Le premier a chauffer la cave du Pixi, c'est Fatabo, un trio parisien… A peine deux notes, et une des cordes la basse casse ! Waou ! On a affaire à des bons losers. Et si le reste du set se passera bien pour le bassiste et le guitariste, le batteur se battra jusqu'à la fin avec ses toms récalcitrants. Malgré tout, Fatabo s'est sortira bien avec un rock-noise typé 90's, sorte de croisement entre Fugazi et Unwound. Les compos sont simples, mais en surface seulement, car on devine (on ne peut hélas que deviner dans la cave du Pixi tant le son est grossier) une instrumentation plus riche et sensible, notamment dans les parties de guitare. Le seul point négatif, c'est le chant… Comme 90 % des groupes noise français. Suit Tom Bodlin, en fait le chanteur-saxophoniste de Café Flesh en solo. A lui tout seul, il "percusionne" (grosse caisse, caisse claire), il chante et crie, il souffle (saxo, alto), il appuie (nombreuses pédales à ses pieds), il "loope" des sons qui tournent et se répètent. C'est un spectable étrange à regarder, et à entendre. On peut ne pas aimer cette musique (bruyante, originale, excentrique), mais la regarder prendre vie devant nous est quelque chose d'appréciable. Et finalement, c'est assez fun, malgré le caractère un peu expérimental et arty de la chose. Avec ÖfÖ Am, on revient à des choses plus terre à terre : du rock'n'roll qui laboure les esgourdes et qui fait fait bouger les guiboles. Encore que rock'n'roll… le terme n'est pas très explicite pour le trio de Montpellier. Si les structures de ses instrumentaux demeurent d'un classicisme intemporel, le jeu énergique des musiciens et le son particulièrement gras transforment le show en démonstration stoner en dix leçons (ou 10 morceaux). Tout y est : le groove qui fait trembler les murs, la guitare envoûtante (avec les solos galopants impeccables), la frappe sauvage et cinglante… tout ça sous le saint patronage de Karma To Burn, Unida, Nebula, Fu Manchu, Moistboyz, etc… Le sera court, mais intense. Idéal même : pas le temps de s'ennuyer. Pas de chichis non plus avec Café Flesh. Sa prestation, sorte de tempête sonore qui s'épaissit à mesure que les morceaux s'enchaînent, sera d'une efficacité redoutable. Dans cette frénésie qui mixe allègrement Jesus Lizard, Rocket Form The Crypt et Unsane, les têtes tournent, les corps s'animent, les jambes se dérobent, les esprit s'égarent… on se laisse emporter par la force de la musique, son caractère hypnotique, son caractère vivifiant… Café Flesh renoue avec le caractère initial de la musique, un son tribal sur lequel on aime perdre ses repères le temps d'un instant. Et cet instant est magique. Ah, si tous le lundi de Pâques étaient comme celui-ci ! — Frank Frejnik
http://www.myspace.com/fatabo
http://www.myspace.com/weareofoam
http://www.myspace.com/cafefleshjarnac
+ Tom Bodlin + Fatabo
le 04/04/2010, Le Pixi, Bagnolet
Lundi de Pâques. Rien de mieux qu'un petit concert dans le troquet PMU le plus rock de Bagnolet pour se remettre de notre déception de ne pas avoir trouvé des œufs de Pâques dans les rues de Paris. En plus, l'affiche est séduisante, rien de moins qu'un groupe estampillé noise, même s'il est plus que ça, (Café Flesh de Jarnac), un autre résolument stoner (ÖfÖ Am de Montpellier) et deux premières parties à découvrir.









