point final de retrouvailles vraiment réussies avec un groupe qu’on espère revoir dans moins de 18 ans. — PB











